Macropneustidae

Lambert, 1895

Genre type : Macropneustes Agassiz in AG. & Desor, 1847, p.8

Description succinte de la famille : Apex ethmolytique avec plaque madréporique s'étendant au-delà des oculaires. Ambulacres pétaloïdes ouverts. Plaques sternales symétriques. Présence des fascioles sous-anal et péripétale.

 

 


 

Genre Hypsospatagus  Pomel, 1883

Classification méthodique et genera des échinides vivants et fossiles, p.31

Espèce type  Macropneustes meneghinii Desor,1858 désignation originale

Synopsis des échinides fossiles, 1858, p.411

Extension stratigraphique (bibliographique, non vérifiée) : Eocène supérieur - Oligocène

Syn.

  • Hypsospatangus Cotteau, 1890, p.13 (nomen vanum)

  • Leiopneustes Cotteau, 1885 ; espèce-type : Brissus antiquus Agassiz in Agassiz & Desor, 1847

  • Leiopatagus Pomel, 1869 non Meyer

  • Liopatagus Pomel, 1883, p.30

 
diagnose originale du genre par Pomel, 1883

Classification méthodique et genera des échinides vivants et fossiles, p.31

     Hypsospatagus Pom. Plus ou moins renflé, à sommet subcentral. Ambulacre antérieur simple dans un sillon peu marqué, les pairs pétaloïdes, à zones porifères un peu déprimées, l'interporifère à fleur et tuberculée. Un fasciole péripétale peu ou pas flexueux ; pas de sous-anal. Péristome en croissant excentrique en avant ; périprocte dans une faible troncature du bord postérieur ; de gros tubercules épars en dessus ; test très épais. Les espèces typiques sont du terrain nummulitique. H. Meneghini, Pom. ; H. Ammon (Desor sub Macropneustes). C'est à tort que M. Cotteau réserve le nom de Macropneustes à ce type.

 

Hypsospatagus meneghini (Desor,1858)

 
diagnose originale de l'espèce par Desor, 1858

Synopsis des échinides fossiles, p.411

     Meneghinii Desor nov. sp. - Grand oursin très renflé, garni de tubercules nombreux, inégaux, en général petits et sans ordre. Pétales très longs, sans pourtant atteindre le bord. L'espace interporifère des pétales est à fleur de test et tuberculeux, comme les interambulacres ; les zônes porifères seules sont creuses et, comme elles sont très larges, elles donnent lieu à des sillons très apparents. Fasciole distinct, à peine flexueux. Test très épais.

V. 88. et V. 89. (Types de l'espèce).

Terrain nummulitique du Vicentin. (Assez abondant).

Mus. Pise.

descro^top, de l'espèce par Cotteau, 1858

Paléontologie française, terrains éocènes, tome 1, p.99

     Hypsospatangus Meneghini (Desor), Pomel, 1884. -

Espèce de grande taille, subcordiforme, arrondie et dilatée en avant, rétrécie en arrière, haute et très renflée à la face supérieure, dans la région antérieure, fortement déclive dans la partie postérieure, arrondie sur les bords, très légèrement bombée en dessous. Sommet subcentral, un peu rejeté en avant. Sillon antérieur presque nul, émarginant à peine le bord. Aires ambulacraires longues, superficielles, inégales, les antérieures très divergentes, les postérieures plus étendues. Zone interporifère plus large que les zones porifères. Gros tubercules abondants, disséminés sur toute la face supérieure, non parfaite­ment limités par le fasciole péripétale qui n'est pas sinueux. Péristome excentrique en

 

avant, mais éloigné du bord, semilunaire, fortement labié. Monte Spiado, Monte Carriole, Monte Viale, Monte Pulgo, Monte Castellara, près Castel Gomberto, etc. Assez commun. Eocène supérieur ou miocène.

Ce n'est qu'avec doute que nous mentionnons cette espèce dans le terrain éocène du Vicen tin. En France où elle est rare, elle n'a été recueillie que dans le terrain miocène inférieur, et M. Tournouër (loc. cit.) pense qu'elle occupe le méme horizon dans le Vicentin, à la partie supérieure du grand groupe de Castel Gomberto.

