Micrasteridae

Lambert, 1920

nomen transl. Mortensen, 1920, p.362 pro Micrasterinae Lambert, 1920, p.16

Genre type : Micraster Agassiz, 1836, p.184

Description succinte de la famille : Appareil apical ethmophracte. Fasciole sous anal présent et passant en arrière des plaques sternales. Plaques sternales appairées et symétriques. Episternales excentrées.

 

Genre Micraster  Agassiz, 1836

Prodrome d'une monographie des Radiaires, p.184

Espèce type  Spatangus coranguinum  (Leske,1778)

par désignation subséquente de Pomel (1883), p.42

Extension stratigraphique (bibliographique, non vérifiée) : Turonien - Danien

remarque : 4 gonopores, fasciole sous-anal ovoïde.

Syn.

  • Pycnaster Pomel, 1883, p.42 ; synonyme objectif plus récent

  • Paramicraster Maczynska, 1968, p.154 ; espèce type Micraster coranguinum var. latior Rowe, 1889

 

diagnose originale du genre

Prodrome d'une monographie des radiaires, Agassiz, 1836, p.184

     5. Micraster Ag. (Spatangus Auct. , Brissoïdes Klein, Amygdala et Ovum V. Ph.) - Partie dorsale des ambulacres très-développée et subétoilée ; disque cordiforme. La plupart des espèces sont fossiles, de la Craie ; il y en a quelques tertiaires, et deux vivantes.

     M. Amygdala Ag. (Spatangus Amygd. Goldf.) - M. Bucklandii Ag. (Spatangus Buckl. Goldf.) - M. Bucardium Ag. (Spatangus Bucard. Goldf.) - M. Bufo Ag. (Spatangus Bufo Al. Br.) - M. Cor anguinum Ag. (Spatangus Cor angu. Lam.) - M. Cor testudinarium Ag. (Spatangus Cor test. Goldf.) - M. gibbus Ag. (Spatangus gibb. Lam.) - M. Goldfussii Ag. (Spatangus lacun. Goldf. non Gmel.) - M. Prunella Ag. (Spatangus Prun. Lam.) - M. acuminatus Ag. (Spatangus acum. Goldf.) - M. suborbicularis Ag. (Spatangus suborb. Munst.) - M. canaliferus Ag. (Spatangus canal. Lam.) - M. lacunosus Ag. (Spatangus lacun. Gmel. non Goldf.)

 

Micraster aturicus Hébert in Seunes,1891

 

description de l'espèce par Lambert

Essai d'une monographie du genre Micraster et notes sur quelques échinites, 1895, p.230

MICRASTER ATURICUS, Hébert (in Seunes), 1891.

     Cette espèce a été proposée, sans description ni figures, par M. Hébert dès 1880 (Comp. rend. Acad. d. Sc. - Rech. sur la Craie sup. des Pyrénées, 8 novembre 1880), et elle a été de suite admise par quelques spécialistes :

Micraster aturicus, Arnaud (Argiles de Tercis, extr. du Bull. S. G. de F., 3e série, t. XV, p. 19 ; 1887).

     -             -         Cotteau (Echin. d'Aragon, p. 7 ; 1889).

     Mais elle a été pour la première fois décrite et figurée par M. Seunes dans le 3e fascicule de ses Echinides crétacés de Pyrénées occidentales, extrait du Bulletin de la Soc. géol. de France (3e série, t. XIX, p. 30, pl. IV, et V, fig. 1) paru en janvier 1891. Il a plus à M. Seunes de conserver à son espèce le nom proposé par M. Hébert et j'estime qu'il a eu parfaitement raison ; mais mon savant confrère, qui a si sommairement exécuté au nom des principes l'Echinocorys regularis, Arnaud, ne pouvait rétroactivement faire remonter à 1880 la validité d'une espèce alors purement nominale.

     Cette espèce appartient encore au type du M. coranguinum, bien qu'elle en diffère très nettement par sa grande taille, sa forme carénée et acuminée en arrière, son sillon antérieur plus profond à l'ambitus, ses ambulacrespostérieurs plus longs, son péristome marginal.

     D'après M. Seunes, l'ambulacre impair du M. aturicus serait "pétaloïde", composé de pores inégaux comme ceux du M. corbaricus. Il ne faut pas prendre cette description trop au pied de la lettre. Chez M. aturicus, les ambulacres sont étroits, l'impair l'est encore plus que les autres et ses pores ne s'élargissent pas en pétales, comme cela a lieu chez l'adulte du M. tercensis, mais ils s'ouvrent en ligne à peu près droite et sont faiblement inégaux, les externes à peine plus allongés que les internes. D'après les divers échantillons que j'ai examinés, l'allongement des pores externes serait exceptionnel chez le type des figures 1 a, 1 e de la planche XIII de M. Seunes.

 

     Les observations que j'ai faites plus haut sur les variations de l'ambulacre impair du M. turonensis peuvent être renouvelées ici. Il est possible que sur un ou deux échantillons exceptionnels du M. aturicus, les pores externes se soient agrandis et présentent la disposition figurée, mais tous les échantillons de Tercis que j'ai examinés montrent une disposition des pores différente, semblable à celle du M. antiquus et figurée par M. Cotteau dans son Catalogue des Echinides crétacés des Petites Pyrénées et des Corbières (pl. XVI, fig. 4). Près de l'apex, les pores sont de simples petits trous ronds, séparés par un granule ; vers la 14e paire seulement, ceux de la rangée externe se développent et s'allongent un peu ; ils deviennent nettement allongés à partir de la 18e paire jusqu'à la 24e ou 25e. Cette disposition est absolument constante sur tous les individus soumis à mon examen.

     Le M. Gourdoni, Cotteau, est une espèce de plus grande taille, à sillon antérieur étroit et profond, qui se distingue du M. aturicus par sa face supérieure plus conique, sa face postérieure moins acuminée, ses ambulacres pairs plus profonds avec zones interporifères plus finement granuleuses, son ambulacre impair moins différent des autres, à pores plus inégaux, son sillon antérieur plus étroit et plus profond à l'ambitus. - Le M. antiquus est aussi très voisin du M. aturicus et ne s'en distingue que par de très légères modifications dans la forme générale et la disposition des pores de l'ambulacre impair. Il est fort possible que l'on vienne à démontrer que le M. antiquus n'est pas Cénomanien, et alors la réunion des deux espèces s'imposera sous le nom plus ancien donné par Cotteau.

     Le M. aturicus est connu du Sénonien supérieur de Tercis et Angoumé (z. à Heteroceras polyplocum). M. R. Nicklès (Thèse, p. 92 et 110) l'a depuis signalé au Mas de Blas-Giner et à Pego, dans le Sénonien, et à Almacérès, dans des couches un peu plus élevées, rapportées au Maestrichtien.

 
 

Micraster aturicus Hébert in Seunes,1891 - Campanien, Landes, 52 mm

 
 

Micraster brevis Desor in Agassiz & Desor,1847

 

diagnose originale de l'espèce par Desor in Agassiz & Desor

Catalogue raisonné des échinides vivans et fossiles, 1847, p.24

brevis Desor. - X 92. R 69. - Micraster latus E. Sism. Mém. Echin. foss. Nizza, p. 29, Tab. 1, fig. 13.-Micraster gibbus Agass. Cat. syst. p. 2.-E. Sism. Mém. Ech. foss. Nizza, p. 25. - Spatangus gibbus Goldf. (non Lamk.). Petref. p. 156, Tab. 48, fig. 4.- Espèce très voisine du M. cordatus et du M. cor-anguinum, mais plus courte et surbaissée en arrière.

     Cr. à Hippurites, Corbières, Nice. Cr. chlor. de Coudrecieux (Sarthe). Craie marn. de Rouen, Bains de Rennes, Aleth, Saint-Remy, Soulaye (Corbières), Westphalie, Tercis. - Michelin, Mus. Turin, d'Orbigny, Mus. Bonn, Grateloup.

     Var. minor. : - Spatangus anachytoides Desml. Tabl. syn. p. 406.

     Cr. du Périgord. - Desmoulins.

 

Micraster brevis Desor in Agassiz & Desor,1847 - Coniacien, Aude, 44 mm

 
 
 

Micraster coranguinum (Leske,1778)

 
 

description de l'espèce par Cotteau

paléontologie française, terrains crétacés, p.207

 

N°2165. Micraster cor-anguinum, Agassiz, 1836.

Pl. 867 et 868.

 

  Largeur centième Hauteur centième.
Type de Meudon près de Paris 100 68
Type de Fécamp 92 62
Type de la Loire 100 72
Type du Beausset (Var) 100 85

     Coquille cordiforme, aussi longue, ou un peu plus longue que large, renflée plus ou moins suivant les échantillons et les lieux, élargie et sinueuse en avant, rétrécie en arrière, dont la hauteur varie des 62 aux 85 centièmes de la longueur, mais dont le grand diamètre transversal est toujours au tiers antérieur. Dessus arrondi en avant et de là décrivant une courbe régulière jusqu'à l'aréa anale, tronquée et évidée de manière à ce que la partie la plus saillante soit en haut de l'aréa, le sommet est à peine excentrique un peu en avant, et la partie la plus haute est généralement au sommet. Le pourtour est arrondi et à la base. Dessous un peu convexe, surtout en arrière. Sillon antérieur également creusé partout du sommet à la bouche. Bouche bilobée, généralement placée au cinquième antérieur, mais quelque fois plus en avant. (Les exemplaires de Meudon). Anus ovale, longitudinal, placé au sommet d'une aréa évidée et très prononcée. Ambulacre impair aussi large et profond que les autres, peu creusé, droit, formé de zones étroites, de pores ovales transverses, séparés par un bourrelet et conjugés. Ambulacre pairs inégaux, les plus longs antérieur, tous peu excavés, droits, élargis près de leur sommet. Formés de zones égales, dont l'intervalle plus large que les zones est remarquable par les deux bourrelets rugueux qu'il forme en dedans des zones. Les pores sont égaux, obliques et ovales, fortement conjugés entre eux, et pourvus d'une ligne de granules en dessus. Tubercule, très-inégaux plus gros en dessous, séparés par beaucoup de granules. Le fasciole très-large, très-visible forme comme un carré long transverse.

     Rapports et différence. Voisine du Micraster Michelini, cette espèce dans toutes ses variétés s'en distingue toujours, par sa forme moins allongée, presqu'aussi large que longue, par son aréa anale évidée, dont la partie la plus saillante est en haut, par son sommet moins excentrique, par sa région supérieure plus haute au sommet, pas son sillon également creusé sur toute sa longueur, par ses ambulacres moins creusés, par les zone des ambulacres paires égales en largeur, par les bourrelets couverts de granules entre les pores et la suture qui unit les plaques ambulacraires. Par les pores égaux, et enfin par son fasciole carré et non ovale. Les deux derniers caractères sont surtout ceux qui distinguent cette espèce de toutes, les autres, dans toutes les variétés locales si nombreuses.

     Observations. Les deux derniers caractères constans dans tous les individus, sont pour nous les limites de l'espèce, car pour les autres ils sont très-variables suivant les localités, comme on a pu le voir aux dimensions, et comme nous allons les décrire. Cependant ces variétés considérées comme espèces, par Lamarck et MM. Agassiz et Desor, ne  consistent que dans la forme extérieure, tandis que tous les caractères zoologiques comme ceux des ambulacres et de leurs détails sont invariables, ce qui nous a fait réunir en une seule espèce toutes ces variétés accidentelles, qui tiennent évidemment aux milieux ou vivaient l'espèce, et à des âges différentes. Voici du reste ces modifications, suivant les grands basins maritimes de l'époque.

