Nucleolitidae

Agassiz & Desor, 1847

Genre type : Nucleolites Lamarck, 1801

Description succinte de la famille : En général plus large en arrière qu'en avant. Zones marginales arrondies et épaisses. Système apical tétrabasal. Pétales longs et ouverts, pores conjugués et pore externe élargi transversalement. Tubercules perforés et crénelés.

 

 


 

Genre   Nucleolites Lamarck, 1801

Système des animaux sans vertèbres, p.36

Espèce type  Nucleolites scutatus Lamarck, 1816  Animaux sans vertèbres, p.36

Extension stratigraphique (bibliographique, non vérifiée) : Bathonien - Cénomanien

Syn. 

  • Echinobrissus Gray, 1825, p.429 ; espèce type : Nucleolites scutatus Lamarck,1816, p.36 ; synonyme objectif

  • Lophopygus Pomel, 1883, p.57 ; espèce type : Nucleopygus cordatus Goldfuss,1826, p.441 ; synonyme subjectif plus récent

  • Cluniculus Pomel, 1883, p.57 ; espèce type : Nucleolites gracilis Agassiz,1840, p.44 ; synonyme subjectif plus récent

  • Holcoepygus Pomel, 1883, p.58 ; espèce type : Nucleolites elongatus Agassiz, 1840, p.44 ; synonyme subjectif plus récent

  • Acromazus Pomel, 1883, p.58,; espèce type : Echinobrissus burgundiae Cotteau,1871, p.259 ; synonyme subjectif plus récent

  • Clitopygus Pomel, 1883, p.58 ; espèce type : Echinobrissus lorioli Cotteau,1871, p.236 ; synonyme subjectif plus récent

  • Taphropygus Pomel, 1883, p.59 ; espèce type : Nucleolites subquadratus Agassiz,1839, p.41 ; synonyme subjectif plus récent

  •  Anthobrissus Pomel, 1883, p.60,; espèce type : Nucleolites cerceleti Desor in Ag. & Desor,1847, p.155 ; synonyme subjectif plus récent

  • ? Heteronucleus Lambert, 1911, p.184 ; espèce type : Heteronucleus peroni Lambert,1911 ; synonyme subjectif plus récent

  • Baudhuinipygus Vadet, 1997, p.76,; espèce type : Echinobrissus haimii Wright,1859, p.353 ; synonyme subjectif plus récent

 

diagnose originale du genre

Système des animaux sans vertèbres, Lamarck, 1816, p.36

Nucléolite (Nucleolites.)

Corps ovale ou cordiforme, un peu irrégulier, convexe.

Ambulacres complets, rayonnant du sommet à la base.

Bouche subcentrale. Anus au-dessus du bord,

Corpus ovatum vel cordatum, convexum, subirregulare.

Ambulacra quique, è vertice ad basim radiatim extensa, non interrumpta.

Os inferum, subcentrale. Anus supra marginem.

 

observations.

Les nucléolites, par la situation de l'anus, ressemblent beaucoup aux cassidules; mais celles-ci ont des ambulacres incomplets qui les distinguent, tandis que les ambulacres des nucléolites rayonnent du commet à la base.

Je n'en connais encore que peu d'espèce qui toutes se trouvent dans l'état fossile.

 

desctiption de l'espèce par Cotteau
Paléontologie française, terrain Jurassique, tome IX, p.280
 

Nucleolites scutatus Lamarck,1816

 

N° 62. - Echinobrissus scutatus (Lamarck), d'Orbigny, 1854.

Pl. 76 et pl. 77, fig. 1-5.

     Type de l'espèce : P. 8 ; P. 11. - Var. allongée, P. S.

     Espèce de taille moyenne, quelquefois un peu allongée, le pins souvent aussi large que longue et presque carrée, arrondie en avant, sub-tronquée et érnarginée en arrière; face supérieure plus ou moins bombée, toujours épaisse sur les bords; face inférieure pulvinée, concave au milieu. Sommet sub-central, rejeté un peu en avant. Aires ambulacraires pétaloïdes; aire ambulacraire antérieure droite et moins large que les autres, les postérieures plus lon­gues et sub-flexueuses. Zones porifères composées, à la face supérieure, d'une rangée de pores allongés, transverses, sub-virgulaires, et d'une rangée interne de pores plus petits et arrondis. Au-dessus de l'ambitus les zones porifères se rétrécissent insensiblement ; les pores deviennent plus petits, surtout dans la région infra-marginale ; ils sont séparés par un renflement granuliforme et disposés par paires obliques et espacées. Aux approches du péristome, les paires de pores sont plus nombreuses, plus serrées, et offrent une tendance à se grouper par triples paires. Tubercules relativement assez développés, scrobiculés, très-abondants notamment vers l'ambitus et sur les bords de la face inférieure, moins nombreux autour du sommet et du péristome, avec cette différence qu'ils sont plus petits près du sommet et plus gros en se rapprochant de la bouche. Péristome assez grand, pentagonal, quelquefois sub-transverse, granuleux sur les bords, muni d'un floscelle à peine apparent, excentrique en avant, s'ouvrant dans une dépression sensible du test. Périprocte grand, elliptique, situé à la face supérieure, dans un sillon large, profond, qui s'ouvre aux deux tiers environ de l'espace compris entre le bord postérieur et le sommet, se rétrécit un peu, puis s'évase, et, tout en s'atténuant, échancre fortement l'ambitus. Ce sillon légèrement obtus à sa partie supérieure est relié au sommet par une dépression qui, dans certains exemplaires, disparaît complètement. Appareil apical un peu plus long que large; les plaques génitales postérieures tantôt se touchent par le milieu, et tantôt paraissent séparées par une plaque complémentaire qui se développe sous la plaque madréporiforme.

     Hauteur, 18 millimètres ; diamètre transversal et antéro-postérieur, 33 millimètres.

     Variété allongée : hauteur, 17 millimètres ; diamètre transversal, 30 millimètres ; diamètre antéro-postérieur, 31 millimètres 1/2.

     L'E. scutatus présente quelques variétés que je vais signaler : te type de l'espèce est remarquable par sa forme presque carrée, son diamètre transversal égal au diamètre antéro-postérieur, son périprocte obtus à la partie supérieure et relié au sommet par une dépression très-atténuée, souvent presque nulle. Associée au type se rencontre très-fréquemment une variété allongée, et dont le périprocte moins large et plus aigu à sa partie supérieure est relié au sommet par une dépression plias prononcée. Quelques auteurs, notamment MM, Forbes et Wright, ont fait de cette variété allongée le type de l'E. dimidiatus (Clypeus dimidiatus, Phillips). Je ne puis adopter cette opinion : j'ai sous les yeux un grand nombre d'exemplaires de l'E. scutatus provenant soit d'Angleterre, soit des localités de France où cette espèce est très-abondante; la variété allongée et à périprocte plus étroit et plus aigu se rencontre fréquemment, mais les caractères qui la distinguent ne me paraissent pas suffisants pour en faire une espèce particulière ; nous trouvons des exemplaires intermédiaires qui établissent un lien entre les deux types, et nous engagent à les réunir, comme l'a fait M. Desor dans le Synopsis des Echinides fossiles. Je ne m'explique pas du tout comment M. Forbes et plus tard M. 'Wright, en admettant que la variété allongée constituât une espèce distincte, ont pris le Clypeus dimidiatus de Phillips comme type de cette espèce, car l'échantillon que Phillips a figuré, par sa forme générale, par son sillon anal obtus et par l'absence complète de dépression unissant le périprocte au sommet, se rapproche bien plus de la variété quadrangulaire que de la variété allongée.