 

 

Hypsospatagus meneghini (Desor,1858) - Kovachevo (W. Burgas), Bulgarie, 65 mm

 

 

Genre Macropneustes  AGASSIZ, 1847

Catalogue raisonné des échinides vivans et fossiles, p.

Espèce type  Macropneustes deshayesi Agassiz, 1847

ibid.

Extension stratigraphique (bibliographique, non vérifiée) : Eocène moyen - Miocène

 
description du genre par Cotteau

Paléontologie française, terrain éocène, tome I, p. 140

2e genre. - MACROPNEUSTES, Agasiz, 1847.

   

     Test de grande et de petite taille, allongé, subcordiforme, renflé, plus ou moins échancré en avant, subacuminé en arrière, pulviné en dessous. Sommet ambulacraire subcentral ou excentrique en avant. Sillon antérieur plus ou moins accusé. Aires ambulacraires paires pétaloïdes, allongées, linéaires, ouvertes à leur extrémité, plus ou moins profondément excavées, mais toujours situées dans une dépression. Tubercules très inégaux, épars ; les plus gros, crénelés et perforés, se montrent à la face supérieure, sans être limités en avant par le fasciole péripétale. Péristome très excentrique en avant, à lèvre inférieure saillante. Périprocte elliptique, ouvert au sommet de la face postérieure. Appareil apical peu étendu, compact, muni de quatre pores génitaux très rapprochés ; la plaque madréporiforme occupe le milieu et se prolonge en arrière. Fasciole péripétale placé plus ou moins bas, souvent peu distinct, ne limitant pas partout les gros tubercules de la face supérieure. Fasciole sous-anal.

     Rapports et différences. - Nous adoptons le genre Macropneustes, tel qu'il a été récemment circonscrit par M. Pomel, en en séparant, sous le nom d'Hypsospatangus, les espèces à aires ambulacraires superficielles. Ainsi

 

délimité, le genre Macropneustes constitue un type très naturel, parfaitement caractérisé par ses aires ambulacraires déprimées, par ses gros tubercules épars à la face supérieure et non limités en avant pas le fasciole péripétale. Nous avons indiqué précédemment les motifs qui nous ont engagé à renoncer au genre Peripneustes, et à réunir aux véritables Macropneustes les espèces qui faisaient partie de ce genre (voy. p. 93). Le genre Deakia, Pavay, nous paraît, comme à M. Pomel, faire double emploi avec les Macropneustes ; la profondeur de son sillon antérieur, ses aires ambulacraires paires fortement creusées, ne sont pas des caractères suffisants pour séparer les deux types.

     Le genre Macropneustes, spécial au terrain tertiaire, renferme des espèces éocènes et miocènes ; c'est à l'époque éocène qu'il acquiert le maximum de son développement.

 
 

Macropneustes brissoides (Leske,1778)

 
description de l'espèce par Cotteau

Paléontologie française, terrain éocène, tome I, p. 148

N° 31. - Macropneustes brissoides (Leske), Desor, 1857

Pl. 36, 37 et 38

 

