Acropeltidae

Lambert & Thierry, 1914

(ex. Tribu : Acropeltinae Lambert & Thierry, page 267)

Genre type : Acropeltis Agassiz, 1840

Description succinte de la famille : Apex dicyclique, tubercules non perforés et non crénelés. Ambulacres trigéminés et unisériés.

 

 


Genre Acropeltis  Agassiz, 1840

Catalogus systematicus Ectyporum Echinodermatum fossilium Musei Neocomiensis, p.12

Espèce type  Acropeltis aequituberculatus Agassiz in Ag. & Desor, 1847 (monotypie)

Extension stratigraphique (bibliographique, non vérifiée) : Callovien - Tithonien

 
diagnose originale du genre
Catalogus systematicus Ectyporum Echinodermatum fossilium Musei Neocomiensis, Agassiz, 1840, p.12
 

 
 

Acropeltis atlantica REY, 1989- Valanginien inférieur, Maroc, 22 mm

 
 
 

Acropeltis atlantica REY, 1989- Berriasien terminal / Valanginien inférieur, Maroc, 30 mm

 
 
 

Genre Goniopygus Agassiz, 1838

Monographies d'échinodermes, des salénies, p.19

Espèce type  Goniopygus peltatus Agassiz, 1838 (désignation originale)

Extension stratigraphique (bibliographique, non vérifiée) : Tithonien - Thanétien

Syn. 

  • Cyphopygus Pomel, 1883, p.89 ; espèce type : Goniopygus major Agassiz, 1838 ; synonyme subjectif plus récent.

  • Polygoniopygus Valette, 1907, p.11 ; espèce type : Goniopygus pillati Cotteau, 1883 ; synonyme subjectif plus récent.

  • Tetragoniopygus Fell & Pawson, 1966, p.U412 ; espèce type : Goniopygus supremus Hawkins, 1924 ; synonyme subjectif plus récent.

  • Heteropodia de Loriol, 1888, p.254 ; espèce type : Heteropodia whitei de Loriol, 1888 ; synonyme subjectif plus récent.

 
diagnose originale du genre
Monographies d'échinodermes, des Salénies, Agassiz, 1838, p.19
 

du genre goniopygus Ag.

Je comprends dans ce genre toutes les espèces de la famille des Salénies dont l'appareil oviducal est dépourvu de cette plaque suranale qui, dans les trois autres genres, reporte l'ouverture anale tantôt en avant, tantôt en arrière, suivant qu'elle est placée en arrière ou en avant de son orifice. Les plaques ovatiales ne sont point soudées dans toute leur longueur aux interovariales, d'où il résulte que l'appareil oviducal présente constamment une rosette décagonale plus ou moins distincte. L'ouverture anale est centrale, tantôt circulaire, tantôt anguleuse, suivant les espèces. Quelquefois elle est triangulaire, carrée ou pentagonale, et l'on voit ordinairement surgir de l'intérieur de ces angles d'autres petites plaques plus ou moins distinctes. Les dimensions des espèces de ce genre sont soumises à des variations notables, depuis le G. major qui atteint un diamètre d'un et un quart de pouce et au-delà, jusqu'au G. intricatus qui n'a guère qu'un quart de pouce dans son plus grand diamètre (voy. tab. 3 et4).

 

La structure générale du test est à peu de chose près la même que dans les vraies Salénies ; les pores sont disposés par simples paires, d'où il réulte que les ambulacres proprement dits doivent être très étroits.Les aires interambulacraires sont bien moins tuberculeuses que dans les autres genres de cette famille ; dans la partie supérieure du test, les plaques coronales ne portent souvent qu'un seul gros tubercule sans granulations accessoires. Enfin un dernier caractère particulier à ce genre et qui à lui seul suffirait pour le distinguer des trois autres, c'est l'absence de sillons rayonnés sur les tubercules des aires interambulacraires. On connaît jusqu'à présent deux sortes de piquans de Goniopygus, provenant toutes deux du terrain néocomien, et que je crois pouvoir rapporter avec assez de certitude aux G. peltatus et intricatus, auxquels ils sont ordinairement associés. En général, tous les Goniopygus dont l'origine est connue appartiennent aux terrains crétacés ; il n'en existe à ma connaisance aucune espèce, ni dan les terrains plus anciens, ni dans les terrains plus récens ; et dans la création actuelle on ne rencontre aucun type qui s'en rapproche, même de loin.

 
 

Goniopygus peltatus Agassiz, 1838

 
 
diagnose originale de l'espèce par Agassiz
Monographies d'échinodermes, des Salénies, 1838, p.20
 

I. Goniopygus peltatus Ag. Tab. 3, fig. 9-18.

Salenia peltata Agass. Mém. de la Soc. des sc. nat. de Neuchâtel, tom. I.