 

 

     Rapports et différences. - L'E. scutatus est voisin par sa taille et sa forme générale de l'E. clunicularis ; il s'en distingue par sa face supérieure moins élevée, moins déclive en arrière, beaucoup plus épaisse sur les bords, par son périprocte situé dans un sillon plus large, plus obtus, échancrant plus fortement le bord postérieur, et relié au sommet par une dépression bien moins prononcée, par sa face inférieure plus pulvinée, par son péristome transverse et plus développé, par ses tubercules plus gros et entourés d'un scrobicule plus apparent. Ce sont deux espèces bien distinctes qu'il n'est pas .possible de confondre lorsqu'on les examine avec soin, et qui occupent du reste deux niveaux stratigraphiques bien différents. L'E. scutatus se rapproche également de l'E. micraulus. Cette dernière espèce cependant sera toujours reconnaissable, ainsi que nous l'avons dit plus haut, à sa forme plus allongée, moins épaisse sur les bords, moins pulvinée en dessous, à son péristome plus petit, et surtout à son périprocte s'ouvrant plus près du bord postérieur.

    Histoire. — Cette espèce, très-abondamment répandue en France et en Angleterre, parait avoir été figurée, en 1708, par Lang sous le nom d'Echinites cordatus, en 1732, par Breyn sous le nom d'Echinobrissus elatior, et en 1778 par Leske sous celui d'Echinites depressus, ce qui n'a pas empêché plus tard Lamarck de lui donner le nom de scutatus que la plupart des auteurs ont adopté. Comme les figures de Lang, de Breyn et de Leske peuvent laisser quelque incertitude, nous avons préféré conserver le nom beaucoup plus répandu de scutatus. En 1829, Phillips figure une variété de cette même espèce sous le nom de Clypeus dimidiatus. Nous avons indiqué plus haut les motifs qui nous engagent à réunir le Clypeus dimidiatus et l'E. scutatus. Le Nucleolites Goldfussi, établi en 1837 par M. Des Moulins, confondu longtemps, à tort, avec l'E. micraulus, n'est également qu'une variété de l'E. scutatus ; il en est de même du Nucleolites paraplesius. En 1854, d'Orbigny a replacé l'espèce qui nous occupe dans le genre Echinobrissus, en lui donnant le nom d'E. scutatus, qu'elle a conservé depuis.

     Localités. - Trouville , Villers-snr-Mer, Houlgate (Calvados); Vesaignes (Haute-Marne) ; Hauteville (Côte-d'Or) ; Launois (Ardennes); Ecommoy (Sarthe). Abondant.. Étage corallien infér.

     Toutes les collections.

      Localités autres que la France. - Bullington, Filey­Brig, Gristhorpe-Bay, Scarboroughcastle-Hill, Marcham, Faringdon, Étage oxfordien supérieur (Lower calcareous grit). Cabre, Nation. Étage corallien inférieur (coralline oolite). Abondant. Dévélier (Jura Bernois). Terrain à chailles.

     Explication des figures. - Pl. 76., fig. 1, E. scutatus, de Trouville, de ma collection, vu de côté; fig. 2, face sup. ; fig. 3, face inf.; fig. 4, région anale ; fig. 5, péristome grossi ; fig. 6, tubercules de l'ambitus grossis; fig. 7, autre exemplaire de petite taille, de ma collection, vu de côté ; 4. 8, face sup. ; fig. 9, région anale ; fig. 10, variété déprimée et à périprocte très-rapproché du sommet, de ma collection, vue de côté; fig. 11, face sup. ; fig. 12, région anale. — Pl. 77, fig. 1, var. un peu allongée, de ma collec­tion, de Trouville, vue sur la face sup. ; fig. 2, région anale ; fig. 3, variété très-allongée (E. dimidiatus), de Trouville, de ma collection, vue de côté ; fig. 4, face sup.; fig. 5, appareil apical grossi.

planches 76 et 77 (extrait)

 
 

Nucleolites scutatus Lamarck,1816 - Callovien moyen, Mortagne-au-Perche, Sarthe, 29 mm

 
 

Nucleolites micraulus Agassiz, 1839

 
diagnose originale de l'espèce
Description des échinodermes fossiles de la Suisse, première partie, spatangoides et clypéastroides, Agassiz, 1839, p.43

V. Nucleolites micraulus Ag.

Tab. VII, fig.16-18

Ce qui frappe tout d'abord dans cette espèce, c'est la brièveté du sillon postérieur, qui est pour ainsi dire borné à l'ouverture anale. Il ne commence en effet qu'au milieu de l'aire interambulacraire impaire et n'est que très insignifiant au-dessous. Cette circonstance m'a engagé à lui donner le nom ci-dessus.

Les ambulacres sont proportionnellement larges et très apparens, sur toute la surface du test, bien que les pores allongés de la rangée externe de chaque ambulacre ne soient visibles que jusqu'à la moitié de la circonférence, ce qui est au reste le cas de toutes les espèces de Nucléolites. Les ambulacres pairs postérieurs sont légèrement recourbés en dehors, au voisinage de l'ouverture anale, à peu près comme dans le N. subquadratus. L'ouverture anale est

 

subcentrale en avant, ainsi que le sommet ambulacraire qui est placé à l'opposite. Une granulation tuberculeuse très homogène recouvre les aires ambulacraires tout comme les aires interambulacraires.

Cette espèce n'a été signalée jusqu'ici que dans le terrain à chailles du département du Haut-Rhin, où l'exemplaire figuré a été trouvé par M. Gressly, près des frontières de la Suisse. Je n'en connais pas d'exemplaire qui provienne de la Suisse proprement dite ; mais comme le même terrain existe chez nous, il est probable qu'on y découvrira aussi quelque jour les mêmes fossiles. C'est ce qui m'a engagé à envisager par avance le Nucleolites micraulus comme indigène.

 

 

Nucleolites micraulus Agassiz, 1839 - Oxfordien moyen, Ardennes, 28 mm

 
 
       
 
 

Nucleolites micraulus Agassiz, 1839 - Oxfordien, Ardennes, 23 mm

 
 
 
 

Nucleolites micraulus Agassiz, 1839 - Callovien supérieur, Mortagne au Perche, Orne, 16 mm

 
 
 
 

Nucleolites gibbosus Peron & Gauthier,1879

 
 
diagnose originale de l'espèce par Peron & Gauthier, 1879
Echinides fossiles de l'Algérie, desccription des espèces déjà recueillies dans ce pays et considérations sur leur position stratigraphique, étage Cénomanien, p.148
 

Echinobrissus gibbosus, Peron et Gauthier, 18'79.
Pl. X, fig. 1-4.