     T. 97.

     Espèce de grande taille, allongée, ovale, subcylindrique, émarginée en avant, verticalement tronquée en arrière. Face supérieure haute, renflée, plus ou moins saillante en arrière, très arrondie sur les bords. Face inférieure régulièrement bombée, subpulvinée, un peu déprimée en avant du péristome. Sommet ambulacraire très excentrique en avant. Sillon antérieur large, atténué à la face supérieure, entamant profondément l'ambitus et se prolongeant jusqu'au péristome. Aire ambulacraire impaire formée de pores simples, petits, disposés par paires très obliques, s'espaçant au fur et à mesure qu'elles s'éloignent du sommet, logées dans des fossettes subcirculaires et peu apparentes. L'aire ambulacraire est finement granuleuse et présente ça et là quelques petits tubercules crénelés et perforés. Aires ambulacraires paires pétaloïdes, médiocrement excavées, linéaires, étroites, allongées, inégales, les antérieures fortement divergentes, presque horizontales, les postérieures plus allongées et beaucoup plus rapprochées, les unes et les autres ouvertes à leur extrémité. Zones porifères plus larges que l'intervalle qui les divise, composées de pores oblongs, virgulaires, transverses, égaux, unis par un sillon et séparés par une bande finement granuleuse ; dans chacune des aires les zones porifères sont de même dimension. Tubercules de deux natures : les plus gros, crénelés, perforés, entourés d'un scrobicule peu profond, inégaux, épars, relativement peu nombreux, occupent surtout la partie supérieure des aires interambulacraires, et sont limités par un fasciole péripétale. Quelques-uns, cependant, notamment dans la région antérieure, se montrent au-delà du fasciole. Petits tubercules très abondants, le plus souvent homogènes, augmentant sensiblement de volume à la face inférieure, dans la région inframarginale et sur le plastron formé par l'aire interambulacraire postérieure. Granules fins et délicats, se groupant autour des tubercules et remplissant l'espace intermédiaire. Péristome excentrique en avant, labié, semicirculaire ; autour du péristome, les pores, très petits et disposés par paires espacées, s'ouvrent dans des dépressions entourées d'un léger renflement. Périprocte très grand, elliptique dans le sens du diamètre antéro-postérieur, acuminé à ses deux extrémités, placé au sommet de la face postérieure. Appareil apical compact, étroit, granuleux, muni de quatre pores génitaux rapprochés et largement ouverts ; la plaque madréporiforme, très resserrée, traverse l'appareil et se prolonge en arrière ; plaques ocellaires petites, perforées, se groupant autour de l'appareil. Fasciole péripétale flexueux, passant près de l'extrémité des aires ambulacraires, descendant beaucoup plus bas dans la région antérieure, limitant presque partout les gros tubercules de la face supérieure. Fasciole sous-anal bien développé, entourant l'écusson anal.

     Type de l'espèce : hauteur, 45 millimètres ; diamètre antéro-postérieur, 70 millimètres ; diamètre transversal, 60 millimètres.

     Individu de taille plus forte : hauteur, 48 millimètres ; diamètre antéro-postérieur, 73 millimètres ; diamètre transversal, 65 millimètres.

     Exemplaire de Biarritz : hauteur, 55 millimètres ; diamètre antéro-postérieur, 85 millimètres ; diamètre transversal, 75 millimètres.

 

     Nous rapportons au M. brissoides quelques exemplaires recueillis à Biarritz, et entre autres un échantillon de très grande taille faisant partie de la collection du comte de Bouillé ; il diffère un peu du type par ses aires ambulacraires plus allongées, mais il ne saurait être rapporté au M. pulvinatus, assez commun à Biarritz, donc la forme est tout autre et les aires ambulacraires encore plus allongées ; les différences avec le M. brissoides ne nous ont pas paru suffisantes pour faire, de cet exemplaire de grande taille, une espèce particulière.

     Rapports et différences. - Le M. brissoides, placé longtemps parmi les Euspatangus, a été avec raison réuni aux Macropneustes ; il se distingue nettement de ses congénères par sa forme épaisse, renflée, subcylindrique, ses ros tubercules interambulacraires peu nombreux, très inégaux et paraissant en grande partie limités par le fasciole péripétale, par son périprocte très développé, fortement acuminé à ses deux extrémités. L'espèce est assurément voisine du M. pulvinatus, mais elle en diffère par sa forme plus cylindrique, par ses aires ambulacraires moins longues et un peu plus larges, par ses tubercules interambulacraires moins nombreux. L'exemplaire que nous avons décrit et fait figurer est celui-là même qui a servi de type à l'espèce ; il faisait partie de la collection Des Moulins et appartient aujourd'hui au Musée de Bordeaux.

     Localités. - Montfort, Baigt (Landes). Biarritz (la Gourèpe) (Basses-Pyrénées). Rare. Eocène supérieur.

     Muséum de Bordeaux, collection Hébert, Pellat, comte de Bouillé, ma collection.

     Localités autres que la france. - Saint-Giovnani Ilarione, Malo, Val Lione, Zovencedo, Castione (province de Vicence). Masua près Negrar (province de Vérone).

