Rhabdocidaridae

Lambert, 1900, p.49

Genre type : Rhabdocidaris Desor,1855

Description succinte de la famille : test de grande taille avec apex dicyclique. Tubercules interambulacraires perforés et fortement crénelés. Le mamelon est relativement petit par rapport à la taille du scrobicule. Les mamelons augmentent de taille lorsqu'on se dirige vers l'apex. Les pores jumeaux sont fortement conjugués et situés dans un sillon dont le mur sépare chaque paire de pores contigüe.

 

 


Genre   Rhabdocidaris Desor,1855

Synopsis des échinides fossiles, p.39

Espèce type  Cidaris orbignyana Agassiz in Agassiz & Desor, 1846, p.28, par désignation subséquente de Lambert in Lambert & Thiery, 1910, p.136, Essai de nomenclature raisonnée des échinides fossiles.

Extension stratigraphique (bibliographique, non vérifiée) : Aalénien - Crétacé inférieur

Syn.

  • Dickesicidaris Vadet, 1988, p.136. Espèce type Cidaris maximus Munster in Goldfuss, 1826 ; synonyme subjectif plus récent

  • Callaudicidaris Vadet, 1991, p.146. Espèce type Cidaris fowleri Wright,1851 ; synonyme subjectif plus récent

 
 
diagnose originale du genre par Desor
Synopsis des échinides fossiles, 1855, p.39
 

IIe Genre. - rabdocidaris (1) Desor.

Table I, fig. 3

     Grands oursins enflé, souvent aussi hauts que larges, remarquable par la structure particulière de leurs zones porifères qui sont plus larges que chez les vrais Cidaris, les deux pores d'une même paire étant espacés et reliés par un petit sillon horizontal. Ambulacres en général droits ou peu flexueux. Tubercules gros, toujours fortement crénelés (2) (chez les espèces fossiles du moins), et proportionnellement plus nombreux que chez les vrais Cidaris. Scrobicules grands, souvent elliptiques (3). Zone miliaire large.

     Radioles très robustes. Il y en a de deux types, les uns cylindriques ou prismatiques, garnis de dentelures ou d'épines (type des C. Orbignyana et Princeps) ; les autres élargis en forme de rames tantôt unies, tantôt garnies d'épines à leur base (Cidaris copeoïdes). Facette articulaire toujours très large, fortement crénelée. Col peu ou point étranglé.

     Les espèces fossiles connues jusqu'à ce jour proviennent des terrains oolitiques et néocomiens (4).

(1) De ραβδοτός strié, cannelé.

(2) Ces fortes crénelures s'expliquent par les dimensions considérables des radioles, qui avaient besoin de fortes attaches.

 

(3) La forme des scrobicules n'a pas la même valeur qu'on était naguère disposé à lui attribuer. Il n'est pas rare en effet de rencontrer chez la même espèce, et quelquefois chez le même individu, des scrobicules circulaires et des scrobicules elliptiques.

(4) Parmi les espèces vivantes, on pourrait rapporter à ce genre les Cidaris tribuloïdes et C. imperialis, si leurs tubercules n'étaient pas complètement lisses. En revanche, je n'hésite pas à y ranger plusieurs espèces dont on ne connaît encore que des parties du test sur la foi de leurs scrobicules, ainsi que certaines baguettes qui se rapprochent de l'un ou de l'autre des types ci-dessus.

table I (extrait)

   
 
 

Rhabdocidaris orbignyana (Agassiz,1846)

 
 
description de l'espèce par Agassiz
Catalogue raisonné des échinides vivans et fossiles, 1846, p.28
 

Orbignyana Agass. - 10. P 21. P 22. P.23. M 66. - Cat. syst. p. 10.

     Var. Cidaris tripterygia Agass. Cat. syst. p. 10. - Cette espèce est extrêmement voisine du C. maxima, et peut-être identique ; cependant les piquants que Goldfuss assigne à son espèce sont différents.

     Kimmer. la Rochelle, Villersville, Montfaucon (Meuse), Lavoncour (Haute-Saône). - D'Orbigny, Marcou. Mus. Paris (gal. géol.).

 
description de l'espèce par Cotteau
Paléontologie française, terrains jurassiques, tome X, partie 1, p.299.
 

N° 226. - Rhabdocidaris Orbignyana (Agassiz),

Desor, 1856.

Pl. 223, 224, 225 et 226, fig. 1-7.