   

     Espèce de taille moyenne, déprimée au pourtour, très élevée au sommet qui dessine une pyramide pentagonale parfois très saillante.

     Partie antérieure très déclive ; la partie postérieure l'est moins, en raison de la position excentrique en avant du sommet. Dessous concave, inégal, creusé au passage des ambulacres. La partie postérieure est peu tronquée, non anguleuse, légèrement élargie.

     Appareil apical étroit, resserré ; pores oviducaux rapprochés. La plaque madréporique forme une légère saillie au centre.

     Ambulacres assez allongés, pétaloïdes ; la zone interporifère présente une saillie parfois assez prononcée. Zones porifères composées de deux rangées sensiblement inégales; pores internes ronds et petits; pores externes un peu allongés et acuminés, obliques en arrière. Les pores sont conjugués par un sillon.

     Péristome assez petit, régulièrement pentagonal, excentrique en avant, aux deux cinquièmes de la longueur. Il est entouré d'une rosette de pores nettement dessinée, mais sans bourrelets bien saillants.

     plus de moitié de l'intervalle qui sépare le sommet du bord postérieur. Ce sillon dessine au bord une sinuosité assez sensible.

     Test couvert de petits tubercules scrobiculés, très peu apparents; dans les individus bien conservés on distingue en outre de nombreux granules qui donnent au test un aspect chagriné et entourent les tubercules.

     Rapports et différences. Voisin de l'Echin. Morrisii, d'Orb., l'Echin. gibbosus s'en distingue par sa forme un peu moins arrondie, par sa partie postérieure plus carrée, par son dessous moins onduleux et moins concave. La partie supérieure est plus élevée et la proéminence gibbeuse bien plus accusée.

 

On pourrait aussi comparer notre espèce avec certaines variétés très renflées de l'Echin. clunicularis des terrains jurassiques, qui en ont la forme subconique, et dont la face inférieure et le péristome ne sont pas sans analogie avec elle; mais le sillon anal est tellement différent qu'il n'est pas nécessaire d'insister sur les autres caractères distinctifs.

     Localité. - L'Echinobrissus gibbosus est assez abondant à Bou‑Saada, dans une couche du cénomanien moyen, un peu au-dessus de la zone à E. rotundus.

     Collections Peron, Gauthier, Cotteau.

     Explication des figures . - PI. X, fig. 1, Echinobrissus gibbosus, vu de côté ; fig. face supérieure ; fig. 3, face inférieure; fig. 4, appareil apical grossi.

Planches X (extrait)

   
 
 

Nucleolites gibbosus Peron & Gauthier,1879 - Turonien, Boumia, Maroc, 32 mm

 
 
 
 

Nucleolites latiporus Agassiz,1839

 
 
diagnose originale de l'espèce par Agassiz
Description des échinodermes fossiles de la Suisse, première partie, spatangoides et clypéastroides, Agassiz, 1839, p.43
 

IV. Nucleolites latiporus Ag.

Tab. VII, fig. 13-15.

     La largeur considérable des ambulacres est le caractère distinctif de cette espèce et celui qui lui a valu son nom ; il sert surtout à la distinguer du N. Goldfussii DesM. (N. scutatus Gldf. non Lam.) av ec lequel elle a la plus grande ressemblance de forme et d'aspect. En effet tous deux ont le côté supérieur postérieur fortement incliné, et le sillon dans lequel est percée l'ouverture anale suit la même inclinaison ; seulement le bord postérieur est un peu plu rostré dans le N. latiporus que dans le N. Goldfussii. L'ouverture buccale, située dans une dépression formée par les ambulacres, est légèrement subcentrale en avant. Le sommet ambulacraire est situé à l'opposite et entouré de quatre pores oviducaux, qu'on ne distingue qu'à la loupe.

 

     Il est digne de remarquer que cette espèce, dont la découverte est due à M. Gressly, n'a été trouvée jusqu'ici que dans l'oolite inférieure de Meltingen (canton de Soleure), tandis que le N. Goldfussii est très-fréquent dans un banc du calcaire à polypiers de Normandie, appelé caillasse, ainsi que dans l'oolite du nord de l'Allemagne.

Planches VII (extrait)

   
 
 

Nucleolites latiporus Agassiz,1839 - Bajocien, Amfreville, Calvados, 24 mm

 
 
 
 

Nucleolites letteroni (Cotteau,1867)

 
 

description de l'espèce par Cotteau, 1872

Paléontologie française, tome IX, échinides irréguliers, terrains jurassiques, p.290

 

N° 64. Echinobrissus Letteroni, Cotteau, 1870.

Pl. 77, fig. 10-14, et pl. 78, fig. 1-6.

     Espèce de taille assez grande, allongée, arrondie en avant, sub-tronquée en arrière ; face supérieure plus ou moins renflée, ayant sa plus grande hauteur au point qui correspond au sommet apical, obliquement déclive dans la région postérieure ; face inférieure presque plane, sub-pulvinée, concave au milieu. Sommet ambulacraire sub-central, un peu rejeté en avant. Aires ambulacraires inégales, les postérieures sub-flexueuses et plus longues que les autres. Zones porifères étroites, formées d'une rangée externe de pores sub-virgulaires et d'une rangée interne de pores arrondis ; près du sommet les deux rangées sont composées de pores à peu près égaux, et la différence de structure ne devient sensible qu'à quelque distance ; les pores cessent d'être pétaloïdes, bien au-dessus de l'ambitus ; ils deviennent plus petits, égaux et sont disposés par paires espacées, obliques, souvent même presque droites ; autour du péristome les paires de pores se rapprochent, se multiplient, et offrent une tendance assez prononcée à se grouper par triples paires. Tubercules abondants, serrés, épars, scrobiculés, surtout vers l'ambitus et dans la région infra-marginale, plus rares et plus développés aux approches de la bouche. Péristome excentrique en avant, pentagonal, étoilé, muni d'un floscelle apparent. Périprocte ovale, allongé, s'ouvrant à la face supérieure, aux deux tiers environ de l'espace compris entre le bord postérieur et le sommet, dans un sillon large, obtus, profond, qui se rétrécit un peu vers le milieu de son étendue, puis s'élargie, s'évase, s'atténue et échancre d'une manière sensible l'ambitus. Aucune trace de dépression ne relie l'appareil apical à la partie supérieure du sillon anal. Appareil apical un peu allongé ; pores génitaux arrondis, largement ouverts, les antérieurs plus rapprochés que les deux autres ; les plaques génitales postérieures se touchent par le milieu : les plaques ocellaires postérieures sont anguleuses, déprimées et paraissent se joindre par le milieu.

     Hauteur, 13 millimètres ; diamètre transversal, 34 millimètres ; diamètre antéro-postérieur, 34 millimètres.

     Variété plus petite et plus conique : hauteur, 15 millimètres ; diamètre transversal, 21 millimètres ; diamètre antéro-postérieur, 24 millimètres.