     Dans le bassin anglo-parisien. A Meudon près de Paris se trouve un beau type qui a pour caractères distinctifs, d'avoir souvent la bouche près du bord antérieur, et celà avec tous les caractères les mieux tranchés de l'espèce. C'est le cor-anguinum de Goldfuss. Dans les départements des Ardennes, de l'Oise, de la Somme, de l'Yonne, de l'Aube, de la Seine-Inférieure et en Angleterre, c'est le type parfait, cordiforme du Cor-anguinum des auteurs, et le Cor-testudinarium de Goldfuss. Lorsque des échantillons sont relevé et tranchants à la région postérieure, c'est le Rostratus de Mantell ; ils sont aussi souvent plus allongés que ceux des autres pays. Quand on se dirige du côté opposé du même bassin, dans la Sarthe, le Loir-et-Cher, et l'Eure, tous les individus qu'on rencontre sont généralement plus courts, tout  en ayant les mêmes caractères ; c'est alors le Gibus de Lamarck et de Goldfuss, le M. brevis de M. Agassiz.

     Dans le bassin Pyrénéen, nous trouvons des individus courts (brevis), et des individus cordiformes, allongés (cor-anguinum) à Périgueux (Dordogne), des individus cordiformes seulement à Cognac, à Saintes, à Meschers (Charente Inférieur), à Moutiers (Charente) ; des individus courts seulement à Mirambeau (Charente) ; à Tercis et dans le reste des Landes, on trouve la variété Cor-anguinum, et même la variété rostratus très-prononcée.

 

     Dans le bassin Méditerranéen, d'un côté, à Soulage, à Sougraigne (Aude), nous trouvons des formes courtes (brevis), des formes très-renflées (tumidus Agassiz), des types cordiformes (cor-anguinum), et des types élevés, carènes en arrière (rostratus) ; on ne trouve que le cor-anguinum, à Ayglun, et au Mas (Var), à la Palarca, près de Nice, (M. Caillaud), et la variété courte, renflée au Beauset (Var).

     En résumé ces variétés toutes locales, tantôt réunies sur un même point, et mélangées entre elles, ne peuvent constituer des espèces, puisque d'un côté on trouve tous les passages entre les formes extêmes, et que de l'autre, toutes ces variétés ont les mêmes caractères essentiels de l'espèce.

     Histoire. Cette espèce est l'un des exemples fâcheux de la multiplicité des noms donnés à une seule et même espèce. Nommé cor-anguinum par Klein en 1734, elle reçut successivement les noms suivants, de tuberculatus, par Van Phels, en 1774 ; de cormarinum, par Parkinson, en 1811. Schlotheim, en 1813, l'appela corculum ; Larmarck, en 1816, ajouta les noms de gibus, de spatangus, et de punctatus ; Mantell, en 1822, l'appela rostratus ; Defrance, en 1827, aux noms connus ajouta ceux de bituricensis et d'anticus ; Risso, en 1826, celui de Requieni ; Goldfuss, celui de cor testudinarium ; en 1836, M. Agassiz la conserva sous trois des noms connus. M Gratteloup, en 1836, en fit son cor-avium ; en 1810, M. Agassiz la plaça sous quatre noms, parmi lesquels un nouveau, celui de cordatus. M. Sismonda y ajouta le nom de latus ; enfin, en 1847, M. Agassiz ajouta le nom de brevis. Ainsi cette espèce aurait été figurée ou décrite sous seize noms différents. On voit qu'il était temps de discuter ses caractères.

     Localité. C'est le type le plus certain pour reconnaître partout notre 22e étage sénonien, ou l'équivalant de la craie blanche de Meudon près de Paris. Voici au reste les localités certaines ou nous l'avons recueillie.

     Dans le bassin anglo-parisien, à Meudon (Seine-et-Oise) ; à Beauvais (Oise) ; dans la Somme ; dans les Ardennes à Retheil, dans la Seine-Inférieure, à Ciqueport, à Etretat, à Fécamp, à Dieppe, au Tréport ; dans l'Yonne, à Sens, à Seigneley, à Joigny, à Villeneuve sur Yonne ; dans l'Eure, à Châteaudun ; dans la Sarthe, à Saint-Frambault, aux Roches, à Vendôme ; dans le Loir-et-Cher, à Couture, à Villiers, à Blois ; dans l'Indre-et-Loire, près de Tours. En Angleterre, à Woolwich, à Rochester, à Brighton.

     Dans le bassin pyrénéen, nous l'avons recueilli, à Périgueux (Dordogne) ; à Moutiers, à Cognac (Charente) ; à Mirambeau, à Coze, à Meschers, à Saintes (Charente-Inférieure) ; à Tercis, à Rivière, près de Dax (Landes) ; à Mauléon, Magnoac (Hautes-Pyrénées), à Bidart, (Basses-Pyrénées).

     Dans le bassin méditerranéen, à Soulage, à Songraigne, (Aude) ; à Ayglun, à Mers, au Beausset (Var) ; à Strehlem, (M. Geinitz), en Scanie, en Allemagne, etc.

     Explication des figures. Pl. 867, fig. 1, type du cor-anguinum de grandeur naturelle, vue en dessus ; fig. 2, dessous ; fig. 3, profil longitudinal ; fig. 4, profil transversal, vu du côté de la bouche ; fig. 5, le même du côté opposé ; fig. 6, système des plaques génitales et ocellaires grossi ; fig. 7, ambulacre impair grossi ; fig. 8, ambulacre pair antérieur grossi. - Pl. 868, fig. 1, variété brevis, la plus renflée, du Beausset, vue en dessus ; fig. 2, la même de profil ; fig. 3, moule intérieur en silex vu en dessous ; fig. 4, le même vu de profil ; fig. 5, une partie de l'extrémité extérieure d'un ambulacre pair grossi, avec ses plaques interambulacraires ; fig. 6 et 7, tubercules et granules grossis ; fig. 8, 9 et 10, baguettes grossies. De notre collection.

 

Extrait planches 867 & 868

 

 
 

Micraster coranguinum (Leske,1778) - Kent, Grande Bretagne, 51 mm

 
 
 
 

Micraster cortestudinarium (Goldfuss,1826)

 
 

description de l'espèce par Lambert

Essai d'une monographie du genre Micraster et notes sur quelques échinides, 1895, p.174

 

MICRASTER CORTESTUDINARIUM, Goldfuss (sub Spatangus), 1826.

     Goldfuss a établi cette espèce pour un Spatangue qu'il signale dans la craie de Maëstricht, de Quedlinbourg et de Coesfeld (Petref. Germ., p. 156). La synonymie qu'il en a donnée est notoirement erronée et s'applique principalement au M. coranguinum, Klein ; il faut peut-être en excepter seulement les figures 5, 5, planche V, de Breynius.

     L'auteur allemand a figuré deux variétés de son espèce : l'une, dite lata, est large, étalée, à sommet un peuexcentrique en arrière ; j'autre, oblonga, un peu plus allongée, a ses ambulacres proportionnellement un peu plus courts (pl. 48, fig. 5, a, b, c, et fig. 5, d).

     Le M. cortestudinarium a été interprété de deux manières très différentes par les géologues allemands et français. Les premiers ont pris pour type de l'espèce des échantillons recueillis aux localités allemandes indiquées par l'auteur des Petrefacta Germaniae, et on cherché à les rattacher aux figures données. Les auteurs français ont, au contraire, pris pour type exclusif de l'espèce de Goldfuss des échantillons de la craie de Normandie qui leur ont paru identiques aux figures de la planche 48, sans se préoccuper des types recueillis en Westphalie. De là une divergence complète dans l'interprétation de l'espèce, car les deux types, allemand et français, appartiennent à deux formes distinctes de niveaux différents.

     Bayle, qui a déjà examiné cette question, a pensé que l'interprétation allemande devait être préférée et il a donné à l'espèce des géologues français et anglais un nom nouveau. J'estime comme lui que notre espèce normande, universellement conue sous le nom de M. cortestudinarium, est différente du vrai M. cortestudinarium et je la désigne plus loin sous le nom de M. decipiens.

     Je réserve exclusivement le nom de M. cortestudinarium aux formes allemandes et je réunis aux deux types figurés par Goldfuss l'échantillon subconique, exceptionnellment déclive en arrière, provenant du Pläner de Weddingen, dont Wright nous a donné une figure dans sa Monographie des Echinides crétacés d'Angleterre (pl. 76, fig. 1). En revanche, Quenstedt a rapporté à l'espèce de Goldfuss de petits échantillons du Pläner de Strehlen (Saxe) évidemment différents et qui ne paraissent pas pouvoir être séparés du M. breviporus. (Die Echin., p. 647, pl. 87, fig. 31.)

     M. de Grossouvre et moi devons à la bienveillance de M. Fric la communication de clichés de planches des Echinides de la craie de Bohême. L'une de ces planches donnera d'excellentes figures du M. cortestudinarium, Goldfuss, qui se retourve dans cette région.

 

     J'ai sous les yeux un assez bon échantillon du vrai M. cortestudinarium provenant du Mittlerer Pläner de Steinlah, près Salzgitter. C'est une espèce d'assez forte taille (long. 57 mill., larg. 54, haut. 32), large, assez renflée, à sillon antérieur peu profond, à apex légèrement excentrique en avant et ayant sa plus grande hauteur un peu en arrière du sommet apical ; carène postérieure atténuée, peu déclive, face inférieure à bords arrondis et plastron saillant ; périprocte élevé, péristome éloigné du bord, à lèvre sternale faiblement proéminente ; fasciole étroit, mais distinct. Ambulacres médiocrement excavés, les antérieurs pairs relativement très développés, longs et droits (34 p. 100 de la longueur), avec trente-quatre paires de pores ; les postérieurs proportionnellement très longs (27 p. 100), avec vingt-neuf paires de pores ; zones interporifères d'apparence lisse, très finement granuleuses, sillonnées par les sutures des assules porifères, surtout par la médiane qui forme une sorte de sillon central, étroit. - Ambulacre impair peu différent des autres, plus étroit, avec pores inégaux, les internes ronds, les externes oblongs.

     Le M. cortestudinarium diffère nettement, par sa forme générale, le développement de ses ambulacres et la disposition des pores de son ambulacre impair, des M. decipiens et M. coranguinum. Il est plus voisin des M. brevis, M. corbaricus et M. icaunensis. Le premier est plus court, plus renflé, a ses ambulacres moins profonds et est ordinairement dépourvu de fasciole. Le second est aussi plus étalé, avec sommet plus central, sillon antérieur plus atténué, plastron moins saillant et plaques ambulacraires très différentes, plus basses et plus serrées. Quant au M. icaunensis, sa forme est plus gibbeuse, ses ambulacres sont plus courts, plus inégaux, avec pores bien plus serrés. Le M. Gosseleti est relativement plus large, plus renflé ; ses ambulacres sont plus superficiels et plus étroits, son apex est plus central. On confondrait peut-être plus facilement le M. cortestudinarium avec le M. Normanniae, en raison de leur forme commune allongée, si les caractères de leur ambulacre impair et les proportions relatives de leurs ambulacres pairs n'établissaient entre les deux espèces des différences caractéristiques. M. cortestudinarium appartient d'ailleurs à un horizon inférieur à celui de la plupart des espèces précédentes et à des couches synchroniques de notre Turonien supérieur.