Echinus peltatus DesM. Echin., p. 304

 

     Jusqu'à présent cette espèce n'a été trouvée que dans le terrain crétacé du Jura neuchâtelois (terrain néocomien), où elle est assez fréquente. Sa forme est circulaire, fortement aplatie en dessous, et sensiblement déprimée en dessus, fig. 10. L'ouverture inférieure est proportionnellement plus grande que dans aucune espèce ; elle occupe à-peu-près les deux tiers de la face inférieure du disque, fig. 11 ; son pourtour est régulièrement échancré au point de contact des aires ambulacraires avec les aires interambulacraires, et l'espace compris entre deux échancrures (le nombre total est de dix, puisqu'il y a cinq aires ambulacraires et cinq interambulacraires) est toujours plus petit à l'extrémité des aires interambulacraires qu'au bord des aires ambulacraires, fig. 11et 15. En général, ces dernières ne se rétrécissent que peu ou point à l'approche de l'ouverture inférieure, tandis que le contraire a lieu pour les interambulacraires : ce sont celles-ci qui, en s'étalant, produisent le renflement du test.

     L'appareil oviducal est étoilé et bien moins grand que l'ouverture inférieure, fig. 9. Les plaques dont il se compose sont lisses à leur surface et échancrées à leur bord ; on remarque très-distinctement les sutures qui les unissent. Les ovariales, en forme de feuille de vigne et percées d'une trou au milieu, se soudent toutes entre elles pour former la bordure immédiate de l'ouverture anale. Les interovariales sont plus petites, tronquées à leur bord extérieur, arrondies à leur bord interne ; la plaque ovariale de l'aire interambulacraire impaire est, comme dans la plupart des espèces, un peu plus grand que les autres. Les aires ambulacraires, composées de deux simples rangées de tubercules, se détachent fortement de la surface du test et se rétrécissent sensiblement vers l'appareil ovicucal, fig. 10 et 13 ; quoique assez distantes, surtout

 

vers le milieu de la circonférence, on ne remarque cependant point de tubercules plus petits entre les deux rangées. Les pores sont disposés par paires obliques de chaque côté des aires ambulacraires. Les aires interambulacraires portent deux séries de six à sept gros tubercules surmontés d'un fort mamelon articulaire, fig. 12 et 16. Les petites verrues qui ordinairement recouvrent tout l'espace entre les gros tubercules, sont ici très-rares ; l'on n'en remarque que quelques-unes très-petites à la surface inférieure, fig. 11.

     Baguettes. On ne saurait douter que les baguettes qui accompagnent habituellement les exemplaires de cette espèce, et dont la découverte est due à M. DuBois de Montpéreux, n'en soient les véritables piquans. Ces baguettes sont éminemment claviformes, fortement striées longitudinalement dans leur partie supérieure, lisses dans la partie inférieure jusqu'au tiers de la hauteur, fig. 18. Elles sont, en outre, dépourvues de ce que l'on appelle communément la tête du piquant, c'est-à-dire de ce renflement en forme d'anneau qui, dans les baguettes des Cidaris, succède à la facette articulaire. Celle-ci est une simple petite cavité, fig. 17, dépourvue de dentelures comme le col du tubercule avec lequel elle a dû s'articuler. Cette figure est la projection d'une baguette, vue d'en bas. Toutes les baguettes ont à-peu-près les mêmes dimensions, environ un demi-pouce de long et deux à trois lignes de diamètre dans la partie la plus bombée.

planche 3 (extrait)

   
 
 
  Goniopygus peltatus Agassiz, 1838 - Aptien, Rubielos de Mora, Teruel, Espagne, 18 mm  
 
 
  Goniopygus peltatus Agassiz, 1838 - Aptien, Espagne, 20 mm  
 
 
 

Goniopygus arabicus Smith,1995

 
 
  Goniopygus arabicus Smith,1995 - Maastrichtien, Jebel Buhays, Emirats Arabes Unis, 36 mm

coll. Joaquín Espílez

 
 
   
 
  Goniopygus arabicus Smith,1995 - Maastrichtien, Jebel Rawdah, Sultanat d'Oman, 32 mm

coll. Joaquín Espílez

 
 
 
  Goniopygus arabicus Smith,1995 - Maastrichtien, Jebel Rawdah, Sultanat d'Oman, 22 mm

coll. Joaquín Espílez

 
 
 
 

Goniopygus coutini Lambert,1931

 
 
diagnose originale de l'espèce par Lambert
Monographies d'échinodermes, des Salénies, 1838, p.20
 

Goniopygus Coutini Lambert

Pl. I, fig. 24, 25.