     Cette espèce est rare et varie cependant dans sa forme qui est plus ou moins renflée en dessus. Dans un exemplaire de petite taille que j'ai fait figurer, la face supérieure est sub-conique comme dans certaines variétés de l'E. clunicularis.

     Rapports et différences. - l'E. Letteroni offre beaucoup de ressemblance avec les E. scutatus, Icaunensis, Haimei et Perroni ; cependant il ne nous a pas paru possible de la réunir à aucune de ces espèces. Si la position de son périprocte, placé aux deux tiers de l'espace compris entre le bord postérieur et le sommet, rapproche cette espèce de l'E. scutatus, elle s'en distingue par l'absence complète de dépression unissant le sillon anal à l'appareil apical, par son étoile ambulacraire moins développée, sa face supérieure moins épaisse sur les bords, sa

 

face inférieure beaucoup moins pulvinée. La position du périprocte beaucoup plus rapproché du bord chez l'E. Icaunensis, beaucoup plus rapproché du sommet chez l'E. Haimei, sert à distinguer l'E. Letteroni de ces deux espèces qui occupent du reste un niveau plus élevé. L'espèce la plus voisine de l'E. Letteroni est l'E. Perroni, très-fréquent dans l'étage portlandien des environs de Gray ; cette dernière espèce cependant sera reconnaissable à sa forme constamment plus déprimée, à son étoile ambulacraire plus grande et plus pétaloïde, à son sillon anal plus étroit et plus aigu.

     J'ai dédié cette espèce à la mémoire de M. Lettron, modeste géologue de Tonnerre qui m'a procuré les échantillons que je viens de décrire, et que la mort a enlevé prématurément à ses utiles recherches.

     Localités. - Tonnerre (Yonne). Rare. Etage corallien sup. Coll. Rathier, ma collection.

     Explication des figures. - Pl. 77, fig. 10, E. Letteroni, de ma collection, vu de côté ; fig. 11, face sup. ; fig. 12, face inf. ; fig. 13, région anale ; fig. 14, péristome grossi. - Pl. 78, fig. 1, variété de grande taille, de ma collection, vue de côté ; fig. 2, face sup. ; fig. 3, face inf. ; fig. 4, région anale ; fig. 5, appareil apical grossi ; fig. 6, autre individu de grande taille, de ma collection.

Planches 77-78 (extraits)

 
 
 

Nucleolites letteroni (Cotteau,1867) - Kimmeridgien inférieur, Lauerstein, Est de Hemeln, Basse Saxe, Allemagne, 20 mm

 
 
 
 

Nucleolites letteroni (Cotteau,1867) - Kimmeridgien inférieur, Lauerstein, Est de Hemeln, Basse Saxe, Allemagne, 24 mm

 
 
 
 

Nucleolites quadratus (desor,1856)

 
 

diagnose originale de l'espèce

Synopsis des échinides fossiles, 1856, p. 275

 

     Quadratus Syn. Nucleolites quadratus Mich. Revue et Magaz. de Zoologie 1852. - Espèce trapue, subcarrée, aussi large que longue, épaisse, à périprocte supra-marginal comme le C. Hugii, mais non rostrée et moins ondulée à la face inférieure. Sommet ambulacraire central. Pétales très légèrement renflés.

     V. 54. (Type de l'espèce.)

     Grande Oolite de la Haute-Saone.

     Marnes à Discoïdées (Vésulien) de Frick (Argovie).

     NOTA. S'il est une espèce embarrassante au point de vue générique, c'est bien celle-ci. Aussi n'est ce qu'avec doute que nous la rapportons au genre Clypeopygus. Si l'on venait à démontrer que le péristome est dépourvu de bourrelets et que les pores ne se dédoublent pas dans les phyllodes, peut-être conviendrait-il  de la rapporter de préférence au genre Echinobrissus, malgré sa forme très élargie.

 
 

Nucleolites quadratus (desor,1856) - Kimmeridgien inférieur, Ile de Ré, Charente Maritime, 21 mm

 
 

 

Genre   Asterobrissus de Loriol, 1888

Matériaux pour l'étude stratigraphique et paléontologique de la province d'Angola, p.104

Espèce type  Nucleolites requieni Desor in Agassiz & Desor, 1847, p. 154, par désignation subséquente de Kier, 1962, Revision of the Cassiduloid echinoids, p.78

Extension stratigraphique (bibliographique, non vérifiée) : Valanginien - Aptien

Syn. 

  • Trochalia Pomel, 1183, p.60 ; espèce type : Echinobrissus requienii d'Orbigny ; nomen nudum

 
diagnose originale du genre
Matériaux pour l'étude stratigraphique et paléontologique de la province d'Angola, Choffat & de Loriol, 1888, p.104

Genre ASTEROBRISSUS, P. de Loriol (Trochalia, Pomel).

C'est avec regret que je suis obligé de changer le nom donné par M. Pomel, mais il existe déjà un genre Trochalia, Sharpe, qui a l'antériorité, et qui doit être maintenu ; il comprend des espèces de la famille des Nérinées. Je reproduis ici la diagnose que M. Pomel a donnée de son genre Trochalia : "Pétales plus développés (que dans les Anthobrissus) lancéolés, tendant à se fermer, à pores externes linéaires allongés ; les phyllodes étroites, mais formées de quelques paires dédoublées de pores plus gros, un peu déprimésentre des bourrelets épais, nettement limités, quoique peu saillants.

  Péristome excentrique en avant, pentagonal. Périprocte au sommet d'un sillon dorsal peu profond. Souvent une zone granulée sur la suture longitudinale des assules du plastron. Echinobrissus setifensis, Coq., E. trigonopygus Cotteau, etc." Je crois que M. Pomel a eu raison de séparer ces espèces du genre Echinobrissus ; elles en diffèrent certainement par leurs ambulacres nettement pétaloïdes, formant une étoile distincte, et par leur péristome entouré d'un floscelle nettement déterminé, avec des phyllodes en fer de lance bien caractérisés, séparés par des bourrelets pas très saillants, mais cependant très apparents, et couverts de leur granulation spéciale.
 

Asterobrissus fourteaui (Lambert in demoly,1913) - Aptien, Castellon, Espagne, 21 mm

 
 

 
 

Genre   Clypeopygus d'Orbigny, 1856

Paléontologie française, terrains crétacés, échinides irréguliers, tome VI, p.418

Espèce type  Clypeus paultrei (Cotteau,1851) p. 11, par désignation subséquente de d'Orbigny, 1856, ibid., p.422

Extension stratigraphique (bibliographique, non vérifiée) : crétacé inférieur

 
 
diagnose originale du genre par d'Orbigny, 1856
Paléontologie française, terrains crétacés, échinides irréguliers, tome VI, p.418
 

16e Genre. Clypeopygus, d'Orb, 1856.

     Nucleolites (pars), Agassiz ; Echinobrissus (pars), d'Orbigny.