 

 
 

Micraster cortestudinarium (Goldfuss,1826) - Grande Bretagne, Sussex, 60 mm

 
 
 
 

Micraster decipiens (Bayle,1878)

 
 

description de l'espèce par Valette

Révision des échinides fossiles de l'Yonne, 1905, p.360

 

Micraster decipiens Bayle (sub Spatangus) 1878.

Spatangus decipiens Bayle, Fossiles principaux des terrains pl. 156, fig. 1-2. - Micraster decipiens Lambert, Essai d'une Monog. du genre Micraster, p.217.

     Cette espèce a été distinguée pour la première fois par Bayle en 1878, dans son Atlas des Fossiles principaux des Terrains, pl. 156, fig. 1-2. Il lui avait donné le nom de Spatangus decipiens. S'il a placé ce Micraster dans le genre Spatangus, c'est parce qu'il avait cru devoir reprendre pour ce type le nom sous lequel Klein l'avait désigné. Celui-ci avait, en effet, cité comme première espèce le Spatangus coranguinum. Pour Bayle c'était donc le type des Spatangus. En conséquence il mettait le genre Micraster Agassiz en synonymie. Mais les Spatangus, avant Klein, ayant eu toujours pour type une espèce vivante de la Méditerrannée, pour les uns, le Spatangus purpureus et pour les autres le Schizaster canaliferus, la proposition de Bayle n'était pas acceptable. Aussi n'a-t-il pas été suivi dans sa tentative.

     Le Micraster decipiens est une espèce d'assez forte taille, avec un sillon antérieur peu profond et plus large que celui du M. coranguinum qui échancre faiblement le pourtour. Sa face supérieure assez renflée est large en arrière avec une carène. L'apex est excentrique en avant, avec le sommet un peu en arrière. A la face inférieure le sillon antérieur se creuse pour recevoir le péristome qui est assez éloigné du bord ; la lèbre sternale est moins saillante que dans le M. coranguinum. Le périprocte est placé au haut de la face postérieure. L'ambulacre impair est, comme dans le M. coranguinum, composé de pores ronds, petits, séparés par un granule, et placés au fond d'une dépression du test. Les ambulacres paris sont très différents par leurs pores plus développés et inégaux ; ils sont relativement courts, surtout les postérieurs. Leurs zones interporifères sont composées de bourrelets granuleux, séparés par un sillon médian bien prononcé.

     Cette espèce avait été pendant longtemps confondue avec le Micraster cortestudinarium Goldfuss. Mais Bayle a prouvé que le type allemand de Goldfuss était bien

 

différent de l'espèce rencontrée n France et en Angleterre. Il a donc créé son Spatangus decipiens. M. Lambert a adopté la manière de voir de Bayle, mais en reportant l'espèce parmi les Micraster (Essai d'une monographie du genre Micraster, p. 217).

     M. Lambert a comparé le M. decipiens avec le M. coranguinum qui en est voisin par l'ensemble de ses caractères et par son ambulacre impaire à pores ronds. Mais "le M. decipiens en diffère par son apex plus excentrique en avant, son sillon antérieur plus large, surtout son péristome plus éloigné du bord, muni d'une lèvre sternale moins saillante, laissant découverte une partie de l'ouverture. Il se distingue facilement des M. cortestudinarium, M. rostratus, M. gibbus par les caractères de son ambulacre impair". (op. cit. p. 168).

     Le Micraster decipiens se rencontre toujours à un niveau un peu inférieure à celui qui est caractérisé par le M. coranguinum. Dans l'Yonne, M. Lambert l'a signalé à Saint-Julien-du-Sault, Thèmes, Villeneuve-sur-Yonne, dans la zone F, qu'il a reportée à la partie tout-à-fait supérieure du Turonien. Il est encore dans la zone G, à Etigny et Rosoy ; dans le zone H à Rosoy, Maillot, Malay et Cerisiers.

     Localités. - Etage coniacien. - Rosoy, Maillot, Malay, Cerisiers, zone H ; Etigny, Rosoy, zone G.

     Etage angoumien. - Saint-Julien-du-Sault, Thèmes, Villeneuve-sur-Yonne, zone F.

 

 

 
 

Micraster decipiens (Bayle,1878) - Coniacien, Pas-de-Calais, 58 mm

 
 

Micraster douvillei Lambert,1920 - Santonien, Espagne, 47 mm

 
 

Micraster glyphus Schlüter,1869

 

description de l'espèce par Lambert

Essai d'une monographie du genre Micraster et notes sur quelques échinides, 1895, p.209

MICRASTER GLYPHUS, Schlüter, 1869.

     M. Schlüter a établi cette espèce dans ses Echinodermen des Nördlichen Deutschlands (p. 13, pl. I, fig. 2 ; 1869) pour un grand Micraster de la craie à Belemnitella mucronata de Coesfeld et de Darum (Westphalie). Le type est de grande taille (longueur, 76 millimètres ; largeur, 76 ; hauteur, 37), plutôt déprimé, nettement polygonal, à face postérieure rentrante, avec sillon antérieur étroit et très profond. Péristome très excentrique en avant, avec labrum très saillant. Ambulacres pairs longs et profonds, à zones interporifères larges et finement granuleuses ; pores nombreux paraissant s'élever à I, 33, et II, 40 ; ambulacre impair différent des autres, à pores égaux, arrondis.

     Pour bien comprendre l'espèce, il convient de remarquer que le type figuré est exceptionnel, encore plus sinueux que la moyenne, et que le dessin des ambulacres n'est pas parfaitement exact. Grâce aux bienveillantes communications de MM. Arnaud et de Grossouvre, j'ai sous les yeux plusieurs échantillons de la craie de Coesfeld déterminés par M. Schlüter lui-même. L'un mesurant 65 millimètres de longueur, est un peu moins anguleux que le type ; les pores de ses ambulacres sont moins serrés, au nombre, dans l'antérieur pair, de 33 au lieu de 40 ; les ambulacres eux-mêmes sont plus droits. Mais la forme générale déprimée, la profondeur du sillon antérieur qui s'étend de l'apex au bord, la longueur même des ambulacres pairs, l'ambitus subpolygonal du test restent des caractères fixes, spéciaux à l'espèce de Coesfeld. Deux autres individus mesurent 70 millimètres de longueur : l'un reproduit très exactement la physionomie du type ; l'autre est plus allongé, plus cordiforme, plus rétréci en arrière, moins polygonal, et ses ambulacres, un peu moins profonds, montrent pour I, 30, et pour II, 38 paires de pores ; c'est la même proportion que chez l'échantillon figuré, et elle indique que le développement relatif des ambulacres postérieurs est un caractère spécifique.

     Par sa grande taille, sa forme polygonale déprimée, la profondeur de son sillon antérieur et de ses sillons ambulacraires, le M. glyphus s'éloigne absolument de tout ce que l'on a confondu en France sous son nom et aussi du M. Brongniarti, même de la variété dite pseudoglyphus. Je propose, en conséquence, de nommer M. marginalis, Arnaud (Bull. S. G. d. F., 3e série, t. XV, p. 28), le prétendu M. glyphus des Charentes, et j'adopte pour ceux de Ciply, de Reims et de Meudon le nom de M. pseudoglyphus donné à ces Micraster par M. de Grossouvre (in letteris).

 

     Note. - M. de Grossouvre m'a communiqué un autre grand Micraster de la craie à Bel. quadrata de Peine (Hanovre), d'une conservation un peu précaire, mais qui est beaucoup plus voisin du M. glyphus que les formes précédentes. Il en diffère cependant par plusieurs caractères et je crois devoir, au moins provisoirement, lui conserver le nom de Schloenbachi, sous lequel M. Desor l'avait jadis déterminé dans diverses collections. Si ce nom n'a jamais été publié, il a été cependant mentionné par M. Cotteau, qui avait cru d'ailleurs pouvoir réunir l'espèce au M. glyphus, Schlüter (Echin. du Hainaut. - Bull. S. G. d. F., 3e série, t. II, p.657 ; 1875).

     Espèce de grande taille (longueur, 68 millimètres ; largeur, 65 ; hauteur, 32), remarquable surtout par son ambitus nettement cordiforme, sa face supérieure peu élevée, rétrécie et subacuminée en arrière, sa face postérieure verticalement tronquée, son apex excentrique en arrière, la largeur et la profondeur de ses sillons ambulacraires. Le nombre des paires de pores paraît être de 32 dans l'ambulacre pair antérieur ; les zones interporifères sont finement granuleuses, mais les granules un peu plus gros, qui se développent au bord adoral de chaque plaque dans la partie porifère, conservent une tendance à prolonger leurs lignes dans l'espace interporifère. Le sillon antérieur, médiocrement creusé en dessus, devient abrupte et très profond à l'approche de l'ambitus. Le péristome marginal est muni d'une lèvre très saillante qui le recouvre en s'avançant jusqu'au sillon antérieur.

     Le M. Schloenbachi a été l'objet d'une certaine confusion de la part de plusieurs auteurs qui l'ont réuni au M. glyphus, Schlüter, espèce polygonale, plus large, surtout en arrière, avec sillon antérieur plus profond en dessus, échancrant encore davantage et plus brusquement l'ambitus. - M. Cotteau réunissait au M. Schloenbachi, sous le nom de l'espèce de Schlüter, les grands Micraster de la craie à Bel. quadrata de Ciply et de Michery. On ne saurait, à mon avis, maintenir ce rapprochement, car chez les échantillons de l'Yonne et du Hainaut les ambulacres pairs sont bien moins longs, bien moins excavés ; la face postérieure est rentrante, et ces caractères suffisent pour leur donner une physionomie très différente de celle des individus de Peine.

 

 

Micraster glyphus Schlüter,1869 - Campanien, Allemagne, 68 mm

 
 

Micraster gourdoni Cotteau,1869

 

diagnose de l'espèce par Cotteau

Echinides recueillis dans la province d'Aragon (Espagne) par M. Maurice Gourdon, 1889, p.5

N° 3. - Micraster Gourdoni, Cotteau, 1889.

Pl. 1, fig. 1 et 2.