     Explication des figures. - Pl. 36, fig. 1, M. brissoides, type de l'espèce, du Muséum de Bordeaux (coll. Des Moulins), vu de côté ; fig. 2, face supérieure : fig. 3, appareil apical grossi ; fig. 4, fasciole et tubercules grossis, pris dans la région antérieure. - Pl. 37, fig. 1, le même, vu sur la face inférieure ; fig. 2, face postérieure ; fig. 3, plaques interambulacraires grossies, prises sur la face supérieure ; fig. 4, tubercules grossis, pris sur la face inférieure. - Pl. 38, fig. 1, exemplaire de grande taille, de Biarritz, de la coll. du comte de Bouillé, vu de côté ; fig. 2, face supérieure.

Planches 36, 37 et 38 (extrait)

 

Macropneustes brissoides (Leske,1778) - Eocène supérieur, Vicentin, Italie, 55 mm

 
 

Macropneustes heberti Cotteau,1886

 
diagnose originale de l'espèce par Cotteau

Paléontologie française, terrain éocène, tome I, p. 153

N° 32. - Macropneustes heberti , Cotteau,1886.

Pl. 39

     Espèce de taille assez forte, oblongue, arrondie et émarginée en avant, dilatée au milieu, un peu rétrécie en arrière. Face supérieure uniformément bombée. Face inférieure presque plane. Sommet ambulacraire excentrique en avant. Sillon antérieur nul près du sommet, large, évasé, atténué vers l'ambitus. Aire ambulacraire impaire étroite à sa partie supérieure, s'élargissant en se rapprochant du bord, formée de pores petits, simples, disposés par paires obliques, d'autant plus espacées qu'elles s'éloignent du sommet. La zone ambulacraire est finement granuleuse et montre, seulement vers la base, quelques tubercules inégaux, crénelés et perforés. Aires ambulacraires paires linéaires, subflexueuses, logées dans des dépressions larges et peu prononcées, ouvertes à leur extrémité, inégales, les antérieures très écartées, presque horizontales, les postérieures plus longues, plus rapprochées. Zones porifères composées de pores oblongs, transverses, égaux entre eux, unis par un sillon et séparés par une bande de test granuleuse et peu saillante, Zone interporifère très étroite à la partie supérieure, s'élargissant un peu, souvent de même largeur que les zones porifères, se rétrécissant ensuite vers la base. Les zones porifères sont d'égale dimension, à l'exception des zones porifères antérieures des aires ambulacraires paires antérieures qui, près du sommet, deviennent plus étroites et se réduisent à de petits pores simples. Tubercules de-deux natures : les plus gros, crénelés, perforés, entourés d'un large scrobicule, inégaux, épars, espacés, peu abondants, accompagnés de tubercules beaucoup plus petits, de granules fins et délicats, occupent la partie supérieure. des aires interambulacrair2s, et sont limités par un fasciole péripétale. Ces tubercules sont disposés sur le bord des plaques en rangées irrégulières; ils sont plus nombreux et descendent plus bas dans les aires interambulacraires antérieures. Petits tubercules épars vers le pourtour du test et probablement à la face inférieure qui n'est pas conservée dans notre exemplaire. Péristome excentrique-en avant, semicirculaire, labié. Appareil apical finement granuleux, muni de quatre pores génitaux largement ouverts, les deux antérieurs plus rapprochés que les deux autres ; plaques ocellaires petites, subtriangulaires, marquées d'une fente oblongue ; plaque madréporiforme très distincte, traversant l'appareil et se prolongeant en arrière. Fasciole péripétale à peine visible, ne paraissant pas très flexueux et descendant très bas dans la région antérieure. Fasciole sous-anal non apparent.

     Hauteur, 25 millimètres ; diamètre antéro-postérieur, 70 millimètres ; diamètre transversal, 60 millimètres.

     Rapports et différences. - Quelques-uns de ses caractères, notamment ses aires ambulacraires allongées et. placées dans des dépressions très peu

 

profondes, rapprochent cette espèce de certaines variétés du M. pulvinatus ; elle nous a paru en différer d'une manière positive par ses aires ambulacraires plus larges, plus flexueuses, moins nettement linéaires, composées de zones porifères séparées par une zone interporifère plus étendue, par ses gros tubercules moins développés et beaucoup moins nombreux. Ce dernier caractère rapproche notre espèce du M. Bouillei, décrit plus loin, mais elle s'en éloigne par ses tubercules encore moins nombreux et descendant plus bas, par ses aires ambulacraires plus longues et plus superficielles, par sa zone interporifère plus large, par son fasciole moins sinueux.