     Caractères. Appareil génital et ocellaire un peu circulaire, formé de quatre petites plaques génitales, arrondies, plus saillantes que les autres, toutes percées d'un pore génital, dont l'antérieur de droite porte en arrière une très-grande protubérance polypiforme, ovale, placée au milieu de tout l'appareil, et dominant l'ensemble par sa grande dimension. On voit en arrière une cinquième plaque complémentaire non perforée. Les pièces ocellaires, très-petites et un peu triangulaires sont placées entre les cinq plaques génitales et complémentaires. Coquille ovale, oblongue, généralement déprimée, rétrécie en avant, élargie en arrière, échancrée ou non de ce côté, à sommet excentrique en avant. Dessous concave au milieu, sans sillons convergents, mais pourvu autour de la bouche de cinq rosettes de pores buccaux, séparées par autant de bourrelets buccaux assez marqués sans être très-saillants. Bouche régulière, pentagone, à côté égaux, l'angle saillant en avant. Anus médiocre, ovale, supérieur, placé à la partie supérieure d'un sillon profond, oblique, toujours très-circonscrit. Ambulacres subpétaloïdes, étroits, et longs, toujours très-flexueux, surtout aux ambulacres pairs postérieurs. Les zones de pores qui les composent sont toujours inégales. Les pores externes sont longs, transverses ; les pores internes simples, les deux conjugués par des granules sur une ligne. Tubercules scrobiculés, serrés, toujours très-petits en dessus et un peu plus gros en dessous, tous séparés par des granules.

     Rapports et différences. Ce genre avait été généralement confondu avec les Echinobrissus, dont ils ont l'aspect et la forme, et ont ils se distinguent néanmoins par des caractères constants : par leur plaque polypiforme centrale de l'appareil génital, infiniment plus grande, plus distincte du reste ; par la présence, autour de la bouche, de cinq rosettes de pores, et de cinq bourrelets buccaux très-marqués, par leur sillon anal toujours très circonscrit, et par leurs ambulacres pairs, postérieurs, très-flexueux en avant à leur extrémité. La présence des rosettes et tuberules buccaux servira toujours à distinguer les Clypeopygus des Echinobrissus et des Trematopygus, qui en sont toujours dépourvus.

 

     Des espèces que nous classons dans ce genre, sept avaient été placées dans le genre Nucleolites, par MM. Agassiz et Cotteau ; et une, le C. Paultrei, avait été placée par le dernier dans le genre Clypeus ; mais elle se distingue des vrais Clypeus par son sillon anal s'arrêtant loin du sommet, par sa bouche très-excentrique et ses ambulacres droits et larges, par le manque de sillons divergents en dessous, et enfin par la coquille toujours ovale ou oblongue, très-mince.

Résumé géologique sur les Clypeopygus.

     Toutes les espèces que nous connaissons sont propres exclusivement aux terrains crétacés, et ne remontent pas, au moins d'après les connaissances actulles, au delà de l'étage cénomanien. Les huit espèces que nous cécrirons se trouvent ainsi réparties :

     Dans le 17e étage, Néocomien, six espèces : les C. Paultrei, Robinaldinus et oviformis spéciaux jusqu'à présent au bassin anglo-parisien ; les C. subquadratus et Renaudi spéciaux au bassin méditerranéen, et enfin le C. Gresslyi qui se trouve à la fois dans les deux bassins méditerranéen et anglo-parisien.

     Dans le 19e étage, Albien, deux espèces : le C. Cerecleti spécial au bassin anglo-parisien, et le C. Michelini propre jusqu' présent au bassin méditerranéen.

     Il résulterait de ces données que le genre aurait commencé à paraître, au maximum de son développement numérique, avec l'étage néocomien, qu'il se serait éteint dans l'étage albien, et n'aurait duré que pendant trois époques des terrains crétacés.

 

 
 

Clypeopygus paultrei (Cotteau,1851)

 
 
diagnose originale de l'espèce par Cotteau, 1851
Catalogue méthodique des échinides récoltés dans l'étage néocomien du département de l'Yonne, p.11
 
     N° 31. - CLYPEUS PAULTRII, Cotteau, 1851.

     Magnifique espèce que distinguent d'une manière tranchée sa forme allongée et très-déprimée, son anus s'ouvrant au deux tiers de l'aire interambulacraire impaire, son sommet excentrique et sa bouche placée à la face inférieure, bien près du bord antérieur. - Jusqu'ici le genre Clypeus avait été considéré comme spécial à la formation jurassique. Cette espèce devra peut-être constituer un genre nouveau intermédiaire entre les Clypeus et les Nucleolites. - Je l'ai dédiée à la mémoire de M. Paultre Desormes, de Saint-Sauveur, qui a bien voulu en enrichir ma collection.

     Localité. - Saint-Sauveur. Très-rare.

 
description de l'espèce par d'Orbigny, 1856
Paléontologie française, terrains crétacés, échinides irréguliers, tome VI, p.420
 

N° 2282. Clypeopygus Paultrei, d'Orb, 1856.

     Clypeus Paultrei, Cotteau, 1851. Catalogue méthod. des Echinides néocomiens de l'Yonne, p.11, n°31.

     Dimensions. Longueur totale, 55 millimètres. Par rapport à la longueur : largeur, 98 centièmes ; épaisseur, 23 centièmes.

     Coquille très-déprimée, clypéiforme, presque carrée, rétrécie et échancrée en avant, élargie et très-échancrée en arrière, vis-à-vis l'anus, dont le grand diamètre transversal est au tiers postérieur et dont la hauteur a 23 centièmes de la longueur. Dessus, profil obtus en avant s'élevant en courbe courte jusqu'au dessus qui est presque horizontal jusqu'à l'aréa anale coupée en pente déclive jusqu'au bord. Le sommet est excentrique placé aux deux cinquièmes antérieurs. Le pourtour est obtusément caréné à la base. Dessous concave partout, surtout autour de la bouche, pourvu en avant d'un sillon assez marqué mais ondulé. Bouche pentagone placée presque au cinquième antérieur de la longueur ; elle montre autour cinq bourrelets assez prononcés et cinq rosettes de pores buccaux, oblongues, mais très-marquées. Anus rond, vertical, placé en dessus à la partie supérieure, la plus profonde, d'un sillon triangulaire, élargi en avant, dont les bords sont carénés. Ce sillon s'étend jusqu'au bord. Ambulacres étroits, longs, très-marqués, l'impair est droit, les autres sont flexueux, formés de deux zones inégales, une large externe pourvue de pores allongés, une étroite formée de pores simples, les deux conjuguées par une ligne de granules. Tubercules très-petits, scrobiculés, partout. Appareil génital et ocellaire, formé au centre d'une énorme plaque polypiforme, ovale, et autour de quatre plaques génitales, arrondies, perforées, et en arrière d'une cinquième plaque non perforée. Les plaques ocellaires sont entre ces cinq plaques génitales.

 

     Localité. M. Cotteau cite cette espèce à Saint-Sauveur (Yonne), dans l'étage néocomien où elle est très-rare.

     Histoire. Le même auteur l'a publiée sous le nom de Clypeus Paultrei, mais nous avons déjà dit qu'elle ne peut rester dans ce genre, et nous en avons fait le type de notre nouvelle division des Clypeopygus.