     Espèce de grande taille, cordiforme, fortement échancrée et dilatée en avant, sensiblement rétrécie dans la région postérieure. Face supérieure renflée, conique, rapidement déclive en avant et sur les côtés, un peu plus olique en arrière. Face inférieure plane, arrondie sur les bords, légèrement déprimée dans la région antérieure, renflée sur l'aire interambulacraire impaire, marquée de deux protubérances apparentes. Face postérieure courte, tronquée, rentrante. Sommet ambulacraire excentrique en avant. Sillon antérieur bien prononcé à partir du sommet, disparaissant entièrement au tiers de son étendue, se montrant de nouveau, large, profond et anguleux, aux approches de l'ambitus, et se prolongeant jusqu'au péristome. Aires ambulacraires paires étroites, très creusées, fermées à leur extrémité, de structure à peu près identique, mais inégales dans leur dimension, l'aire antérieure impaire beaucoup plus courte que les autres, les aires antérieures paires plus longues et très divergentes, les aires postérieures un peu moins développées et beaucoup plus rapprochées. Zones porifères assez larges, placées sur les parois de l'excavation, composées de pores étroits, subanguleux, presque égaux, les internes un peu plus arrondis que les autres, unis par un sillon profond, disposés par paires transverses que sépare une côte granuleuse, au nombre de trente-huit à quarante dans l'aire ambulacraire antérieure impaire, de cinquante neuf ou soixante dans l'aire ambulacraire paire antérieure et de quarante-cinq à quarante-sept dans l'aire paire postérieure. Aux approches du sommet, les pores deviennent simples, très petits et difficiles à distinguer. Zone interporifère finement granuleuse, déprimée au milieu, un peu plus large que l'une des zones porifères. Au point où cesse l'excavation ambulacraire, les pores redeviennent simples, très rapprochés les uns des autres, séparés par un renflement granuliforme et disposés par paires obliques, espacées ; ils s'ouvrent dans de petites fossettes qu'il est souvent difficile d'apercevoir au milieu des tubercules et des granules. Tubercules finement crénelés et perforés, scrobiculés, abondants et serrés surtout vers l'ambitus, dans la région infra-marginale et sur le plastron interambulacraire, épars et plus écartés à la face supérieure. Granulation intermédiaire fine, délicate, serrée, le plus souvent homogène, quelquefois un peu inégale, notamment à la face inférieure. Péristome étroit, labié, très rapproché du bord, s'ouvrant à la base du sillon profond qui échancre l'ambitus. Périprocte allongé, peu distinct dans notre exemplaire, placé au sommet de la face postérieure. Appareil apical très granuleux, muni de quatre pores génitaux, les deux antérieurs plus rapprochés que les deux autres ; les plaques génitales paires postérieures se touchent par le milieu. Fasciole sous-anal, bien développé, entourant les deux protubérances de l'aire interambulacraire impaire.

 

     Nous rapportons à cette espèce deux exemplaires beaucoup plus petits ; ils sont relativement plus allongés ; leur face supérieure, moins sensiblement conique, est moins rapidement déclive dans la région postérieure ; leur face postérieure est plus courte et moins rentrante. Le sommet est un peu plus excentrique en avant, mais la structure du sillon antérieur et des aires ambulacraires, la forme et la position du péristome sont les mêmes, et il ne nous paraît pas possible, quant à présent, de les séparer du type.

     Hauteur du grand exemplaire, 51 millimètres ; diamètre antéro-postérieur, 84 millimètres ; diamètre transversal, 85 millimètres.

     Individu plus jeune : hauteur, 35 millimètres ; diamètre antéro-postérieur et diamètre transversal, 47 millimètres.

     Rapports et différences. - Cette belle espèce, la plus grande assurément du genre Micraster, se rapproche par l'ensemble de ses caractères et notamment par la structure toute particulière de son sillon antérieur, du M. aturicus, de la craie de Tercis, mais il s'en distingue très nettement par son aspect plus régulièrement cordiforme, par sa face supérieure plus élevée et plus conique, par sa face postérieure moins acuminée et dépourvue de carène, par son aire interambulacraire impaire moins saillante à la face inférieure, par ses aires ambulacraires beaucoup plus profondes et plus développées. Ce sont deux types appartenant à un même groupe de Micraster, mais certainement distincts.

     Localité. - Villacarli (Aragon). Assez rare. Etage sénonien supérieur.

     Coll. Maurice Gourdon.

Extrait planche 1, fig. 1 & 2

   

 

 

 

Micraster gourdoni Cotteau,1869 - Maastrichtien, Province de Llérida, Espagne, 51 mm

 
 

Micraster leskei Desmoulins,1837

 

description de l'espèce par Cotteau

Paléontologie française, terrains crétacés, p.215

N° 2166. - Micraster Leskei, d'Orb., 1853.

Pl. 869.

   

     Dimensions. Longueur totale, 10 millimètres. Par rapport à la longueur : largeur, 90 centièmes ; hauteur, 65 centièmes.

     Coquille ovale, oblongue, plus longue large, élargie et sinueuse en avant très-rétrécie et tronquée en arrière, dont la hauteur est des 65 centièmes de la longueur, et dont le grand diamètre transversal est aux deux septièmes antérieur. Dessus arrondi en avant, et de là décrivant une courbe régulière, jusqu'à l'aréa anale tronquée verticalement. Le sommet est juste au milieu de la longueur, et la partie la plus haute est en arrière du sommet. Le pourtour arrondi montre sa plus grande convexité à la base. Dessous peu convexe, seulement renflé en toit au milieu de la région postérieure. Sillon assez creusé près du sommet, mais peu profond de là jusqu'à la bouche. Bouche bilobée, placée aux deux septièmes antérieurs. Anus ovale, longitudinal, placé au sommet d'un aréa ovale, marquée autour de légères protubérances. Ambulacre impair aussi large et aussi profond que les autres, droit, formé de zones étroites, composées de pores ovales par paires obliques. Ambulacres pairs très inégaux, courts proportionnellement à l'ensemble, peu creusés, formés de zones très légèrement inégales, dont l'intervalle bien plus large que les zones, est lisse ou seulement pourvue de granules très petits sans protubérance. Les pores sont ovales, transverses, peu conjugués et munis de granules en dessus. Tubercules inégaux, plus gros en dessous. Le fasciole est étroit, un peu carré comme celui du M. cor-anguinum.

     Rapports et différences. Très-voisin du M. cor-anguinum, dont elle a le fasciole et la forme allongée des jeunes, cette espèce s'en distingue par sa forme plus allongée, plus oblongue, toujours plus déprimée, par son aréa anale, tronquée verticalement, par son sommet placé au milieu, par ses ambulacres bien plus courts, et par l'intervalle des zones aux ambulacres pairs, sans bourrelet. Enfin il diffère du M. michelini, par ses ambulacres plus courts et moins profondément excavés.

 

     Histoire. Considérée comme une variété du cor-anguinum de Leske, il en fit sa variété norvagicum. M. Des Moulins, en 1837, en citant la figure de Leske, en fit son Spatangus Leskei, en la séparant tout à fait du S. cor-anguinum. Trois ans plus tard, M. Agassiz donna à cette  espèce le nom de M. Breviporus, et nous croyons d'après des échantillons nommés par M. Agassiz, et appartenant à la collection de M. d'Archiac, qu'on doit encore y réunir son M. tropidatus. Le nom de Leskei ayant été imposé le premier, nous le conservons naturellement à l'espèce.

     Localité. Elle est propre, jusqu'à présent, à l'étage sénonien ou craie blanche. Nous l'avons recueillie à Fécamp, à Etretat, à Senneville à Dieppe (Seine-Inférieure) ; aux environs de Beauvais, de Méru (Oise) ; M. de Konninck l'a rencontré à Cypli (Belgique) ; M. d'Archiac à Vervins et à la Capelle (Aisne) ; M. Cotteau, aux Andelys ; M. Koekhlin, à Baudigni (Nord) ; M. Astier, à Caussols (Var).

     Explication des figures. Pl. 869, fig. 1, coquille de grandeur naturelle, vue en dessus ; fig. 2, dessous, fig. 3, profil longitudinal ; fig. 4, profil transversal, du côté de la bouche ; fig. 5, le même, du côté de l'anus ; fig. 6, ambulacres grossis ; fig. 7, zone de l'ambulacre pair antérieur grossie ; fig. 8, zone de l'ambulacre impair, grossie. De notre collection.

  

Extrait planche 869

   

 

 

 

Micraster leskei Desmoulins,1837 - Turonien, Seine Maritime, 46 mm

 
 

Micraster leskei Desmoulins,1837 - Turonien supérieur, Seine Maritime, 36 mm

 
 

Micraster cf. normanniae Bucaille,1883

 

description de l'espèce par Lambert

Essai d'une monographie du genre Micraster et notes sur quelques échinides, 1895, p.221

MICRASTER NORMANNIAE, Bucaille, 1883.

     Par sa forme générale et la plupart de ses caractères, ce Micraster, établi par Bucaille dans ses Echinides fossiles de la Seine-Inférieure (p. 14, pl. VI), est extrèmement voisin du M. breviporus. Il en diffère toutefois par sa forme moins allongée, un peu moins élargie en arrière, la troncature rentrante de sa face postérieure, ses pétales plus développés et surtout ses zones interporifères moins finement granuleuses, avec sutures des plaques bien apparentes.

     M. Parent (Descr. de quelques oursins nouv., p. 21 ; 1892), à l'exemple de Bucaille, considère le M. Normanniae comme une bonne espèce possédant des caractères propres. Ces caractères sont cependant très faibles, car la troncature rentrante de la face postérieure n'a pas une grande valeur ; on la retrouve chez certains M. breviporus, d'ailleurs absolument typiques. La granulation des zones interporifères a plus d'importance et peut, à la rigueur, légitimer le maintien de l'espèce de Bucaille, qu'il aurait peut-être été préférable de réunir à titre de variété du M. breviporus.

 

     Le M. Normanniae se distingue assez facilement du M. corbovis, qui est de plus grande taille et a ses ambulacres pairs flexueux avec zones interporifères lisses. Il est peut-être plus voisin du M. beonensis, Gauthier, mais en diffère par sa forme dprimée et allongée. On ne saurait le confondre avec le M. icaunensis, dont les pores de l'ambulacre impair sont inégaux, allongés dans les rangées externes. Le M. Normanniae ne paraît pas rare à la base de l'étage sénonien de Normandie, notamment à Dieppe, et a été cité dans diverses localités par MM. Bucaille et Fortin. M. Parent l'a mentionné dans le Pas-de-Calais et le Boulonnais ; l'espèce est beaucoup plus rare dans le S. E. du bassin et je n'en ai encore recueilli qu'un échantillon dans la craie F de Saint-Julien-du-Sault (Yonne), à la base de l'étége sénonien.

 

 

Micraster cf. normanniae Bucaille,1883 - Turonien, Aube, 42 mm

 
 

Micraster turonensis (Bayle,1878)

 

description de l'espèce par Lambert

Essai d'une monographie du genre Micraster et notes sur quelques échinides, 1895, p.212

MICRASTER TURONENSIS, bAYLE (sub Spatangus), 1878.

     Espèce depuis longtemps confondue avec les M. decipiens et M. brevis, séparés pour la première fois par Bayle, qui l'a figurée sans la décrire (Foss. princ. des terr., pl. 156, fig. 3, 4), en prenant pour type un échantillon de la craie de Villedieu.

     Espèce cordiforme, large, médiocrement échancrée en avant par le sillon antérieur, à péristome assez éloigné du bord et dont le labrum ne recouvre guère que la moitié. Ambulacres pairs bien développés, les postérieurs relativement longs ; pores nombreux, serrés ; à la taille de 50 millimètres, on en compte pour I, 29, pour II, 36, et pour III, 21. Pores de l'ambulacre impair variables, parfois subégaux, parfois un peu allongés dans les rangées externes, toujours conjugués.

     Ce Micraster a été plusieurs fois bien décrit et figuré :

Micraster cortestudinarium Cotteau (non Goldfuss) (Echin. de la Sarthe, p. 320, pl. 54 ; 1860).

     -                    -             Quenstedt (pars) (Die Echin., pl. 87, fig. 30 ; 1874).

Spatangus turonensis . . . .  Bayle (op. cit., pl. 156, fig. 3, 4 ; 1878).

Micraster      -                   de Lapparent (Foss. caract. des terr. second., pl. 19, fig. 23, 24 ; 1888).