 

     A la demande de M. Nelter je dédie cette espèce trouvée par lui avec les précédentes à la mémoire du regretté Maxime Coutin, Ingénieur au service des Mines, victume de la Science, tué en mission le 24 septembre 1926. Elle est également du gisement d'Adouz et à peu près de même taille que G. Meslei, mesurant 24 mm. de diamètre sur 14 de hauteur ; elle en diffère par sa forme un peu moins haute, ses tubercules interambulacraires plus gros et plus écartés à l'ambitus,

 

plus atténués en dessus et ses tubercules ambulacraires plus rapprochés avec granules mamelonnés intermédiaires plus rares et bien plus petits, ne formant pas de rangées. Dans les interambulacres les granules de la zone miliaire sont aussi moins nombreux et plus espacés.

planche I (extrait)

   

 

 
 
 
  Goniopygus coutini Lambert,1931 - Turonien, Maroc, 50 mm  
 
  Goniopygus coutini Lambert,1931 - Turonien, Maroc, 34 mm  
  Goniopygus coutini Lambert,1931 - Turonien, Maroc, 38 mm  
  Goniopygus coutini Lambert,1931 - Turonien, Maroc, 40 mm  
  Goniopygus coutini Lambert,1931 - Turonien, Maroc, 43 mm  
 
 

Goniopygus coutini Lambert,1931 - Turonien, Maroc, 58 mm

spécimen gérontologique

 
 
 

Goniopygus delphinensis Gras,1848

 
 
diagnose originale de l'espèce par Gras
Description des oursins fossiles du département de l'Isère, précédée de notions élémentaires sur l'organisation et le glossologie de cette classe de Zoophytes, 1848, p.30
 

     2. G. Delphinensis (nobis), (appareil génital, pl. 1, fig. 15). - Diamètre 15 à 20 mm., hauteur 5/9 environ. Cette espèce est tout à fait semblable à la précédente, elle n'en diffère que par la disposition des plaques génitales qui ne présentent pas l'irrégularité signalée plus haut ; ces cinq plaques, à peu près égales, forment un cercle régulier autour de l'anus. Comme précédemment, de gros granules s'observent entre les deux rangées de tubercules de l'aire ambulacraire (!) ; il serait possible que la première de ces espèces ne fût qu'une variété de sexe de l'autre. - Le hameau du Fâ près Rancurel, les côtes de Sassenage. - T. néocomien sup.

     Piquants. - Nous rapportons, au G. Delphinensis, de petits piquants (pl. 3, fig. 8) que l'on trouve dans la même localité au Fâ. Ces piquants ont une longueur totale de 10 à 14 mm. ; le diamètre maximum du renflement est de 3 à 4 mm. Le col a un

 

diamètre de 2 mm. 1/2 ; le corps présente une forme ovoïde allongée, à extrémité supérieure pointue ; il est lisse, sauf sur le tiers supérieur, où l'on trouve six arêtes tranchantes qui convergent en se réunissant au sommet ; tête petite, surface articulaire lisse.

planche 1 (extrait)

   

 

 
  Goniopygus delphinensis Gras,1848 - Aptien, Castellon, Espagne, 19 mm  
 
 

Goniopygus intricatus Agassiz,1838

 
 
Diagnose originale de l'espèce par Agassiz,1838
Monographies d'échinodermes vivans et fossiles, p.21
 

II. Goniopygus intricatus Ag. Tab. 3, fig. 19-28.

     C'est la plus petite espèce que je connaisse de tout le groupe des Salénies et même de toute la famille des Cidarides. Par sa forme et par sa structure, elle se rapproche beaucoup du G. peltatus ; mais, d'un autre côté, elle est plus tuberculeuse, et les dimensions de l'appareil oviducal sont proportionnellement plus grandes, fig. 19 et 24. Les aires ambulacraires, fig. 20 et 23, sont assez larges, sans pour cela que les deux rangées de tubercules qu'on y distingue soient séparées par de plus petites verrues. Les aires interambulacraires, fig. 20 et 22, sont pourvues de deux rangées de gros tubercules parfaitement lisses, qui deviennent surtout saillans sur le milieu de la circonférence, fig. 26. Les pores, disposés par paires simples le long des aires, sont si petits qu'on a de la peine à les reconnaître. L'ouverture inférieure, fig. 21 et 25, est fort grande et échancrée dans son pourtour ; elle occupe plus de la moitié de la face inférieure du test.

     L'ouverture anale est petite, tuberculée, et placée au milieu de l'appareil oviducal, qui est lui-même très-grand quoique peu apparent, à raison de sa faible saillie au-dessus du test. Les plaques ovariales forment de grands loges allongés, dentelés sur leurs bords et percés d'un petit trou, tandis que les interovariales sont en forme de triangles assez réguliers, fig. 19 et 24.