     Explication des figures. Pl. 964, fig. 1, coquille de grandeur naturelle, vue en dessus ; fig. 2, dessous ; fig. 3, profil longitudinal ; fig. 4, profil transversal du côté de l'anus ; fig. 5, appareil génital et ocellaire grossi ; fig. 6, une zone ambulacraire grossie. De la collection de M. Cotteau.

Planche 964 (extrait)

   
 
 

Clypeopygus paultrei (Cotteau,1851) - Bajocien, Orne, 18 mm

 
 
 
 

Clypeopygus paultrei (Cotteau,1851)

 
 
 

 
 

Genre Phyllobrissus Cotteau,1859

Espèce type  Catopygus gresslyi Agassiz, 1839, p. 49

désignation subséquente de Cotteau, 1860, p.553

Extension stratigraphique (bibliographique, non vérifiée) : Kimmeridgien - Cénomanien

Syn. 

  • Asterotrissus de Loriol, 1888, p.104 ; espèce type Nucleolites requieni Desor in Ag. & Desor, 1847,synonyme subjectif plus récent

  • Thigopygus Pomel, 1883, p.59 ; espèce type Echinobrissus humilis Gauthier,1875 ; synonyme subjectif plus récent

 
 
description du genre par Cotteau, 1860
Paléontologie française, jurassiques, tome IX, p. 320
 

4e Genre. - PHYLLOBRISSUS, Cotteau, 1860.

     Test de petite et moyenne taille, oblong, sub-circulaire, légèrement arrondi en avant, sub-tronqué en arrière, plus ou moins renflé en dessus, presque plan en dessous. Sommet ambulacraire sub-central, un peu excentrique en avant. Aires ambulacraires pétaloïdes ; aire ambulacraire antérieure plus droite, mais à peu près de même largeur que les autres. Zones porifères plus ou moins développées à la face supérieure, toujours formées de pores inégaux ; la rangée externe, tant que l'aire ambulacraire conserve son aspect pétaloïde, est composée de pores étroits, allongés, transverses, tandis que la rangée interne comprend des pores simples, plus courts, plus ouverts. Vers le pourtour du test, les rangées comme dans les Echinobrissus, se rapprochent et se réduisent à de petits pores simples, arrondis, assez irrégulièrement disposés, se multipliant et se resserrant aux approches du péristome, autour duquel ils forment un floscelle bien prononcé. Tubercules de petite taille, épars, à peine scrobiculés, crénelés, probablement perforés. Péristome pentagonal, un peu excentrique en avant. Périprocte ovale, situé à la face postérieure, au sommet d'un sillon perpendiculaire, toujours vague et atténué, qui disparaît vers l'ambitus. Appareil apical compacte, composé de quatre plaques génitales perforées, et de cinq plaques ocellaires également perforées ; la plaque madréporiforme est saillante, largement développée et se prolonge au milieu de l'appareil ; la plaque complémentaire manque et les deux plaques ocellaires postérieures se touchent par le milieu.

     Rapports et différences. - Le genre Phyllobrissus offre de nombreux rapports avec les Echinobrissus, les Clypeopygus et le Catopygus. A notre avis cependant, il ne saurait être confondu avec aucun de ces trois genres. Il se distingue des Echinobrissus par son périprocte postérieur, placé dans un sillon sub-vertical et atténué, par sa face inférieure plane. Ces deux caractères l'éloignent également des Clypeopygus, dont il se distingue en outre par sa forme allongée et renflée, par son sommet plus central, par ses aires ambulacraires postérieures moins flexueuses. Au premier aspect, les Phyllobrissus se

 

rapprochent peut-être davantage des Catopygus que caractérisent leur périprocte postérieur, leur floscelle très-apparent et leur face inférieure toujours plane ; néanmoins les Catopygus, qui jusqu'ici peuvent être considérés comme spéciaux à la craie moyenne et supérieure, se distingueront toujours facilement de nos Phyllobrissus par leur forme plus renflée, plus cylindrique, plus étroite en avant, par leur floscelle plus fortement prononcé, par leur péristome allongé dans le sens du diamètre antéro-postérieur, par leur périprocte plus vertical, dépourvu de sillon et s'ouvrant sous une légère saillie du test. Les Phyllobrissus, comme on le voit par l'étude comparée de leurs caractères, constituent un type suffisamment tranché et se placent dans la méthode à la suite des Echinobrissus, entre ces derniers et les Clypeopygus.

     Histoire. - Les espèces pour lesquelles nous avons établi, en 1860, le genre Phyllobrissus ont été longtemps placées par les auteurs parmi les Nuclolites (Echinobrissus). Lorsque d'Orbigny, en 1856, créa son genre Clypeopygus, en prenant pour type le Clypeus Paultrei, Cotteau, de l'étage néocomien de l'Yonne, il y réunit nos Phyllobrissus, sans se préoccuper de l'ensemble de leur physionomie, et  par cela seul qu'ils présentaient autour du péristome un floscelle apparent. Dans le Synopsis des Echinides fossiles, M. Desor discute de la valeur du genre Clypeopygus, et tout en le maintenant dans la méthode, il le restreint avec raison aux espèces larges et carrées voisines des Clypeus, et en retranche les petites espèces allongées et renflées pour les reporter parmi les Echinobrissus. Ce sont ces espèces, remarquablzes par leur forme sub-cylindrique et surtout par leur périprocte postériur et sub-vertical, qui ont servi de type à notre genre Phyllobrissus.

     Le genre Phyllopbrissus, que nous avons considéré dans l'origine comme spécial au terrain néocomien, a commencé à se montrer à l'époque jurassique et est représenté par une espèce fort rare.

 
 

Phyllobrissus excentricus (Pictet & Renevier,1858)

 
 
diagnose originale de l'espèce in Pictet & Renevier, 1858
Description des fossiles du terrain Apien de la Perte du Rhône et des environs de Ste-Croix, p. 155
 

Trematopygus excentricus, Pictet et Renevier.

(Pl. XXII, fig. 3, a, b, c, d.)

     Oursin ovale, médiocrement élevé ; flancs arrondis, présentant à peu près vers leur milieu la plus grande périphérie. Face inférieure montrant clairement les cinq saillies caractéristiques du genre, et profondément creusée en son milieu, de sorte que la bouche est comme située au fond d'un entonnoir. Anus allongé dans le sens vertical, aigu à ses extrémités et situé à la partie supérieure d'un sillon très-court et profond, qui échancre la face postérieure de manière à être visible en dessous, quoique moins qu'en dessus. Ambulacres étroits, peu pétaloïdes, formés de pores simples disposés par paires. Sommet ambulacraire très-excentrique en avant. Tubercules médiocres, médiocrement serrés, entourés de lignes de granules, et disposés sans ordre apparent.

     Rapports et différences. Cette espèce nous paraît se distinguer très-facilement de tous les Trematopygus décrits, par son sillon anal très-court et échancrant la face inférieure, et surtout par son sommet ambulacraire très-excentrique en avant.