     Localité. — Sainte-Colombe (Landes). Très rare. Eocène moyen (zone inférieure).

     Collection de M. Hébert.

     Explication des figures. — PI. 39, fig. 1, M. Heberti, vu de côté ; fig. 2, face supérieure ; fig. 3, appareil apical et portion supérieure de l'aire ambulacraire paire antérieure de droite, grossis ; fig. 4, plaque interambulacraire grossie.

Planche 39 (extrait)

   
 

Macropneustes heberti Cotteau,1886 - Eocène, La Puebla de roda, Huesca, Espagne, 73 mm

 

 

Genre Megapneustes  Gauthier in Fourteau,1905

Révision des échinides fossiles de l'Egypte, p.678

Espèce type  Megapneustes grandis Gauthier in Fourteau,1905

ibid., p.681

Extension stratigraphique (bibliographique, non vérifiée) : Eocène

Syn.

  • Fourtaunia Lambert, 1902, p.53 ; espèce-type : Hypsospatagus santamariae Gauthier in Fourtau,1900. synonyme subjectif plus récent

  • Thebaster Checchia-Rispoli, 1941 ; espèce-type : Macropneustes fischeri de Loriol, 1880

 
diagnose originale du genre par Gauthier in Fourtau,1899

Révision des échinides fossiles de l'Egypte, p.678 (+677 pour la mise en contexte)

     Observations sur le groupe des Macropneustes.

     Le groupe des Macropneustes auquel nous arrivons demande quelques observations que nous croyons tout d'abord devoir con­signer ici. Il a toujours régné une assez grande confusion dans le genre Macropneustes lui-même et bien des espèces lui ont été attribuées, même par L. Agassiz, l'auteur de ce genre, qui ne lui appartiennent pas. En 1883, M. Pomel, étudiant ce genre,' en sépara les espèces qui n'ont pas les aires ambulacraires paires déprimées ou sont privées d'un fasciole sous-anal; il établit ainsi le genre Hypsospatangus pour les spécimens -ayant les aires ambulacraires paires complètement superficielles et dépourvus de fasciole sous-anal; puis, en fixant nettement les limites du genre Macropneustes, il indiquait la possibilité de l'absence du fasciole sous-anal dans certaines espèces à ambulacres déprimés, comme Macropneustes crassus Agassiz, et il ajoutait que, si ces espèces sont réellement dépourvues (le fasciole sous-anal, il y aurait lieu de les distinguer par un nom spécial. Or, nous avons acquis la certitude qu'un de nos exemplaires ne possède pas de fasciole sous-anal, et nous nous trouvons ainsi amené à créer un nom générique nouveau Megapneustes dont il sera le type. Eu outre, M. Pomel, faisant la remarque que M. de Loriol dans sa Monographie des Echinides nummulitiques de l' Égypte avait admis parmi les Euspatangus un type à ambulacres pairs creusés, Eusp. Cotteaui, a établi pour cet oursin le genre Plesiospatangus: ce qui fait qu'aujourd'hui le groupe des Macropneustes et des Euspatangus doit se subdiviser en cinq genres, dont voici la diagnose abrégée :

 

1.  Aires ambulacraires paires déprimées;

Fasciole péripétale ne limitant pas nettement les gros tuber--cules de la face supérieure;

Fasciole sous-anal entourant le talon;

Macropneustes Agassiz. Type,

Macropneustes Deshayesi Ag.

 

2.  Aires ambulacraires paires déprimées;

Fasciole péripétale ne limitant pas nettement les gros tubercules de la face supérieure;

Point de fasciole sous-anal;

Megapneustes Gauthier.

Type Megapneustes grandis Gauthier.

 

3.  Aires ambulacraires complètement superficielles; Fasciole péripétale ne limitant pas nettement les gros tubercules de la face supérieure;

Point de fasciole sous-anal;

Hypsospatangus Pomel.

Type Hypsospatangus Meneghini (Desor) Pomel.