 

      Baguettes, fig. 27 et 28. Les baguettes de cette espèce ont été découvertes simultanément avec celles du G. peltatus, dans la pierre jaune (étage moyen du néocomien) du Merdasson, par M. DuBois de Montpéreux. Elles diffèrent de ces dernières par leur plus petite taille et par l'absence de plis dans la partie supérieure. La baguette entière est plus uniforme avec un très-léger rétrécissement près de sa base, qui, comme dans le G. peltatus, est dépourvue d'un renflement annulaire, et de crénelures à sa facette articulaire. La fig. 27 est la projection du rayon, vu d'en bas.

planche 3

 

   

 

 
  Goniopygus intricatus Agassiz,1838 - Aptien, rubielos de Mora, Teruel, Espagne, 9 mm  
 
 
 

Goniopygus menardi d'Archiac,1851

 
 
description de l'espèce par Cotteau
Paléontologie française, terrains crétacés, tome VII, p.734
 

N° 2575. Goniopygus Menardi, Agassiz, 1838

(Desmarets, 1825.)

7-149-17, et pl. 1180.

 

 

X. 54, Q. 62 (type de l'espèce); Q. 63 (variété globosa); _S. 29 (variété Bronni).

Espèce de taille moyenne, sub-circulaire, renflée, conique, quelquefois subdéprimée en dessus, arrondie sur les bords, presque plane en dessous. Zones porifères droites, formées de pores petits, séparés par tin renflement granuliforme, se multipliant autour du péristome. Aires ambulacraires étroites dans toute leur étendue, garnies de tubercules peu développés, homogènes , médiocrement serrés, augmentant à peine de volume au- dessous de l'ambitus, au nombre de dix à quinze par série, suivant la taille des individus. L'espace qui sépare les deux rangées est plus ou moins large et occupé seulement par de petites verrues microscopiques qui se prolongent entre les scrobicules et grossissent un peu dans la région inframarginale. Aires interambulacraires pourvues de deux rangées de tubercules très-gros vers l'ambitus, saillants, fortement mamelonnés, entourés d'un large scrobicule, diminuant rapidement de volume aux approches du sommet et du péristome, au nombre de six à neuf par série. Granules intermédiaires assez gros, inégaux, souvent mamelonnés, épars, plus ou moins abondants à la face inférieure, remplacés, au-dessus dé l'ambitus, par des verrues fines, un peu plus grosses que celles qui existent au milieu des ambulacres, plus espacées, groupées autour ,des scrobicules en cercles assez réguliers. Péristome très-grand, sub-circulaire, à fleur du test, médiocrement entaillé. Périprocte sub-circulaire, toujours triangulaire sur les bords. Appareil apicial lisse, étoilé, saillant au-dessus du test, composé de plaques intimement sondées, à sutures fines et unies. Plaques génitales allongées, heptagonales, marquées à leur angle externe d'un pore oviducal qui parait plonger obliquement sous l'appareil. La plaque latéro-antérieure est lisse comme les autres ; seulement elle présente à son extrémité, en arrière du pore oviducal, une double bande spongieuse qui correspond, sans aucun doute, au corps madréporiforme. Trois des plaques génitales sont munies, sur leur base interne, d'une impression semi-circulaire parfaitement distincte, au milieu de laquelle s'élève un mamelon perforé à la base d'un trou très-fin dont nous ignorons la destination. La plaque génitale madréporiforme et la•plaque postérieure de gauche sont dépourvues de dépression et de mamelon.

Hauteur, 11 millimètres ; diamètre, 18 millimètres. Variété globosa : hauteur, 17 millimètres ; diamètre, 26 millimètres.

Variété Bronni : hauteur, 8 millimètres ; diamètre, 15 millimètres.

On rencontre associés au G. Menardi des radioles que nous avons décrits plus haut sous le nom de Pseudodiadema carinella. Leur forme générale allongée, sub-cylindrique, acuminée à son extrémité, leur aspect presque lisse, les carènes plus ou moins apparentes dont la tige est ornée vers le sommet, l'absence de collerette, nous engagent à les retirer du genre Pseudodiadema où nous ne les avons placés qu'avec doute et à les attribuer à l'espèce qui nous occupe. Nous renvoyons aux figures et à la description que nous avons données précédemment.

Le G. Menardi offre certaines variétés qu'il nous parait utile de signaler : sa taille est très-variable ; sa face supérieure affecte le plus souvent une forme sub-conique, légèrement globuleuse; quelquefois elle se déprime, et la face inférieure parait un peu rentrante. Chez certains exemplaires qu'on rencontre ordinairement à un horizon plus élevé, cette dépression du test coïncide avec des ambulacres relativement un peu plus larges et garnis de tuber- cules plus petits et plus espacés.