     Localité. Nous n'en connaissons qu'un seul échantillon provenant des grès durs (h) de la Perte du Rhône et faisant partie de la collection Renevier.

 

 

planche XXII (extrait)

   
 
 

Phyllobrissus excentricus (Pictet & Renevier,1858) - Aptien, Morella, Castellon, Espagne, 18 mm

 
 
 
 

Phyllobrissus gresslyi (Agassiz,1839)

 
 
description de l'espèce par d'Orbigny
Paléontologie française, terrains crétacés, tome VI, p. 425
 
 

N° 2285. Clypeopygus Gresslyi, d'Orb.,1856.

Pl. 966, fig. 1-6.

   

     Dimensions. Longueur, 27 millimètres. Par rapport à la longueur : largeur, 90 centièmes ; hauteur, 60 centièmes.

     Coquille peu renflée, ovale, à peine rétrécie et arrondie en avant, tronquée très-obtusément, et même un peu échancrée vis-à-vis du sillon anal en arrière, dont le grand diamètre transversal est au tiers postérieur, et dont le grand diamètre transversal est au tiers postérieur, et dont la hauteur a 60 centièmes de la longueur. Dessus, profil très-convexe et arrondi en avant ; de ce point s'élevant en courbe régulière jusqu'au quart postérieur où commence une pente abrupte, un peu déclive qui correspond au sillon anal. Le pourtour est très-convexe, surtout en avant. Le sommet, en même temps la partie la plus élevée, est peu excentrique en avant. Dessous pulviné autour, concave seulement au centre. Bouche pentagone, excentrique, placée un peu en avant, pourvue de cinq bourrelets très-visibles, quoique peu convexes, et de cinq rosettes peu profondes. Anus ovale, placé en dessus, presque à l'extrémité supérieure, au sommet d'un sillon qui s'évase un peu vers le bord. Ambulacres assez larges ; les postérieurs flexueux munis de zones inégales, la moitié aussi larges que l'intervalle qui les sépare. La zone externe est formée de pores oblongs, l'autre de pores simples ; les deux conjuguées par un sillon et par une ligne de granules. Tubercules excessivement petits.

     Rapports et différences. Cette espèce se distingue de toutes les précédentes, par son ensemble convexe, ovale, par son profil longitudinal très-convexe, par son anus bien plus en arrière et son sillon plus abrupte, par son pourtour très-pulviné, par son dessous moins creux et ses ambulacres plus larges.

 

     Histoire. Décrite comme un Catopygus, en 1839 et 1840 par M. Agassiz. Cette espèce a été placée dans les Nucleolites Echinobrissus, par le même auteur, en 1847. Comme nous y avons reconnu, sur des échantillons bien conservés, des bourrelets et une rosette de pores, qui manquent chez les Echinobrissus, nous la plaçons dans nos Clypeopygus, qui en sont toujours pourvus.

     Localité. Elle est spéciale et très-commune dans l'étage néocomien. Nous l'avons recueillie, ainsi que M. Cotteau, à Leugny, à Fontenoy, à Saint-Sauveur, à Ouane, à Auxerre, à Chenay (Yonne), à Sancerre (Cher), à Marolles, à Vandeuvre (Aube), à Bettancourt-la-Ferrée (Haute-Marne), à Neuchâtel (Suisse). M. Campiche l'a rencontrée à Sainte-Croix, canton de Vaud (Suisse).

     Explication des figures. Pl. 966, fig. 1, grandeur naturelle ; fig. 2, coquille de grandeur naturelle vue en dessus ; fig. 3, dessous ; fig. 4, profil longitudinal ; fig. 5, profil transversal vu du côté de l'anus ; fig. 6, une partie des ambulacres plus grossis. De notre collection.

planche 966 (extrait)

   
 
 

Phyllobrissus gresslyi (Agassiz,1839) - Hauterivien, Narcy, Haute-Marne, 21 mm

 
 
 
 

Phyllobrissus pulvinatus (Cotteau,1856)

 
 
description de l'espèce par Cotteau
Paléontologie française, terrain jurassique, échinides irréguliers, p. 273
 

N° 60. Echinobrissus pulvinatus, Cotteau,1856.

Pl. 74.

   

     Espèce de taille moyenne, oblongue, arrondie en avant, sub-tronquée en arrière; face supérieure sub-déprimée, épaisse et renflée sur les bords, aussi haute en avant qu'en arrière ; face inférieure pulvinée, légèrement concave autour du péristome. Sommet ambulacraire sub-central, un peu rejeté en avant. Aires ambulacraires pétaloïdes, quelquefois sub-costulées, inégales, l'aire antérieure plus droite et un peu plus étroite que les autres, les deux postérieures plus longues et plus flexueuses. Zones porifères larges, moins développées cependant que l'intervalle qui les sépare, composées, à la face supérieure, d'une rangée de pores allongés, étroits, obliques, et d'une rangée interne de pores arrondis et plus ouverts. Vers l'ambitus, qui est très‑épais, les aires ambulacraires s'effilent et se rétrécissent ; les pores deviennent beaucoup plus petits et forment des paires obliques, espacées, rangées assez régulièrement à la face inférieure, sur le bord des dépressions ambulacraires qui sont relativement très-étroites. Comme toujours, les paires de pores aux approches du péristome se resserrent et se multiplient. Les tubercules et les granules qui ]es accompagnent, probablement très-fins, ne sont apparents sur aucun des exemplaires que nous avons sous les yeux. Péristome très-petit, pentagonal, excentrique en avant, muni d'un floscelle à peine apparent. Périprocte oval, très­éloigné de l'appareil apical, s'ouvrant à la face postérieure, au sommet d'un sillon court, peu profond, évasé et qui échancre légèrement le bord postérieur. Appareil apical anguleux, étoilé ; pores génitaux allongés, largement ouverts, les deux antérieurs beaucoup plus rapprochés que les deux, autres ; plaque madréporiforme se prolongeant au milieu de l'appareil et empêchant les deux plaques génitales postérieures de se toucher par le milieu ; plaques ocellaires postérieures très-petites, paraissant séparées par une ou deux plaques complémentaires.

     Hauteur, 17 millim.; diamètre transversal, 27 millim.; diamètre antéro-postérieur, 30 millim.

     Individu jeune : hauteur, 11 millim.; diamètre transversal, 16 millim. 1/2 ; diamètre antéro-postérieur, , 48 mil-lira. 1/2.

     Cette espèce est rare et nous n'en connaissons qu'un petit nombre d'échantillons, qui tous présentent une grande uniformité dans l'ensemble de leurs caractères. Chez les individus jeunes cependant, la forme générale est relativement un peu plus allongée, la face postérieure moins épaisse, et le périprocte par cela même paraît un peu moins éloigné du sommet. Dans un de nos exemplaires (pl. 74, fig. 11), le péristome, au lieu d'être régulièrement pentagonal, est sensiblement oblique, et le bord antérieur de gauche est plus étroit que celui de droite, ainsi que cela a lieu chez certains Nucleolites (Trematopygus, d'Orbigny) du terrain crétacé. Cette forme du péristome nous paraît anormale, accidentelle et ne saurait constituer une variété.