     Espèce de très-grande taille, haute, renflée, légèrement déprimée en dessus, rentrante en dessous. Zones porifères subonduleuses, un peu plus larges que les aires ambulacraires, subdéprimées, composées de pores ovales, inégaux, les externes un peu plus allongés que les autres, sans que cependant la différence soit très-apparente, unis par un sillon profond, bordé de cloisons étroites, transverses, en forme de lames saillantes. Aires ambulacraires, subonduleuses comme les zones porifères, garnies de deux rangées de petits granules égaux, serrés, mamelonnés, placés très-près du bord. Deux autres rangées de granules plus petits, plus espacés, mais cependant régulièrement disposés, se montrent au milieu de l'aire ambulacraire et tendent à disparaître aux approches du sommet ou du péristome. Ces granules sont accompagnés de petites verrues éparses, plus ou moins abondantes, plus ou moins développées, toujours très-distinctes des deux rangées principales, mais tendant quelquefois à se confondre avec les deux séries intermédiaires. Tubercules interambulacraires assez gros, saillants, perforés, fortement mamelonnés et crénelé, au nombre de sept et quelquefois huit par série. Scrobicules peu déprimés, circulaires et espacés à la face supérieure, sensiblement elliptiques en se rapprochant du péristome. Cercles scrobiculaires presque partout complets, composés de granules écartés, mamelonnés, bien distincts des autres. Zone miliaire large, à peine déprimée au milieu, couverte de granules nombreux, serrés, épars, d'autant plus petits qu'ils se rapprochent du milieu de la zone, offrant souvent près de la suture une tendance à s'allonger transversalement. L'espace intermédiaire est occupé par des verrues très-fines, plus ou moins abondantes, formant, autour des granules scrobiculaires, des cercles ou des demi-cercles distincts. Les cercles scrobiculaires sont très-rapprochés des zones porifères et laissent à peine la place à quelques granules de même nature que ceux qui couvrent la zone miliaire. Péristome subcirculaire un peu moins grand que l'appareil apical qui, à en juger par l'empreinte qu'il a laissée, était plus nettement pentagonal.

     Radioles variables dans leur forme, allongés, quelquefois cylindriques, le plus souvent triangulaires et affectant, surtout à la partie supérieure, une forme prismatique, irrégulière et plus ou moins comprimée, garnis d'épines saillantes, anguleuses, tantôt éparses, presque toujours disposées en séries régulières sur les angles de la tige. L'espace intermédiaire est occupé par une granulation plus ou moins fine, abondante, serrée, homogène ou inégale, éparse ou disposée en séries régulières. Un peu au-dessus de la collerette les épines, puis la granulation s'atténuent et disparaissent, et la base de la tige devient tout à fait lisse. Collerette courte, épaisse, finement striée, limitée par une ligne tranchée. Bouton bien développé ; anneau saillant ; facette articulaire fortement crénelée.

     Les granules ambulacraires portent de petits radioles allongés, plus ou moins comprimés, ornés de stries fines et longitudinales.

     Individu de grande taille : hauteur, 67 millimètres ; diamètre, 92 mm.

     Longueur du radiole (portion connue), 109 millimètres ; épaisseur, 7 à 8 millimètres.

     Nous avons pu examiner un grand nombre d'exemplaires appartenant à cette espèce. Quelques-uns présentent dans la disposition de leurs granules ambulacraires des variations que nous devon signaler. Chez les échantillons types les aires ambulacraires sont munies de quatre rangées de granules, les deux externes plus développées que les autres, les deux internes toujours plus petites, mais également bien distinctes. Dans certains exemplaires ces deux rangées internes sont remplacées par une granulation abondante, inégale et qui paraît, au premier aspect, disséminée sans ordre. Cette modification est plus apparente que réelle, et chez ces derniers exemplaires les deux rangées internes existent le plus souvent comme chez les deux rangées internes existent le plus souvent comme chez les autres ; seulement elles sont accompagnées de verrues relativement plus développées, qui se mêlent aux deux rangées de granules, se confondent avec elles et prennent ensemble l'aspect d'une granulation éparse et homogène. Aux approches du péristome, les aires ambulacraires varient également dans leur aspect. Certains échantillons conservent, parfaitement distinctes, les quatre rangées de granules, mais le plus souvent les granules principaux se resserrent, grossissent, et les rangées intermédiaires disparaissent.

     La forme générale de l'espèce varie également ; nous avons fait figurer, pl. 223, un exemplaire remarquable, faisant partie de la collection de l'Ecole des mines et recueilli par M. Bayan, dans l'étage corallien inférieur des environs de Salins (Jura). Son diamètre transversal ne dépasse que de quelques millimètres sa hauteur ; sa face inférieure est étroite, rentrante, pour ainsi dire subamincie, et lui donne un aspect tout particulier ; il nous a paru cependant offrir les caractères essentiels du R. Orbignyana, auquel, malgré sa forme étrange, nous n'avons pas hésité à le réunir.