Nous avons fait figurer un exemplaire remarquable par la saillie extraordinaire que présente une des aires inter-ambulacraires ; c'est un cas de monstruosité analogue à celui déjà constaté chez les Pseudodiadema et les Cyphosoma, mais qu'on n'avait pas encore observé chez les Goniopygus.

 

 

RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. - Le G. Menardi, en y réunissant les variétés que nous venons d'indiquer, constitue un type nettement tranché et qui sera toujours reconnaissable à ses ambulacres étroits, garnis' de tubercules homogènes, de petite taille et assez espacés, à  ses tubercules interambulacraires très-gros vers l'ambitus , accompagnés dé granules mamelonnés plus ou moins abondants, remplacés, à la face• supérieure, par de petites verrues microscopiques, à son péristome très-largement ouvert, à son périprocte triangulaire, à son appareil apicial parfaitement lisse, à ses t'idiotes allongés, plus grêles qu'ils ne soûl habituellement, ornés de carènes sub-granuleuses. Deux espèces , les G. Brossardi et Marticensis offrent de grands rapports avec le G. Menardi. En décrivant ces deux espèces nous indiquons les motifs qui nous ont engagé à les séparer.

HISTOIRE. - Le G. Menardi, signalé pour la première fois par Desmarets en 1825, sous le nom d'Echinus Menardi, a été placé, en 1838, par M. Agassiz dans le genre Goniopygus ; depuis, il a été souvent mentionné et figuré par les auteurs. Dès 1846, MM. Agassiz et Desor avaient réuni à cette espèce le G. globosus, remarquable par sa grande taille et sa forme globuleuse, mais qui ne diffère par aucun caractère du G. Menardi. Nous avons pensé que le G. Bronni, que nous ne connaissons que par le moule en plâtre 8.39, et la diagnose. très-incomplète donnée dans le Catal. raisonné des Echinides de 1846, n'était qu'une variété déprimée de l'espèce qui nous occupe.

LOCALITÉS. - Le Mans (carrière de la Butte), Yvré-l'Evêque (Sarthe); Briolay Près Angers (Maine-et-Loire) ; Ile d'Aix, Fourras (Charente-Inf.).; L'Houmeau, Angoulême (Charente); La Redoute (Bouches-du-Rhône). Assez abondant. Etage cénomanien. -  Epagnac, près Angoulême (Charente). Rare. stage sénonien inf.

Musée de Paris (coll. d'Orbigny).

École des mines, coll. de la Sorbonne, Musée du Mans, coll. Triger, Guillier, Arnaud, ma collection.

LOCALITÉS AUTRES QUE LA FRANCE. - Tournay (Belgique); Essen-sur-la-Ruhr (Prusse). Craie marneuse (cénomanien).

EXPLICATION DES FIGURES. PI. 1179, fig. 8, G. Menardi, de la coll. de M. Triger, vu de côté ; fig. 9, face sup.; fig. 10, face inf.; fig. 11, aire ambul. grossie ; fig. 12, aire inter­ambul. grossie; fig. 13, tubercule grossi, vu de profil ; fig. 14, appareil apicial grossi. - PI. 1180, fig. 1, G. Menardi, var. globosa, de l'lle d'Aix, du Musée de Paris ( coll. d'Orbigny), vu de côté; fig. 2, face sup.; fig. 3, face inf. ; fig. 4, aire ambul. grossie ; fig. 5, aire interambul. grossie; fig. 6, appareil apicial fortement grossi; fig. 7, G. Menardi, var. Bronni, d'Angouléme, de la coll. de M. Arnaud, vu de côté; fig. 8, face supérieure; fig. 9, autre individu plus petit, de la coll. de M. Guillier, vu de côté; fig. 10, face sup.; fig. 44, autre individu de I'lle d'Aix, du Musée de Paris (coll. d'Orbigny), vu de côté; fig. 12, face sup. ; fig. 13, face inf.; fig. 14, individu montrant un renflement anormal de l'aire interambul. impaire, de la coll. de l'École des mines, vu de côté.

planches 1179 et 1180 (extrait)

   

 

 
  Goniopygus menardi d'Archiac,1851 - Cénomanien inférieur, Port des Barques, Charente Maritime, 27 mm  
 
 
 

Goniopygus petrocoriensis Arnaud,1889

 
 
description de l'espèce par Cotteau
Echinides nouveaux ou peu connus, 8ème article, 1889, p.3
 

73. Goniopygus petrocoriensis Arnaud, 18893

Pl. XIV, fig. 8-13

 

   