 

     Rapports et différences. L'E. pulvinatus forme, au milieu des E. Desori, micraulus, scutatus et lcaunensis, un type qui sera toujours parfaitement reconnaissable à sa face supérieure déprimée au milieu, épaisse et renflée sur les bords, à son périprocte très-rapproché de l'ambitus postérieur, à son péristome peu développé, à ses aires ambulacraires étroites et déprimées à la face inférieure. La position de son périprocte tend à le rapprocher de E. micraulus, mais il s'en distingue par son périprocte encore plus éloigné du sommet, par sa forme plus allongée, plus déprimée en dessus et en même temps plus épaisse, par sa face inférieure plus pulvinée et son péristome plus petit.

     LOCALITÉS. - Environs de Mamers (Orne). Rare. Étage callovien.

     Collection de l'École des mines, Musée de Mamers, coll. Hébert, Guillier, ma collection.

     Explication des figures. - Pl. 74, fig. 1, E. pulvinatus, de la coll. de l'École des mines, vu de côté; fig. 2, face sup.; fig. 3, face inf.; fig. 4, région postérieure; fig. 5, appareil apical et partie supérieure de l'aire ambulac. antérieure grossis; fig. 6, péristome et partie inf. de l'aire ambul. antérieure grossis; fig. 7, individu jeune, de ma collection, vu de côté; fig. 8, face sup.; fig. 9, face inf.; fig. 10, région postérieure; fig. 41, péristome oblique et partie sup. de l'aire ambul. antérieure grossis, pris sur un autre individu de ma collection.

planche 74 (extrait)

   
 
 

Phyllobrissus pulvinatus (Cotteau,1856) - Callovien supérieur, Mortagne, Orne, 25 mm

 
 
 
 

Phyllobrissus pulvinatus (Cotteau,1856) - Callovien supérieur, Mortagne, Orne, 29 mm

 
 
 
 

Phyllobrissus pulvinatus (Cotteau,1856) - Callovien supérieur, Mortagne, Orne, 26 mm

 
 
 
 

Phyllobrissus pulvinatus (Cotteau,1856) - Callovien supérieur, Mortagne, Orne, 25 mm

 
 
 

 
 

Genre   Pseudosorella Etallon, 1859

Espèce type  Desoria orbignyana Cotteau, 1855, p. 227 (monotypie)

Extension stratigraphique (bibliographique, non vérifiée) : Valanginien - Aptien

Syn. 

  • Pseudodesorella Cotteau, 1867, p.325 ; synonyme objectif plus récent

  • Notopygus Pomel, 1883, p.58 ; espèce type Nucleolites amplus Agassiz in Ag. & Desor, 1847 ; synonyme subjectif plus récent

  • Nucleoclypeus de Loriol, 1901, p.33 ; espèce type Neoclypeus syriacus de Loriol, 1901 ; synonyme subjectif plus récent

  • Primipygus Vadet, 2007, p.192 ; espèce type Nucleolites richardsoni Richardson & Talbot-Paris, 1908 ; synonyme subjectif plus récent

 
 
description du genre par Cotteau (Pseudodesorella)
Paléontologie française, terrains jurassiques, 1867, p.325

5e Genre. Pseudodesorella, Etallon, 1859.

Desorella (pars), Cotteau, 1855 ; Desor, 1858.

     Test de taille assez forte, sub-circulaire, ayant le diamètre transversal plus étendu que le diamètre antéro-postérieur, renflé en dessus, sub-pulviné en dessous. Sommet ambulacraire sub-central. Aires ambulacraires sub-péraloïdes à la face supérieure, logées à la face inférieure dans des dépressions apparentes qui aboutissent au péristome. Zones porifères médiocrement développées. Tubercules abondants, serrés, épars, crénelés et perforés, fortement scrobiculés. Granulation intermédiaire fine et homogène. Péristome un peu excentrique en avant, sub-pentagonal, sans bourrelets. Périprocte allongé, aigu, sub-pyriforme, logé dans une dépression très-profonde. Appareil apical compacte, sub-circulaire, composé de quatre plaques génitales et de cinq plaques ocellaires, remarquable par l'énorme développement de la plaque madréporiforme.

     Rapports et différences. - Le genre Pseudodesorella ne saurait être confondu avec aucun autre type. Si sa taille, son périprocte aigu et situé dans un sillon profond, son appareil apical compacte et muni d'une plaque madréporiforme très-étendue rappellent le genre Clypeus, il s'en éloigne d'un

 

autre côté, d'une manière très-positive, par se forme générale plus large que longue, par ses zones porifères faiblement pétaloïdes, par sa face inférieure très-pulvinée, par son périprocte complétement dépourvu de floscelle. Tel qu'il est caractérisé, le genre Pseudodesorella se place naturellement à la fin de la famille des Cassidulidées.

     Histoire. - Le genre Pseudodesorella a été établi par M. Etallon, en 1859, pour recevoir une espèce que j'avais placée dans mon genre Desorella, sous le nom de D. Orbignyana, ne connaissant alors que le moule intérieur qui ne laissait point voir, à la face supérieure, la structure sub-pétaloïde de ses pores ambulacraires. M. Etallon ayant eu à sa disposition un exemplaire parfaitement conservé du coral-rag de Valfin, constata ce caractère important, et retrancha avec raison l'espèce du genre Desorella. Le genre Pseudodesorella, Etallon, a été adopté depuis par tous les auteurs ; il ne renferme qu'une seule espèce très-rare provenant de l'étage corallien.

 

 
 

Pseudosorella richardsoni (Richardson & Talbot-paris,1908)

 
 

diagnose originale de l'espèce par Richardson & Talbot-Paris

Stratigraphical & geographical distribution of the inferior-oolite echinoids of the west of England, 1908, p.179.

 

Echinobrissus Richardsoni, sp. nov. Pl. XVII., figs. 1a - 1c.

T.l.      Seven-Springs Quarry, near Cheltenham.
H.      [Clypeus-Grit.]
  [About Truellei.]
Colln.      L. Richardson.

     Diagnosis. - Test very depressed - the height being .447 of the diameter. The upper side is notceably flattened. The outline is subcircular.

     The apical system is sub-central, being slightly displaced towards the posterior margin. The peristome, on the other hand, is considerably displaced anteriorly.

     The ambulacra are petaloid, and possess wide poriferous zones. The pores of the outer row are longer than in most species of Echinobrissus, giving the test a Clypeus-like appearance.

     The anal canal is deep and has steep, straight sides, diverging at an angle of a little over 20°.

 

     The base is irregularly concave.

     Dimensions : - Length, 24 mm. ; breadth, 23.5 mm. ; height, 10.5 mm.

planche XVII (extrait)

   
 
 

Pseudosorella richardsoni (Richardson & Talbot-paris,1908) - Bajocien supérieur, Oolithe à C. ploti, Jaulny, Meurthe et Moselle, 26 mm

 
 
 

Pseudosorella richardsoni (Richardson & Talbot-paris,1908) - Bajocien, Orne, 18 mm