    Rapports et différences. - Le M. turonensis diffère du M. decipiens par son sillon antérieur moins profond à l'ambitus, ses ambulacres bien plus développés, à pores beaucoup plus nombreux, les postérieurs proportionnellement plus longs, son ambulacre impair composé de pores plus serrés, conjugués à une certaine distance de l'apex et souvent inégaux, les externes plus grands que les internes. - Le M. brevis est plus renflé, bien plus élargi en arrière ; ses ambulacres paraissent chez le type plus excavés et son fasciole est toujours plus ou moins oblitéré. Son ambitus est moins cordiforme, son sillon antérieur moins profond, plus inégal en dessus, sa carène postérieure plus atténuée, son plastron moins saillant, sa face postérieure enfin est obliquement tronquée, un peu rentrante, et il me paraît impossible de confondre jamais l'espèce de la Westphalie avec celle de la Touraine. Ces deux Micraster occupent d'ailleurs dans la craie des niveaux fort différents. - Le M. corbaricus se distinguera toujours facilement de l'espèce de Villedieu par sa forme plus renflée, son sillon antérieur plus atténué, sa face postérieure plus fuyante, un peu rentrante, son ambitus moins cordiforme, ses ambulacres pairs plus droits, composés de pores encore plus nombreux et plus serrés. Ceux de l'ambulacre impair sont plus inégaux ; les externes encore plus nettement allongés à une moindre distance de l'apex. Le péristome, moins éloigné du bord, est plus ouvert, dépourvu de lèvre sternale saillante. Ces détails isolés seraient de faible importance, mais réunis ils impriment à chaque espèce une physionomie très différente.

     Le grand nombre et la belle conservation des échantillons de M. turonensis recueillis dans les carrières de Couture et de Villedieu permettent d'apprécier les variations individuelles de certains organes considérés comme très importants chez les Micraster. Ainsi l'apex est ordinairement typique et la génitale II, envahie par les hydrotrèmes, se développe au centre de l'appareil, en contact non seulement avec les trois autres génitales, mais avec les ocellaires II, III, IV, V. Cette disposition est celle que l'on retrouve habituellement  ches les diverses espèces de Micraster. Mais souvent il arrive que l'ocellaire IV cesse d'être en contact avec le madréporide ; plus rarement ce dernier touche I au lieu de V. Sur un autre échantillon, je vois même les cinq ocellaires former couronne au madréporide. Parfois, et le cas mérite d'être signalé en raison de l'importance exagérée accordée par certains auteurs à cette disposition, les deux génitales postérieures s'avancent davantage et interceptent complètement le contact du madréporide avec les ocellaires I et V.

   

     Normalement, l'ambulacre impair du M. turonensis est composé de pores subégaux, arrondis, dont les externes sont à peine plus ovales que les internes. Ces pores sont séparés par un petit granule dédoublé, très facilement caduc, qui disparaît vers la septième paire ; au delà, les pores, nettement conjugués, s'ouvrent dans un sillon marqué de rugosités granuleuses, visibles seulement sous un très fort grossissement (fig. 15). - Chez quelques échantillons cependant, les granules séparant les pores ont subsisté et l'ambulacre impair revêt la disposition de celui du M. coranguinum, bien que les zygopores demeurent toujours plus nombreux et plus serrés. - Chez d'autres individus, au contraire, le sillon qui relie les pores se creuse et les externes sont sensiblement plus grands, plus ovales que les internes. - Enfin parfois les pores deviennent hétérogènes, ceux de la rangée interne arrondis, ceux de la rangée externe transversalement elliptiques (fig. 16). On passe ainsi de l'ambulacre typique des Micraster à la formule de clui des Gibbaster sur une série d'individus du même niveau, de la même localité et incontestablement de la même espèce.

   

     Les ambulacres pairs, ordinairement assez profonds chez le M. turonensis, deviennent parfois presque superficiels ; plus rarement, ils sont profondément excavés.

     La forme générale permet de distinguer aussi un certain nombre de variétés :

     I. L'une normale, large, à sillon antérieur peu profond, conforme aux types de Bayle et de Cotteau ;

     II. L'autre polygonale, déprimée, à ambulacres ordinairement plus profonds ;

 

     On a toujours considéré le M. turonensis comme spécial à la craie de la Touraine et du Sud-Ouest ; mais cette opinion est, selon moi, fondée sur une erreur et sur ce fait que les M. turonensis de la craie blanche du bassin de Paris avaient abusivement reçu un nom spécial. D'accord avec M. Gauthier, je rapporte, en effet, à l'espèce de Bayle des échantillons recueillis par M. de Grossouvre dans la craie de Saint-Prest et un autre de la craie de Longsaulx, près Chartres. La présence ainsi constatée du M. turonensis dans la zone inférieure à M. coranguinum de Saint-Prest, immédiatement au -dessous de la craie à Marsupites, est un fait important pour la géologie et intéressant pour le classement des couches de la Touraine et du Sud-Ouest. Il me parait d'ailleurs impossible de ne pas rapporter encore au M. turonensis certains échantillons d'Elbeuf déterminés par feu Bucaille comme M. intermedius. (Voir plus loin la discussion de cette espèce.).

     Sous le nom de M. brevis, M. Arnaud (Crét. du S. O., p. 74 ; 1877) et Cotteau (Echin. du S. O., p.163 ; 1883) avaient autrefois réuni au Micraster des Corbières (M. corbaricus) une série d'échantillons du Coniacien des Charentes, rapportée depuis par M. Arnaud au M. turonensis, Bayle. Cette dernière attribution me paraît beaucoup plus exacte ; les véritables affinités du Micraster des Charentes sont bien avec celui de la Touraine et il n'offre que des rapports plus éloignés avec l'espèce des Corbières. La plupart des échantillons que je connais et dont M. Arnaud m'a communiqué une remarquable série constituent seulement une variété du M. turonensis, moins cordiforme, ordinairement plus renflée, à ambulacres plus étroits et péristome muni d'une lèvre sternale moins saillante.

     M. Arnaud me communique l'espèce des Rousselières (L1 inf.), Bedochau (L), Périgueux (L2 et M1), de Montassieu et de Cognac (M1). On remarque chez ces échantillons les mêmes variations qu'en Touraine. Ainsi sur un individu de Périgueux (L2), parfaitement conservé, les pores de l'ambulacre impair sont arrondis et égaux ; sur un autre (M1), les pores restent égaux jusqu'à la douzième paire, au delà ceux des rangées externes s'allongent sensiblement et deviennent elliptiques. Plusieurs échantillons sont renflés, avec ambulacres superficiels (Jonzac, L2) ; quelques-uns, au contraire, cordiformes, allongés, à carène postérieure saillante (Périgueux, L2). Ces derniers sont incontestablement bien voisins du M. decipiens, dont ils se distinguent seulement par leurs ambulacres à pores plus nombreux et plus serrés. D'autres sont remarquablement subglobuleux (Cognac, M1). Ordinairement les ambulacres antérieurs sont droits ; ils sont cependant très flexueux sur un individu de Montassieu (L, M).

     Dans la série des Micraster subglobuleux de Cognac, on arrive à une forme extrême, fort curieuse, aussi large que longue et très haute (long. 50 millimètres, larg. 50, haut. 42). Le sillon antérieur est assez profond à l'ambitus ; la carène postérieure, assez proéminente ; l'apex excentrique en avant et le sommet très en arrière de l'apex. La face inférieure convexe, avec plastron renflé, a le péristome éloigné du bord, découvert. Les ambulacres sont assez profonds, longs et droits ; seuls les antérieurs pairs s'infléchissent un peu vers l'apex ; les assules ambulacraires sont nombreuses, longues et étroites, serrées ; on en compte, pour la partie pétaloïde, I, 35 ; II, 41 ; III, 28 ; la zone interporifère étroite, très accidentée, est creusée d'une rainure médiane, bordée de bourrelets granuleux. L'ambulacre impair, plus étroit que les autres, est composé de pores hétérogènes : les 14 dernières paires du côté de l'apex sont formées de pores encore égaux, arrondis, séparés par un granule ; les pores suivants, conjugués, sont inégaux, avec les externes plus développés, allongés. Fasciole sous-anal étroit, mais très distinct.

     Ce Micraster s'éloigne à première vue tellement du type M. turonensis que, s'il était isolé, personne n'hésiterait à l'en séparer. M. Gauthier, qui l'a examiné, pense que ce n'est ni le prétendu M. brevis des Corbières, ni le M. turonensis, ni son M. gibbus, et il incline à le rapprocher le l'Epiaster brevis, Schlüter. Mais ce dernier, qui est pour moi le véritable M. brevis, Desor, en diffère certainement par sa forme plus large, moins convexe en dessous, sa face postérieure plus rentrante, sa carène postérieure très atténuée, ses ambulacres plus courts, son fasciole sous-anal complètement oblitéré. Il suffit de comparer directement l'échantillon subglobuleux de Cognac à des individus de Paderborn pour s'assurer qu'on est en présence de deux espèces différentes. L'individu de Cognac ci-dessus décrit est peut-être plus voisin du M. corbaricus, mais il s'en distingue par sa face supérieure plus tourmentée, sa forme moins élargie en arrière, son sillon antérieur plus profond, son périprocte relativement plus élevé, ses ambulacres moins droits et surtout bien moins long. Je ne lui trouve, d'autre part, aucun caractère commun soit avec le vrai M. gibbus, Lamarck, soit avec mon M. senonensis. Si, au contraire, on rapproche cet échantillon anormal de Cognac d'autres Micraster de la même localité et du même niveau (M1) appartenant à la variété subglobuleuse du M. turonensis, on trouve entre eux une dégradation insensible des caractères du premier et l'on arrive à cette conviction que l'on est simplement en présence d'un échantillon exceptionnel, anormal, du M. turonensis.

 
 

Micraster turonensis (Bayle,1878) - Santonien, Picardie, 49 mm

 

Genre Diplodetus  Schlüter, 1900

Ueber einige Kreide Echiniden, p.364

Espèce type  Diplodetus brevistella Schlüter,1900

ibid.

Extension stratigraphique (bibliographique, non vérifiée) : Campanien - Paléocène

 
 

description (extrait, traduit) de l'espèce par Smith & Jeffery

extract from : Maastrichtian and maleocene echinoids : a key to world faunas

 

Genre diplodetus Schlüter, 1900

Espèce type. Diplodetus brevistella Schlüter, 1900, par désignation originale.

Diagnose. Test plus long que large, avec le point le plus haut postérieur au système apical. Ambulacre antérieur creusé adapicalement, mais l'entaille frontale est peu profonde ou absente à l'ambitus. Disque apical ethmophracte, avec quatre gonopores. Ambulacres pairs pétaloïdes avec des pores allongés, creusés à très creusés. Fasciole subanal présent ; fasciole péripétale aussi, bien que généralement représenté uniquement par une band diffuse ou partielle. Les espèces de Diplodetus de la région de Maastricht sont généralement trouvés sous forme de moulages en silex et, jusqu'il y a peu de temps, il était impossible de les identifier avec certitude. Le travail avec des moulages en caoutchouc siliconé a rendu la caractérisation et la détermination de ces espèces plus simple (Indeherberge et al. 1998).

Remarques. Diffère des autres micrastéridés à quatre gonopores par un test plus allongé avec le point le plus haut an arrière. De plus, Diplodetus diffère de Micraster par ses pétales plus étroits, plus courts et plus fortement creusés.