     Espèce de taille moyenne, circulaire, renflée en dessus, plane en dessous. Zones porifères droites, à fleur de test, formés de pores petits, arrondis, rapprochés les uns des autres, séparés par un léger renflement grau filiforme, disposés par paires obliques, se multipliant à peine autour du péristome. Aires ambulacraires étroites, partout (l'égale largeur, si ce n'est près du sommet où elles se rétrécissent un peu, garnies de cieux rangées de petits tubercules homogènes, saillants, fortement mamelonnés, au nombre de treize ou quatorze par série. Entre ces deux rangées, on compte huit ou dix granules assez gros, espacés. qui tantôt atteignent presque le sommet de Paire et tantôt disparaissent un peu au-dessus de l'ambitus; çà et là, se montrent de petites verrues microscopiques. Aires interambulacraires larges, pourvues de deux rangées de gros tubercules imperforés, non crénelés, saillants, fortement mamelonnés, scrobicules, au nombre de sept ou huit par série, diminuant de volume à la face inférieure et eu se rapprochant du sommet. Les scrobicules se touchent par la base et sont séparés au milieu par une zone miliaire assez large qui présente, vers l'ambitus et au-dessous, une double série de granules bien développés, inégaux, distinctement mamelonnés, disparaissant près du péristome et à la face supérieure. Trois ou quatre granules de thème nature, isolés à l'angle externe des scrobicules, se montrent également à la face inférieure et vers l'ambitus. Péristome grand, circulaire, marqué de petites entailles relevées sur les bords ; lèvres ambulacraires plus larges que celles qui correspondent aux aires interambulacraires, Périprocte triangulaire; trois des plaques qui l'entourent présentent, sur le bord de l'orifice anal, une échancrure où se loge un granule.

     Appareil apical relativement peu développé, complètement lisse ; plaques génitales subpentagonales, munies de pores génitaux s'ouvrant à l'extrémité des plaques, un peu en-dessous ; la plaque madréporiforme est très distinctement spongieuse à l'angle externe ; plaques ocellaires intercalées entre les pointes des plaques génitales.

     Radioles allongés, subcylindriques, lisses sur une grande partie de la tige, marqués, vers le dernier quart, de cinq à sept carènes anguleuses, terminées eu pointe presque droite. Collerette resserrée, lisse comme la tige ; anneau saillant, non crénelé ; facette articulaire faiblement crénelée.

 

     Hauteur, 14mm.; diamètre, 20mm. — Epaisseur du radiole, 2mm; longueur, 15 à 20mm.

     Rapports et différences. — Cette espèce a longtemps été confondue avec le G. Menardi, dont elle se rapproche par sa taille, par sa forme générale, .par la disposition de ses tubercules ambulacraires et interambulacraires, par la grandeur de son péristome, par la structure de son appareil apical et de sou périprocte. Elle s'en distingue d'une manière positive, ainsi que Pa reconnu M. Arnaud, par sa zone miliaire ambulacraire pourvue, entre les rangées principales, de huit à dix gros granules espacés, taudis que cette même zone est occupée, chez le G. Menardi, par des granules microscopiques en nombre indéfini.

     Localités. - Gour de l'Arche, La Roquette, St-Cirq (Dordogne). Assez rare. Etage turonien (Provencien).

Coll. Arnaud.

     Explication des figures.- Pl. XIV, fig. 8., G. petrocoriensis de côté ; fig. 9, face supérieure ; fig. 10, aire ambulacraire grossie ; fig. 11, radiole du G. petrocoriensis ; fig. le même, grossi ; fig. 13, facette articulaire, grossie.

     Rapports et différences. - Le G. Royanus forme un type parfaitement caractérisé et toujours reconnaissable à ses pores espacés et obliques, à ses ambulacre

planche XIV (extrait)

   

 

 
  Goniopygus petrocoriensis Arnaud,1889 - Santonien superieur, Sougraigne, Aude, 11 mm  
 
 
 

Goniopygus royanus d'Archiac,1851

 
 
description de l'espèce par Cotteau
Paléontologie française, terrains crétacés, tome VII, p.752
 

N° 2581. Goniopygus Royanus, d'Archiac, 1851.

Pl. 1183, fig. 9-17, et pl. 1184, fig. 1-6.