 

4.  Aires ambulacraires paires superficielles;

Fasciole péripétale limitant nettement les gros tubercules de la face supérieure;

Fasciole sous-anal entourant l'écusson;

Euspatangus Agassiz.

Type Euspatangus ornatus Agassiz.

 

5.  Aires ambulacraires paires déprimées;

Fasciole péripétale limitant nettement les gros tubercules de la face supérieure;

Fasciole sous-anal entourant l'écusson;

Plesiospatangus l'orne

Type Plesiospatangus Cotteaui (de Loriol) Pomel.

 

 

Megapneustes grandis Gauthier in Fourteau,1905

 
diagnose originale de l'espèce par Gauthier in Fourtau,1899

Révision des échinides fossiles de l'Egypte, p.681

     Megapneustes grandis Gauthier. 1898, pl. II, fig. 5-6.

     Notre intention était de prendre pour type du genre Megapneustes le Macropneustes crassus Agassiz. Mais le seul exemplaire connu étant en assez mauvais état, il nous a semblé plus prudent de recourir à une espèce nouvelle. M. de Loriol dans sa description du M. crassus ne parle pas de fasciole sous-anal, et, en effet, il ne doit pas en exister sur cette espèce, puisqu'il l'attribue au genre Macropneustes; on croyait à cette époque que ce genre ne portait pas (le fasciole sous-anal. Le mauvais état de l'exemplaire du Muséum pouvant laisser quelque doute à cet égard, nous aimons mieux prendre pour type une espèce qui en est bien certainement dépourvue.

Dimensions : Longueur .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  115 millimètres
  Largeur .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  96 millimètres
  Hauteur .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  . 60 millimètres.

     Espèce de très grande taille, assez régulièrement ovale, allongée, un peu plus étroite en arrière qu'en avant, échancrée sensiblement au bord antérieur par le sillon impair et légèrement tronquée en arrière. Face supérieure élevée, convexe, plus renflée en arrière qu'en avant où elle se déprime mi peu à partir de l'apex. Le point culminant se trouve ainsi placé en arrière de l'appareil apical, à 70 millimètres du bord antérieur. Côtés renflés, pourtour arrondi, épais: face inférieure à peu près plate. Apex excentrique en avant 50/115.

     Appareil apical dans mie légère dépression, très peu étendu, montrant quatre pores génitaux dont les deux postérieurs sont plus écartés que les autres; le corps madréporiforme déborde assez largement en arrière; les cinq pores ocellaires sont portés par de très petites plaques intercalées dans les angles extérieurs.

     Ambulacre impair logé dans un sillon à peu près nul au sommet, s'élargissant progressivement et se creusant peu à peu jusqu'au bord qu'il échancre fortement; il se continue à la face inférieure jusqu'au péristome. Zones porifères très rapprochées près de l'apex, très étroites, formées de petites paires de pores virgulaires, très ténus, séparés dans chaque paire par une cloison granuliforme. On ne distingue bien, de chaque côté, que les 16 ou 17 premières paires qui se distancent de plus en plus; les suivantes s'effacent bientôt et sont d'ailleurs de plus en plus éloignées, les plaques atteignant jusqu'à cinq millimètres de hauteur. L'espace interzonaire est couvert d'une fine granulation entremêlée de quelques tubercules secondaires.

     Aires ambulacraires paires situées dans une dépression du test large, évasée, peu profonde; elles sont longues et inégales, les antérieures plus courtes que les postérieures, s'étendant toutes presque jusqu'au bord; leur largeur est médiocre relativement à la taille de l'oursin. Zones porifères égales, assez étroites, formées de paires de pores linéaires, horizontaux, acuminés à la partie interne; les paires sont séparées par des cloisons granuleuses; elles sont au nombre de 44 dans chaque série des pétales antérieurs et de 57 dans les pétales postérieurs. L'espace interzonaire, plus étroit qu'une des zones, porte de petits tubercules. Les pétales antérieurs ont leur extrémité un peu infléchie en avant.

     Aires interambulacraires larges, convexes à la partie supérieure, portant sur le milieu des plaques de chaque moitié une ligne de faibles nodules, assez accentués cependant pour produire au milieu de l'aire une sorte de dépression sensible jusqu'au bord.