 
 

Diplodetus coloniae (Cotteau,1877)

 
 

description (extrait, traduit) de l'espèce par Smith & Jeffery

extract from : Maastrichtian and maleocene echinoids : a key to world faunas

 

Diplodetus coloniae (Cotteau, 1877)

1877 Cyclaster coloniae Cotteau, p.70, pl. 7, figs 33-34.
1892 Cyclaster coloniae Cotteau ; Nicklès, p. 110.
1907 Cyclaster coloniae Cotteau ; Lambert, p. 719.
1935 Isopneustes eysdenensis Smiser, p. 84, pl. 7, fig. 7.
1935 Isopneustes montensis Smiser, p. 84, pl. 7, fig. 8.
1960 Isopneustes coloniae (Cotteau) ; Poslavskaja & Moskvin, p. 74, pl. 6, fig. 4 ; text-fig. 25.
1975 Diplodetus coloniae (Cotteau) ; Plaziat et al., p. 643, fig. 10

Diagnose : Contour ovale ; peut présenter une très légère dépression antérieure. tronqué verticalement à l'arrière. Ambulacres pairs à peu près égaux en longueur ; les pétales antérieurs divergeant de 140-150 degrés. Le système apical positionné à au tiers antérieur de la longueur du test. La bouche à au quart antérieur de la longueur du test. Fasciole subanal. La présence du fasciole péripétale est incertaine.

Occurence : Paléocène (Cotteau 1877 ; Lambert 1907) et Thanétien inférieur et moyen (Plaziat et al. 1975) des Pyrénées françaises (M.N.H.N.) ; Maastrichtien d'Alicante, Espagne (Nicklès, 1892) ; Danien terminal "Calcaire Grossier" de Mons, Belgique (Smiser, 1935) ; Danien moyen et supérieur de Crimée (Poslavskja & Moskvin, 1960).

Remarques : Diffère de D. gauthieri et de D. parvistella de par ses pétales antérieurs divergents et un système apical positionné plus antérieurement.

 

Diplodetus coloniae (Cotteau,1877) - Thanétien inférieur, Haute Garonne, 34 mm

 

Genre Isomicraster  Lambert, 1901

Monographie du genre micraster, p.959, in de Grossouvre A. (1901) Recherches sur la Craie Supérieure.

Espèce type  Isomicraster stolleyi Lambert,1901 (désignation originale)

ibid.

Extension stratigraphique (bibliographique, non vérifiée) : Turonien - Campanien

 

description (succinte) du genre par Smiser

A monograph of the Belgian Cretaceous Echinoids, 1935, p.81

 

Subgenus Isomicraster Lambert.

     Differs from Micraster by the unpaired ambulacrum being more narrow than the others but having unequal pores as do the paired ambulacra and in the toatal absence of a distinct subanal fasciole.

 
 

Isomicraster stolleyi Lambert,1901

 
 

description (succinte) de l'espèce par Smiser

A monograph of the Belgian Cretaceous Echinoids, 1935, p.82

 

Isomicraster stolleyi Lambert (Micraster)

      Described and figured by Lambert (Mém. Mus. roy. d'His. nat. de Belg., vol. IV, p. 16, pl. 2 figs. 1-3), this elevated pointed summit form is very characteristic. Its superficial resemblance to Gibbaster belgicus is discussed below with the latter form. Il es most common in the Craie d'Obourg at Harmignies and Ciply but il also known through a few rare examples from the Craie de Trivière. It is undoubtedly a progressive continuation of its nar relative G. belgicus.

 

Isomicraster stolleyi Lambert,1901 , Campanien, Allemagne, 57 mm

 

Genre ovulaster  Cotteau, 1884

Espèce type  Ovulaster gauthieri  Cotteau,1884

par désignation originale, p.38

Extension stratigraphique (bibliographique, non vérifiée) : Maastrichtien - Danien

 

description (extrait, traduit) de l'espèce par Smith & Jeffery

extract from : Maastrichtian and maleocene echinoids : a key to world faunas

Genre ovulaster Cotteau, 1884

Espèce type. Ovulaster gauthieri Cotteau, 1884, par désignation originale.

Diagnose. Test de petite taille et globuleux avec une face inférieure arrondie. Le disque apical est ethmophracte avec quatre gonopores ; positionné antérieurement par rapport au centre. Les ambulacres pairs sont subpétaloides et égaux en taille. L'ambulacre antérieur a des paires de pores de petite taille ; égaux ou seulement légèrement enfoncés au niveau de l'ambitus. Le plastron est amphisterne avec des plaques labrales et sternales longues et étroites. Le péristome est ovale et petit ; non labié et regardant vers le bas. Le fasciole subanal est bien marqué.

Remarques. Facilement discernable de tous les autres micrasteridés par ses ambulacres pairs subpétaloides qui restent non creusés, et par sa bouche non labiée. Habanaster de l'Eocène de Cuba est un groupe voisin de Ovulaster. Habanaster en diffère en ayant des ambulacres pairs non pétaloides et seulement trois gonopores dans le système apical..

     Plusieurs espèces d'Ovulaster ont été décrites  et venaient de couches supposées Maastrichtiennes d'Algérie et de Tunisie (Cardiaster zignoanus d'Orbigny, 1854 ; Ovulaster gauthieri Cotteau, 1884 ; Ovulaster obtusus Cottreau in Blayac et Cottreau, 1909 ; Ovulaster auberti Gauthier, 1892). Sur la base des micro-fossiles associés, les occurences d'Ovulaster Tunisiens et certains Algériens ont été récemment redatés comme Coniaciens par Zaghbib-Turki (1979). Pour les le moment les occurences maastrichtiennes de ce genre en Afrique du Nord sont remises en question. Certaines de ces espèces ont aussi été trouvées dans les dépôts maastrichtiens en Turquie et en Géorgie. Malheureusement, nous n'avons pas examiné ces spécimens géorgiens ou turcs et la seule illustration qui existe est de mauvais qualité. Nous sommes cependant confiants dans le fait que Ovulaster monte dans le Maastrichtien, depuis que nous avons du matériel de ce genre provenant d'Espagne.

 

Ovulaster auberti Gauthier,1892

 

diagnose de l'espèce par Blayac

Echinides Maëstrichtiens de Bordj-Sabath, p.426

Ovulaster Auberti Gauthier

Pl. XIV, fig. 1-6.

     Les échantillons d'Ovulaster Auberti recueillis par M. J. Blayac sont intéressants car on peut y distinguer, outre la forme type décrite et figurée par Gauthier, une variété remarquable pour laquelle je propose le nom d'Ovulaster Auberti var sabathensis. Cette variété figurée, planche XIV, figure 4-6, est caractérisée par sa forme générale moins obtuse plus allongée ; la face supérieure a des côtés beaucoup plus déclives, la ligne de faîte est très carénée, surélevée près de l'apex et ne présente aucune courbure entre l'apex et le périprocte.

     La distinction de l'Ovulaster Auberti Gauthier et de l'Ovulaster Zignoanus d'Orb. = Ovulaster Gauthieri Cotteau d'après la ligne de faîte courbe chez le premier, horizontale chez le second, est sans valeur ; car chez les Ovulaster Auberti de Bordj-Sabath cette ligne varie depuis l'horizontalité à peu près parfaite jusqu'à une ligne de faîte très carénée, droite en passant par une carène moins accentuée formant une courbe conforme au type figuré par Gauthier. - Je considère comme plus importante la distinction des deux espèces basée sur le sillon ambulacraire impair qui se creuse nettement à l'ambitus chez O. Zignoanus d'Orb. tandis qu'il se creuse à peine chez Ovulaster Auberti Gauthier.    

 

     Dimensions :

Ovulaster Auberti forme type (éch. fig.). Ovulaster Auberti var. sabathensis (éch. fig.).
Diam. longitudinal .  .  .  32 mm. Diam. longitudinal .  .  .  31 mm.
Diam. transversal .  .  .  .28 mm. Diam. transversal .  .  .  .25 mm.
Hauteur .  .  .  .  .  .  .  .  26 mm. Hauteur .  .  .  .  .  .  .  .  29 mm.
 
Niveau : Maëstrichtien. - Localités : Bordj-Sabath, Medjez-Amar (Algérie).

Extrait planche XIV

   

 

 

Ovulaster auberti Gauthier,1892 , Coniacien, Alicante, Espagne, 22 mm

 
 

Ovulaster auberti Gauthier,1892 , Coniacien, Alicante, Espagne, 26 mm

 
 

Ovulaster auberti Gauthier,1892 , Coniacien, Alicante, Espagne, 27 mm

 
 

Ovulaster auberti var. Sabathensis Blayac,1909, Coniacien, Alicante, Espagne, 35 mm

 
 

Ovulaster gauthieri Cotteau,1884 , Maastrichtien, Alicante, Espagne, 18 mm

 
 
 

Ovulaster gauthieri Cotteau,1884 , Coniacien, Alicante, Espagne, 23 mm

 
 
 
 

Ovulaster gauthieri Cotteau,1884 , Coniacien, Alicante, Espagne, 27 mm

 
 
 
 

Ovulaster obtusus Cottreau & Blayac,1909

 

diagnose de l'espèce par Blayac

Echinides Maëstrichtiens de Bordj-Sabath, p.427

Ovulaster obtusus n. sp.

Pl. XIV, fig. 20-28.

     M. J. Blayac a recueilli à Bordj-Sabath, avec Ovulaster Auberti type et sa variété sabathensis, une seconde espèce pour laquelle je propose le nom d'Ovulaster obtusus.

Texte fig. I.

   

     Cette nouvelle espèce est de taille moyenne, à peu près aussi longue que large, tronquée à peu près verticalement en avant, rapidement déclive en arrière avec talon postérieur très obtus.

     La face supérieure a son point culminant en arrière de l'apex excentrique en avant et situé dans une légère dépression. La ligne de faîte entre l'apex et le périprocte est très courte (8mm environ) et fortement déclive. - L'aire anale est mal délimitée par de très faibles nodosités.

     La face inférieure présente un plastron amphisterne court et bombé. Le labrum paraît, chez cette espèce, se composer de deux pièces, il devient oblique à la partie postérieure pour former le talon, les côtés sont très renflés.

     Les ambulacres superficiels ont les pores arrondis non conjugués, disposés par paires espacées. Les ambulacres antérieurs sont très divergents, les postérieurs, plus rapprochés. Seul l'ambulacre impair est logé dans un sillon qui ne devient sensible qu'à l'ambitus et près du péristome. L'appareil apical subcompact présente quatre pores génitaux.

     Le péristome, beaucoup plus petit que le périprocte, mesure environ 2 mm. ; il est pentagonal et entouré de péripodes.

     Le périprocte ovale, situé au sommet de l'aire anale postérieure est remarquable par ses dimensions (4 mm. 1/2).

     La fasciole sous-anale entourant le talon est peu distincte sur les échantillons étudiés ; elle paraît être très étroite.

 

Dimensions de quatre échantillons :

Hauteur .  .  .  .  .  .  . 17 mm. 1/2 17 mm. 16 mm. 1/2 15 mm. 1/2
Diamètre transversal 20 mm. 18 mm. 17 mm. 1/2 16 mm.
Diamètre longitudinal 20 mm. 19 mm. 18 mm. 17 mm.