 

   

     Espèce de taille moyenne, circulaire, renflée et sub-conique en dessus, arrondie sur les bords, presque plane en dessous. Zones porifères droites, composées de pores petits, ronds, disposés par paires espacées et très-obliques surtout vers l'ambitus, se multipliant un peu autour du péristome. Aires ambulacraires étroites au sommet, s'élargissant au fur et à mesure qu'elles descendent vers la face inférieure, garnies de deux rangées de petits tubercules homogènes, saillants, assez fortement mamelonnés, espacés, au nombre de huit à douze par série, suivant la taille des individus. La zone qui sépare ces deux rangées est large et occupée par deux autres séries très-régulières de tubercules plus petits, plus espacés et alternes, qui disparaissent au-dessous de l'ambitus. Entre ces tubercules, le test semble lisse même dans les exemplaires les plus gros et les mieux conservés. Aires inter-ambulacraires relativement peu développées, pourvues de deux rangées de tubercules beaucoup plus gros que les tubercules ambulacraires, saillants, fortement mamelonnés, scrobiculés, au nombre de six à huit par série. Granules intermédiaires peu abondants, gros, mamelonnés, épars, inégaux, se montrant surtout dans la région infra-marginale, remplacés au-dessus de l'ambitus par quelques petites verrues inégales et microscopiques, tendant à se ranger en cercles autour des scrobicules. Péristome grand, sub-décagonal, s'ouvrant à fleur du test, muni d'entailles légères. Périprocte sub-circulaire, présentant sur les bords un aspect triangulaire. Appareil apicial largement développé, solide, étoilé, saillant au-dessus du test, couvert, sur toute sa surface, de granules fins, homogènes, qui convergent, en rayonnant, vers le centre des plaques. Plaques génitales heptagonales, larges, anguleuses et visiblement perforées au sommet, quelquefois sub-concaves au milieu. Trois d'entre elles offrent sur le bord interne une petite dépression sub-circulaire au milieu de laquelle s'élève un mamelon très-finement perforé à sa base ; la plaque madréporiforme, facilement reconnaissable à l'aspect spongieux que présente son angle externe, est dépourvue d'impression et de mamelon.

     Hauteur, 14 millimètres ; diamètre, 22 millimètres.

     Individu jeune : hauteur, 6 millimètres ; diamètre, 10 millimètres.

     Le G. Royanus varie dans sa taille, dans sa face supérieure plus ou moins conique. Les petits tubercules secondaires qui forment, dans les exemplaires les plus gros, deux rangées régulières au milieu de chaque ambulacre, se réduisent, chez les individus plus jeunes, à une rangée inégale et sub-onduleuse. L'appareil apicial présente également des modifications que nous devons signaler : granuleux et à sutures lisses chez certains exemplaires et notamment chez les plus développés, il est muni, chez quelques autres, de côtes sub-granuleuses et rayonnantes plus ou moins prononcées ; parfois l'appareil est presque lisse et offre à la suture de petites impressions sub-circulaires.

 

     Rapports et différences. - Le G. Royanus forme un type parfaitement caractérisé et toujours reconnaissable à ses pores espacés et obliques, à ses ambulacres larges et garnis de quatre rangées de tubercules, à ses interambulacres étroits, à ses tubercules inter-ambulacraires très-gros et accompagnés de rares granules, à son appareil apicial très-développé, couvert de granules ou de côtes rayonnantes. La disposition de ses tubercules ambulacraires rapproche cette espèce du G. Delphinensis de l'étage aptien de l'Isère ; elle s'en distingue nettement par sa forme plus élevée, son périprocte triangulaire, son appareil apicial beaucoup plus étendu, moins anguleux sur les bords, granuleux au lieu d'être lisse.

     Histoire. - Mentionnée pour la première fois, sous le nom de G. Royanus, par M. d'Archiac, en 1851, cette belle espèce n'a jamais été ni décrite, ni figurée. En 1859, M. Coquand lui a donné le nom de Baylei que nous avons dû abandonner pour celui plus ancien de Royanus.

     Localités. - Saint-Georges, Royan (Charente-Inférieure) ; Aubeterre (Charente) ; Neuvic (Dordogne). Assez abondant. Etage sénonien. - Cassis (Bouches-du-Rhône). Rare. Etage sénonien inf. zone à Radiolites cornu-pastoris (M. Reynès).

     Ecole des mines, coll. de la Sorbonne, Triger, Guillier, Coquand, Arnaud, ma coll.

     Explication des figures. - Pl. 1183, fig. 9, G. Royanus, de la coll. de l'Ecole des mines, vu de côté ; fig. 10, face sup. ; fig. 11, face inf. ; fig. 12, aire ambul. grossie ; fig. 13, aire interambul. grossie ; fig. 14, appareil apicial grossi ; fig. 15, variété à appareil apicial marqué d'impressions, de la coll. de l'Ecole des mines, vue de côté ; fig. 16, face sup. ; fig. 17, fiace inf. ; fig. 18, appareil apicial grossi. - Pl. 1184, fig. 1, variété à disque apicial marqué de sutures, de ma coll., vue de côté ; fig. 2, face sup. ; fig. 3, face inf. ; fig. 4, aire ambul. grossie ; fig. 5, aire interambul. grossie ; fig. 6, appareil apicial grossi.