 

     Le péristome, par suite d'une cassure du test, n'est pas visible sur notre exemplaire; il était excentrique en avant, loin du bord, au tiers environ de la longueur totale. Périprocte grand, ovale, s'ouvrant au milieu de la troncature postérieure, dans une aire entourée de faibles nodosités, avec une légère dépression au-dessous, qui est peut-être due à une cassure.

     Tubercules primaires nombreux à la face supérieure, formant sur chaque plaque interambulacraire une série linéaire qui suit la courbe de la suture; ils sont plus multipliés, mais moins gros à la partie antérieure, le long du sillon impair. La face inférieure est couverte sur toutes les aires interambulacraires de tubercules à peu près semblables, assez serrés, uniformes, même sur le plastron.

     Fasciole péripétale étroit, bien visible sur notre exemplaire; il passe à l'extrémité des pétales ambulacraires sans remonter dans les interambulacres, sauf, légèrement, au-dessus du périprocte; à la partie antérieure il est interrompu au milieu des aires interambulacraires, et disparaît complètement entre les deux lignes de nodules qui mettent en relief, comme nous l'avons dit, le milieu des plaques, de sorte qu'on ne le voit nulle part traverser le sillon. impair, bien que sur ce point le test de notre exemplaire soit d'une netteté parfaite. Partout où il existe, le fasciole limite mal les gros tubercules; quelques-uns le franchissent et apparaissent au-dehors dans les interambulacres latéraux et postérieurs. Dans les interambulacres antérieurs, où le fasciole fait défaut en partie, les tubercules descendent jusqu'au bord sans interruption, diminuant un peu de volume vers le bas. Il n'y a aucune trace de fasciole sous-anal.

     Le M. grandis n'est pas sans rapports avec le M. crassus ; les ambulacres présentent la même disposition; mais notre exemplaire est plus allongé, moins élevé, plus déprimé en avant de l'appareil apical. La disposition des gros tubercules est aussi très différente ; ils semblent être clairsemés et (le dimensions médiocres sur l'exemplaire d'Agassiz, tandis qu'ils sont d'assez fortes dimensions, nombreux, serrés et formant des séries horizontales dans les aires interambulacraires de notre espèce.

     Niveau : Suessonien supérieur.

     Localité : Gebel Drounka près El-Syout.

Planches II (extrait)

   
 

Megapneustes grandis Gauthier in Fourteau,1905 - Yprésien inférieur, Huesca, Espagne, 77 mm

 
 

Megapneustes grandis Gauthier in Fourteau,1905 - Yprésien inférieur, Huesca, Espagne, 80 mm

 

Genre Trachypatagus  Pomel, 1869

Echinodermes et de leur classification pour servir d'introduction à l'étude des fossiles, p.xi

Espèce type  Trachypatagus tuberculatus (Wright,1864)

On the fossil echinidae of Malta (désignation originale)

Extension stratigraphique (bibliographique, non vérifiée) : Eocène - Pliocène

Syn.

  • Leiopatagus Pomel, 1869, p.12 ;  nomen nudum

 
 

Trachypatagus tuberculatus (Wright,1864)

 
diagnose originale de l'espèce par Wright
On the fossil echinidae of Malta, p.486

30. Brissus tuberculatus, Wright, sp. nov. Pl. XXII. fig. 1.

     Test ovoid, depressed, tapering behind ; the two pairs of petaloid ambulacra long, narrow, lanceolate, and extending over two-thirds of the dorsum ; anterior pair curved forwards, posterior pair directed outwards and backwards ; poriferous zones wide, depressed ; interporiferous zone convex ; peripetalous fasciole narrow ; anterior border, sides, and upper surface, within and without the peripetalous fasciole, covered with large crenulated and perforated tubercles, among which smaller ones are scattered ; no anteal sulcus ; posteriorborder slightly truncated ; vent large, oblong ; subanal fasciole having a cordate figure beneath the opening.

     Dimensions. - Length 5 inches ; breadth 4 1/2 inches.

     These measurements are only approximate, as the two specimens I have are both much distorted.

 

Planches XXII (extrait)

   
 

Trachypatagus tuberculatus (Wright,1864) - Lutétien, Vicentin, Italie, 90 mm