 

    

     Rapports et différences. - Ovulaster obtusus se distingue immédiatement par sa forme générale d'Ovulaster Zignoanus d'Orb. ; par contre, elle se rapproche beaucoup d'Ovulaster Auberti Gauthier avec lequel M. Blayac l'a recueillie à Bordj-Sabath.

     Ovulaster obtusus iffère principalement d'Ovulaster Auberti par sa taille plus petite et plus trapue, ce qui entraîne notamment la réduction du labrum et des sternales du plastron. Le talon est très obtus. La fasciole est à peine visible si l'on regarde l'Echinide par la face supérieure.

     Le périprocte, très développé, est aussi rapproché de l'apex que chez Ovulaster Auberti.

     Ces différences, ne peuvent être attribuées au jeune âge, car je n'ai constaté aucune forme de passage entre ces Ovulaster et les Ovulaster Auberti typiques recueillis dans le même gisement.

     Niveau : Maëstrichtien. - Localité : Bordj-Sabath.

Extrait planche XIV

   

 

 

 

Ovulaster obtusus Cottreau & Blayac,1909 , Maastrichtien, Espagne, 20 mm

 
 

Ovulaster zignoanus (d'Orbigny,1854)

 

Diagnose originale de l'espèce par d'Orbigny

Paléontologie française, terrains crétacés, p.145

N° 2137. - Cardiaster Zignoanus, d'Orb., 1853.

Pl. 832.

     Dimensions. Longueur totale, 26 millimètres. Par rapport à la longueur : largeur, 75 centièmes ; hauteur, 75 centièmes.

     Coquille oblongue, très-bombée, tronquée et sinueuse en avant, très rétrécie et obtuse en arrière, d'un quart plus longue que large, dont la hauteur est des 75 centièmes, ou d'un quart de moins seulement que la longueur, et dont le grand diamètre transversal est au tiers antérieur de la longueur. Dessus très-élevé, tronqué presque verticalement en avant, ensuite formant presque une ligne droite anguleuse en toit en dessus, prolongé jusqu'à l'aire anale coupée obliquement, mais plane sans sillon ; la plus grande hauteur est placée bien en arrière du sommet ambulacraire ; pourtour arrondi, offrant son grand diamètre presque au milieu de la hauteur. Dessous presque aussi convexe que le dessus, également un peu anguleux en toit sur la ligne médiane, mais un peu moins sensible qu'en dessus, avec une très-légère dépression aux côtés de la bouche, mais avec un fort sillon en avant de celle-ci. Sillon ambulacraire impair très-large, fortement creusé de la bouche jusqu'à une petite distance du sommet, où il s'arrête brusquement et disparaît. Bouche petite, ronde, presque verticale, dans une dépression, et placée au cinquième antérieur de la longueur. Anus oval, placé presque en dessus, tout près de la partie supérieure, son aréa est plane, oblique en dessus, non circonscrite. Ambulacres peu distincts (au moins sur l'échantillon que nous avons étudié). Son sommet excentrique est au cinquième antérieur. Tubercules gros, nombreux et rapprochés en dessus et en dessous ; ils forment dessous, sur la ligne médiane une bande étroite. Nous la plaçons dans le genre Cardiaster, d'après la forme, car nous n'avons pu voir le fasciole, par suite de la mauvaise conservation de l'échantillon.

 

      Rapports et différences. Cette espèce se distingue de toutes celles qui précèdent par sa forme plus allongée, par sa face antérieure tronquée, par sa grande épaisseur, par son pourtour presque au milieu de la hauteur, et par son anus placé très-haut.

     Localité. M. de Zigno, à qui la science doit de si beaux travaux géologiques, l'a recueillie dans le 22e étage sénonien ou craie blanche des environs de Padoue, dans le Vicentin.

     Explication des figures. Pl. 832, fig. 6, Coquille de grandeur naturelle ; fig. 7, la même, grossie, vue en dessus ; fig. 8, la même, vue en dessous ; fig. 9, profil longitudinal, fig. 10, profil transversal, vu du côté de la bouche ; fig. 11, le même, vu du côté de l'anus. De notre collection.

  Extrait planche 832

   

 

 

 

Ovulaster zignoanus (d'Orbigny,1854), Coniacien, Murcia, Espagne, 22 mm

 

 
 

Genre Plesiaster  Pomel, 1883

Espèce type  Micraster peini  Coquand,1862

par désignation originale

Extension stratigraphique (bibliographique, non vérifiée) : Santonien - Paléocène

 
 

Diagnose originale du genre par Pomel, 1883

Classification méthodique et genera des échinides, p. 42

 

     MICRASTER Ag. (1847 non 1836). Cordiforme, proclive en avant, rétréci et élevé en arrière ; apex excentrique en arrière, il madréporide antérieur. Ambulacre pair simple clans un sillon échancrant le pourtour ; les pétales droits, à pores ronds, conjugués par un sillon, plus ou moins inégaux, déprimés. Un fasciole sous-anal entourant le talon. Péristome très labié, antérieur; périprocte au sommet d'une aréa postérieure; tubercules épars clans une granulation serrée et saillante. Type : M. coranguinum Ag. ; fasciole quelquefois atrophié dans M. gibbus Ag. Tous de la craie.

     Si on restitue ce nom aux schizaster des auteurs, auxquels il a été d'abord appliqué, il faudra le remplacer par un autre : PYCNASTER.

     Micraster Peinei Coq. ne diffère du type que par l'existence, en outre du fasciole sous-anal très nettement limité, d'un fasciole péripétale qui l'est un peu moins, mais qui n'en est pas moins évident et entoure l'étoile ambulacraire d'une zone continue ; c'est le représentant des brissopsis dans cette série, pour les fascioles ; on pourrait lui consacrer le nom de Plesiaster.

 
 

Plesiaster cavifer Schlüter,1900

 
 
 

Plesiaster cavifer Schlüter,1900 - Campanien, Sud Coesfeld, Münsterland, Nordrheinwestfalen, 49 mm

 
 
 

 

Genre Pseudogibbaster  Moskvin, 1983

Espèce type  Protobrissus akkajensis  (Moskvin & Poslavskaya,1959)

par désignation originale, Atlas of the Upper Cretaceous fauna of the northern Caucasus and Crimea (en cyrillique), p.290

Extension stratigraphique (bibliographique, non vérifiée) : Paléocène

 
 
 

Pseudogibbaster tercensis (Cotteau,1877)

 
 

description de l'espèce par Lambert

Essai d'une monographie du genre Micraster et notes sur quelques échinides, 1895, p.203

 

MICRASTER TERCENSIS, Cotteau, 1863.

     Cette espèce a été établie par M. Cotteau dans ses Echinides fossiles des Pyrénées (p. 216) pour un gros Micraster, assez fréquent dans le Danien de Tercis et antérieurement confondu avec des formes très différentes. Elle a été très complètement décrite et figurée par son auteur en 1877 (Echin. de la colonie du Garumnien, p. 69, pl. 17, fig. 29 à 32).

     Le M. tercensis est une espèce bien caractérisée par sa taille habituellement assez forte, sa forme courte, subglobuleuse, très renflée en dessus, gibbeuse en dessous, son sillon antérieur peu profond, ses ambulacres pairs droits, fortement et brusquement excavés, son ambulacre impair peu différent des autres, pétaloïde, composé de pores conjugués, inégaux, les externes allongés, enfin son péristome petit, enfoncé, éloigné du bord.

     L'examen d'un certain nombre d'échantillons permet de reconnaître que le caractère trop longtemps négligé de l'hétérogénéité de l'ambulacre impair n'a pas l'importance capitale, subgénérique, que certaines personnes voudraient maintenant lui accorder. Ce caractère se développe, en effet, avec l'âge et reste sujet, même chez les adultes, à de notables variations. J'ai sous les yeux un M. tercensis du Garumnien de Fabas (Ariège), à la taille de 30 millimètres, et chez lequel les pores externes de l'ambulacre impair, encore subcirculaires ne sont pas plus allongés que les internes. Il est certain cependant que ce jeune ne peut être séparé des adultes qu'on rencontre avec lui sur le même point.

 

     C'est, selon moi, le M. tercensis que, dès 1836, Grateloup a décrit et figuré sous le nom erroné de Ananchytes cordata (non Lamarck) (Ours. foss., p.166, pl. 11, fig. 7).

    Quelques années plus tard, Sismonda le cite encore de Tercis sous le nom, cette fois, de Micraster cordatus (non Agassiz) (Echinides foss. Nizza, p. 26 ; 1843).

     Desor, en le citant de nouveau à Tercis, l'a confondu avec le M. brevis (Catal. rais., p. 130 ; 1847), puis MM. Leymerie et Cotteau l'ont inscrit sous le même nom dans le Catalogue des Echinides fossiles des Pyrénées (p. 28 ; 1856), et ce dernier auteur l'a ensuite réuni à son M. cortestudinarium (Echin. Sarthe, p. 323 ; 1860).

     L'espèce est surtout connue de Tercis, où elle est rare ; elle est plus commune dans la Haute-Garonne ; M. Cotteau l'a signalée au Tuco et à Ausseing ; je la possède de Fabas ; M. de Grossouvre l'a recueillie à Saint-Croix-de-Volvestre et à Tourtouse (Ariège).

 

 
 

Pseudogibbaster tercensis (Cotteau,1877) , Thanétien, Haute Garonne, 54 mm

 
 
 
 

Pseudogibbaster tercensis (Cotteau,1877) , Thanétien, Haute Garonne, 50 mm

 
 
 
 

Pseudogibbaster tercensis (Cotteau,1877) , Thanétien, Haute Garonne, 53 mm

specimen avec ambulacres ressérés près de l'apex et ambulacre impair court (♀ ?)

 
 
 
 

Pseudogibbaster tercensis (Cotteau,1877) , Thanétien, Haute Garonne, 63 mm

specimen avec ambulacres ressérés près de l'apex et ambulacre impair court (♀ ?)

 
 
 
 

Pseudogibbaster tercensis (Cotteau,1877) , Thanétien, Haute Garonne, 57 mm

 
 
 
 

Pseudogibbaster tercensis (Cotteau,1877) , Thanétien, Haute Garonne, 53 mm

 
 


 
 

Genre Turanglaster  Solovjev & Melikov,1963

A new genus of the sea urchin Turanglaster from the upper cretaceous deposits of Turk Menia and Azerbaijan, p.44

Espèce type  Turanglaster nazkii Solovjev & Melikov,1963

ibid., p.44

Extension stratigraphique (bibliographique, non vérifiée) : Cretacé supérieur

 
 
 

Turanglaster nazkii Solovjev & Melikov,1963 , Coniacien, Alicante, Espagne, 22 mm

 
 
 

 

Sous-famille Cyclasterinae  Poslavskaja, 1964

description succinte : disque apical ethmophracte, 3 gonopores avec génitale 2 non perforée.

 

Genre Cyclaster  Cotteau in Cotteau & Leymerie, 1856

Catalogue des échinides fossiles des Pyrénées, p.345

Espèce type  Cyclaster declivus Cotteau, in Cotteau & Leymerie, 1856

ibid., p.345

Extension stratigraphique (bibliographique, non vérifiée) : Campanien - Actuel

Syn. 