 

planches 1183 et 1184 (extrait)

   

 

 

Goniopygus royanus d'Archiac,1851 - Campanien supérieur, Charente Maritime (17), 20 mm

 
 
 
 

Goniopygus royoi Lambert,1928

 
 
diagnose originale de l'espèce par Lambert, 1928
Note sur quelques échinides du crétacé d'Espagne communiqués par M. le Professeur Royo y Gomez, p.155
 

Goniopygus Royoi Lambert, nov. sp. (fig. 1). - Petite espèce, de l'Aptien de El Cuegle, San Vicente de la Barquera (Santander) mesurant 10 mm. de diamètre sur 5,5 de hauteur, circulaire; face inférieure plane, à très large péristome (6 mm.) faiblement entaillé; face supérieure convexe, à apex bien développé, dicyclique, composé de cinq génitales subpentago­nales et aux angles de cinq petites ocellaires subtrigones; toutes ces plaques finement chagrinées ont leurs sutures marquées de profondes fossettes: une suturale sur chaque suture et une angulaire au sommet des ocellaires. Le périprocte central est subpentagonal et son bord porte des saillies granuliformes correspondant aux plaques 2, 4 et 5. Les hydrotrèmes ne sont pas visibles sur la plaque 2; ils devaient être remplacés par la porosité de la troncature externe de cette plaque, moins allongée que les autres. Ambulacres formés de deux rangées de neuf majeures à trois éléments, portant chacune un tubercule moins développé que ceux des interambulacres et diminuant davantage de volume en dessus qu'en dessous; rares granules intermédiaires visibles à l'ambitus dans la zone médiane. Zones porifères droites. Interambulacres portant deux rangées de huit tubercules incrénelés, imperforés, largement mamelonnés à l'ambitus, diminuant brusquement de grosseur en dessous, plus serrés et plus saillants en dessus; rares granules dans la zone médiane seulement à l'ambitus. Cette zone médiane présente à la face supérieure de profondes dépressions, à granulation microscopique, au sommet desquelles s'ouvre le pore génital. Ces dépressions dessinent cinq sillons creusés entre les tubercules et qui donnent à l'espèce un aspect radié très particulier.

   

Il n'est pas douteux que ces sillons aient constitué chacun un marsupium et aient servi d'abri aux jeunes, qui, attachés à leur mère, n'ont pu se répandre au loin comme ceux à Pluteus libre. L'individu examiné est donc la forme femelle de l'espèce, dont la

 

forme mâle, privée de Marsupium, n'est pas connue. La présence d'un marsupium n'est d'ailleurs pas insolite dans le genre Goniopygus ; on la connaissait chez G. rninor Sorignet du Montien et Cotteau a figuré un individu de Montainville (Pal. Franc. Crét., pl. 1184, fig. 14, 16) considéré comme une Variété du type, mais qui est pour moi la forme femelle de l'espèce. Il est d'ailleurs probable que la plupart des espèces de Goniopygus n'était pas pseudovivipare comme les G. minor et G. Royoi, car chez des espèces à très nombreux individus connus, tels G. peltatus Agassiz, G. Menardi Agassiz, G. marticensis Cotteau, on n'en a jamais signalé un seul pourvu de sillon marsupial. Il en est de même chez les espèces à larges ambulacres, du groupe du G. delphinensis A. Gras (G. Bazerquei, G. tetraphyma, etc.).

L'existence de sillons marsupiaux interambulacraires est connue chez Thylechinus Said Peron et Gauthier, du Dordonien d'Algérie et chez lui elle n'affecte que certains individus (les femelles). Mais chez cette espèce la poche marsupiale entame l'épaisseur du test, sans doute remplacé sur ce point par une membrane. Gauthier n'a pas osé donner d'explication au sujet de cette poche dont Ta régularité l'avait frappé et après l'avoir décrite, il ajoute: nous ne saurions conclure à une particularité physiologique, puisque tous les exemplaires n'en sont pas pourvus» 1. C'est cependant le propre des caractères physiologiques sexuels de ne pas affecter tous les individus d'une espèce.

La pseudoviviparité, c'est-à-dire le développement du jeune sans la protection des organes de la mère, est d'ailleurs un fait exceptionnel chez les Echinides. Sans doute elle assurait mieux la conservation de l'espèce sur place, mais au préjudice de sa propagation dans l'espace. La pseudoviviparité est connue chez quelques espèces de la faune actuelle, comme Cidaris nutriz W. Thomson et Ab'atus cavernosus Philippi. Chez ce dernier le marsupium est ambulacraire.

 
 

Goniopygus royoi LAMBERT,1928 FEMELLE, Aptien, Ajo, Cantabrie, Espagne, 9 mm