  • Brissopneustes Cotteau, 1887, p.73. Espèce type : Brissopneustes villanovae Cotteau, 1887, p.74 ; synonyme subjectif plus récent

  • Isopneustes Seunes, 1888, p.793 (non Pomel,1883)

  • Palmeraster Sanchez Roig, 1949, p.268. Espèce type : Palmeraster palmeri Sanchez Roig, 1949 ; synonyme subjectif plus récent

 

 
 

Diagnose originale du genre par Cotteau & Leymerie

Catalogue des échinides fossiles des Pyrénées, 1856, p.345

 

XXXIIe Genre. - Cyclaster (1), Cotteau

     Test cordiforme. Sommet excentrique en avant. Ambulacres courts, inégaux ; l'aimpais non pétaloïde, placé dans un sillon éntérieur, composé de pores différents de ceux des autres ambulacres, conjugués et séparés par un tubertulc. Bouche transverse, bilabiée. Deux fascioles, l'un péripétale entourant régulièrement les ambulacres, l'autre sous-anal, formant un anneau placé à la base de l'extrémité postérieure. Intermédiaire entre l'Hemiaster et le Micraster, ce genre se distingue du premier par son fasciole sous-anal et du second par son fasciole péripétale.

(1) Κυχλος , cercle, αστηρ , étoile.

 

Cyclaster archeri (Tenison Woods,1867) - Miocène, Glen Forslan Form, Morgan Group, Australie du Sud, 39 mm

 
 
 
 

Cyclaster archeri (Tenison Woods,1867) - Miocène, Cadell marl lens, Morgan, Australie du Sud, 41 mm

 
 
 
 

Cyclaster aturicus (Seunes,1888)

 
 

diagnose de l'espèce par Seunes

Echinides crétacés des Pyrénées occidentales, 1888, p.797
 

Isopneustes aturicus, Seunes, 1888.

(Pl. XXVIII, fig. 3 a, b).

     Coquille de taille moyenne, obovée, plus longue que large, arrondie et élargie en avant, acuminée et tronquée en arrière.

     Face supérieure convexe obliquement déclive en avant, légèrement carénée en arrière de l'apex où elle possède sa plus grande hauteur, arrondie sur les flancs ; sillon antérieur peu indiqué au sommet, mais large et assez profond vers l'ambitus et à la face inférieure où il se prolonge jusqu'au péristome.

     Face inférieure subconvexe, arrondie sur les bords.

     Sommet excentrique en avant.

     Appareil apical recouvert de granulations abondantes, muni de trois gros pores génitaux.

     Aire ambulacraire impaire déprimée dans son étendue ; - Zones porifères droites, très étroites ; - Espace interzonaire très large, garnuleux ; - Pores très petits, égaux, arrondis, disposés par paires obliques ; les pores de chaque paire sont très rapprochés et séparés par un renflement granuliforme.

     Aires ambulacraires paires un peu plus déprimées au sommet que l'aire impaire ; - Zones porifères pétaloïdes, plus larges que celles de l'aire ambulacraire impaire ; pétales à peu près égaux ; - Espaces interzonaires granuleux, de même largeur que les zones porifères ; - Pores petits, ovales, moins rapprochés que ceux de l'aire impaire, disposés par paires légèrement obliques et séparées par une rangée de forts granules.

     Péristome transversal, labié, placé au quart antérieur dans une légère dépression du test et à l'extrémité inférieure du sillon antérieur.

     Périprocte subarrondi, petit, situé au sommet de l'aréa postérieur.

     Tubercules très petits, à peine scrobiculés, nombreux, à la face supérieure ; plus gros, très serrés et bien scrobiculés à la face inférieure.

     Zones miliaires recouvertes de granulations fines et abondantes.

     Fasciole péripétale continu et sinueux en arrière, diffus sur les côtés, nul en avant.

     Fasciole sous-anal bien indiqué.

 

dimensions de trois exemplaires

  A (type) B C
L : Largeur totale........................... 38mm cassé 36mm
l : Largeur........................................ 32 33 32
H : Hauteur...................................... 26 24 25
Rapports { l/L.............................. 0.888 0.868 ?
H/L............................ 0.722 0.631 ?

     rapports et différences. - Cette espèce est très voisine de Isopneustes Gindrei ; elle s'en distingue cependant par sa forme plus élargie en avant, sa face supérieure généralement plus déclive en avant, son sillon large entamant bien l'ambitus et la face inférieure, ses zones porifères plus régulièrement pétalées et plus rapprochées.

     gisement. - Danien.

     localités. - Tercis, Angoumé, Rivière (Landes) ; Estialescq (Basses-Pyrénées).

     Explication des figures. - Pl. XXVIII, fig. 3 a, b, c , (Echantillon de Rivière, - ma collection) ; - 3 a , face supérieure ;  3 b , face inférieure ; - 3 c  , vu de côté.

Extrait planche XXVIII

   
 
 

Cyclaster aturicus (Seunes,1888) - Paléocène, Alicante, Espagne, 33 mm

 
 
 
 

Cyclaster azemati Devriès,1972 - Oligocène, Espagne, Alicante, 43 mm

 
 
 
 

Cyclaster heberti (Nicklès,1892) - Maastrichtien, Espagne, 28 mm

 
 
 
 

Cyclaster heberti (Nicklès,1892) - Maastrichtien, Alicante, Espagne, 25 mm

 
 
 
 

Cyclaster munieri (Seunes,1888)

 
 

Diagnose originale de l'espèce par Seunes

Echinides crétacés des Pyrénées occidentales, 1888, p.18

 

Coraster Munieri, Seunes, 1888.

(Pl. XXIX, fig. 4 a, b, c.)

     Espèce de petite taille, ovoïde, renflée, déclive en avant, rétrécie en arrière.

Face supérieure obliquement déclive en avant, carénée en arrière de l'apex où elle possède sa plus grande hauteur, arrondie sur les flancs, tronquée en arrière ; - Sillon antérieur nul au sommet, rétréci et peu profond vers l'ambitus ; Aréa postérieur triangulaire, large à la base, arrondi sur les bords.

     Face inférieure bombée.

     Sommet excentrique en avant.

     Aire ambulacraire impaire légèrement déprimée ; - Zones porifères très étroites espacées convexes ; - Espace interzonaire large, aigu, rétréci aux extrémités, à peu près orné comme le reste du test ; - Pores petits, égaux, arrondis, disposés par paires très obliques et s'espaçant au fur et à mesure qu'elles s'éloignent du sommet.

     Aires ambulacraires paries à fleur de test ; - un peu infléchies, aiguës au sommet ; - Zones porifères très étroites, légèrement infléchies, espacées ; - Espaces interzonaires un peu moins larges que celui del' aire ambulacraire impaire, à peu près ornés comme le reste du test ; - Pores petits, arrondis et disposés comme ceux de l'aire ambulacraire impaire.

     Péristome petit, arrondi, labié, submarginal, placé à la base du sillon antérieur.

     Périprocte ovale, situé au sommet de l'aréa postérieur.

     Tubercules petits, nombreux, scrobiculés ; ceux de la face inférieure sont un peu plus développés.

     Fasciole péripétale sinueux.

 

dimensions de trois échantillons

  A (type) B C
L : Longueur totale........................... 21mm 21mm 18mm
l : Largeur........................................ 19 19 16.5
H : Hauteur...................................... 17 18 15.5
Rapports { l/L.............................. 0.904 0.901 0.916
H/L............................ 0.809 0.856 0.861

    Rapports et différences. - Cette espèce est voisine de C. Vilanovae, mais elle en diffère par sa face supérieure plus déclive en avant, plus carénée et un peu surélevée en arrière, son sommet plus excentrique en avant.

     Gisement. - Danien.

     Localités. - Lasseube, Estialescq, Labastide-Villefranche, etc. (Basses-Pyrénées) ; Calonque-Rivière (Landes).

     Explication des figures. - Pl. XXIX, fig. 4, a, b, c. (Echantillon de Calonque-Rivière ; - ma collection) ; - 4a, face supérieure ; - 4b, face inférieure ; - 4c, vu de côté.

Extrait planche XXIX

   
 
 

Cyclaster munieri (Seunes,1888) - Campanien, Landes, 29 mm

 
 
 
 

Cyclaster sp. - Maastrichtien, Haute Garonne, 52 mm

 
 
 
 

Cyclaster vilanovae (Cotteau in Leymerie & Cotteau,1886) - Paléocène, Alicante, Espagne, 20 mm

 
 
 
 

Cyclaster vilanovae (Cotteau in Leymerie & Cotteau,1886) - Paléocène, Orcheta, Alicante, Espagne, 18 mm

 
 
 

 

Genre Isaster  Desor, 1858

Synopsis des échinides fossiles, p.359

Espèce type  Isaster aquitanus Desor, 1858

ibid.

Extension stratigraphique (bibliographique, non vérifiée) : Maastrichtien - Paléocène

remarque : pas de fasciole chez ce genre, pas de sillon antérieur. 3 gonopores, rien sur la génitale 2. Pétales égaux.

Syn.

  • Ismidaster Boehm, 1927, p.194 ; espèce type : Ismidaster toulai Boehm,1927

 

Diagnose originale du genre par Desor

Synopsis des échinides fossiles, 1858, p.359

 

CXXXVIII. Genre. - ISASTER Desor nov. Gen.

     Oursins de moyenne taille, à pétales grèles et à fleur de test. Point de sillon antérieur. Appareil apicial compact. Périprocte infra-marginal. Point de fascioles.

     Des terrains crétacés supérieurs.

     Nota. L'espèce qui forme le type de ce genre a successivement figuré dans les genres Spatangus, Ananchytes, Micraster, Epiaster. Mais en réalité elle n'est à sa place dans aucun d'eux, et c'est ce qui nous engage à en faire le type d'un genre à part. Notre nouveau genre semble se rattacher aux Ananchytes par sa forme, par l'absence de sillon antérieur et par la position du périprocte ; mais il en diffère par ses ambulacres étroits et distinctement bornée, somme aussi par son appareil apicial compact. D'un autre côté, s'il se rapproche des Micraster par ces mêmes caractères, il en diffère par l'absence de sillon antérieur et par la position du périprocte.

     A certains égards, le genre Isaster peut donc être envisagé comme formant le passage entre les deux tribu, celle des Ananchydées et celle des vrais Spatangoïdes.

 

Isaster aquitanicus Desor,1858

 

Diagnose originale de l'espèce par Seunes

Echinides crétacés des Pyrénées occidentales, 1888, p.359

     Isaster aquitanicus Syn. Micraster aquitanicus Agass et Desor  Catal. rais. p. 130. - Syn. Spatangus aquitanicus Gratel. Ours. foss. p. 74. Tab. II. fig. 17. - Epiaster Aquitanicus d'Orb. Paléont. franç. Echin. p. 199. Tab. DCCCLXIII. - Ananchytes spatangiformis Roemer Kreigebeb. p. 35. Tab. VI. fig. 19. De forme allongée, très rétrécie et acuminée en arrière. Dessus convexe, présentant une courbe régulière. Sommet ambulacraire central, coïncidant aec le poins culminant. Côté postérieur tronqué obliquement, de façon que le périprocte n'est pas visible d'en haut. Pétales presque égaux, à peine déprimés.

     R. 56. T. 4.

     Craie blanche de Laplante-Montfort et Tercis (Landes).

     ? Craie de Coesfeld (Roemer).

     Mus. Paris, Coll. Greteloup, Des Moulins, Michelin, Delbos, d'Orbigny.

 
 

Isaster aquitanus Desor,1858  - Danien, Landes, 41 mm