     Rapports et différences. - Le R. Orbignyana, parfaitement caractérisé par son test et surtout par ses radioles, ne saurait être confondu avec aucun de ses congénères. Ses quatre rangées de granules ambulacraires le rapprochent du R. copeoides ; il en diffère par ses aires ambulacraires plus onduleuses, par ses tubercules interambulacraires plus saillants, plus fortement crénelés et mamelonnés, par ses scrobicules plus rapprochés des zones porifères et entourés de granules plus apparents, par sa zone miliaire plus large et couverte de granules plus

 

abondants et plus serrés, et par ses radioles tout à fait distincts. Le R. Orbignyana s'éloigne également d'une manière positive des R. nobilis et maxima. Ces deux espèces seront toujours reconnaissables à leurs zones porifères plus étroites, à leurs aires ambulacraires plus larges et couvertes, entre les deux rangées principales, d'une granulation fine, abondante, homogène, éparse, à leurs scrobicules plus superficiels et plus éloignés des zones porifères.

     M. de Loriol, dans l'Echinologie helvétique, a décrit et figuré, sous le nom de R. caprimontana, un magnifique Rhabdocidaris, qui présente les plus grands rapports avec le R. Orbignyana. L'auteur signale, il est vrai, quelques différences dans le développement des granules scrobiculaires et des granules miliaires ; mais, après avoir étudié comparativement tous nos exemplaires de Rhabdocidaris Orbignyana, au nombre de plus de trente et provenant de plusieurs étages, nous avons regardé ces différences comme n'ayant que peu d'importance et nous sommes porté à croire que le test décrit par M. de Loriol appartient au R. Orbignyana et non au R. caprimontana. Les deux espèces nous ont toujours paru parfaitement distinctes, et ce qui nous détermine surtout à les séparer, ce sont les dissemblances profondes qui existent entre les radioles anguleux, tricarénés et prismatiques du R. Orbignyana et les radioles cylindriques, comprimés et rémiformes du R. caprimontana. En ce qui touche l'exemplaire décrit et figuré par M. de Loriol, nous ne voulons pas trancher la question, mais seulement soumettre notre opinion à l'appréciation de notre savant ami. Je ne pense pas qu'aucun radiole du R. caprimontana ait été trouvé adhérent au test de cet échantillon ; il provient des couches séquaniennes de Baden dans lesquelles l'a recueilli M. Moesch, et rien ne s'oppose à ce que le R. Orgignyana, si fréquent dans l'étage séquanien de France, ait existé, à cette époque, en Suisse, en même temps que le R. caprimontana.

     Histoire. - En 1840, Agassiz, tout en désignant l'espèce qui nous occupe sous le nom de Cidaris Orbignyana, donnait aux radioles celui de Cidaris tripterygia. En 1847, Agassiz et Desor firent cesser cette confusion et réunirent le C. tripterygia au C. Orbignyana. En 1856, M. Desor plaça l'espèce dans le genre Rhabdocidaris. Tous les auturs sont d'accort pour lui rapporter les C. subnobilis et macroacantha.

     Localités. - Environs de Salins (Jura) ; Châtel-Censoir, Merry-sur-Yonne, Coulanges-sur-Yonne (Yonne). Etage corallien inférieur. - La Rochelle (Charente) ; Bourges (Cher). Etage corallien supérieur. - Epineuil près Tonnerre (Yonne) ; les Riceys, Baroville, Bar-sur-Aube, Fontaine (Aube) ; Blaise près de la Garenne, Marbeville, Harmeville, Donjeux (Haute-Marne) ; Châtelaillon (Charente-Inférieure) ; Lavaucourt, Changey (Haute-Saône) ; Montfaucon, Mauvage (Meuse) ; cap de la Hève, Sainte-Adresse, Bléville, Octeville, Criqueboeuf (Seine-Inférieure). Etage kimméridgien.

     Ecole des mines de Paris, Muséum de Paris, coll. de la Sorbonne, musées du Havre, de la Rochelle, de Dijon, coll. Royer, Chesnel, Peron, Gauthier, Jarry, ma collection.

     Localités autres que la France. - Weymouth (Angleterre) ; Laufon (Jura Bernois). Etage ptérocérien. - Vorbourg, Alle, Porrentruy (Jura Bernois). Etage virgulien.

     Explication des figures. - Pl. 223, fig. 1, R. Orbignyana, de l'étage corallien inférieur des environs de Salins, de la coll. de l'Ecole des mines (M. Bayan), vu de côté ; fig. 2, face supérieure. - Pl. 224, fig. 1, R. Orbignyana, de l'étage corallien supérieur de Pouilly, de la coll. de la Sorbonne, vu sur la face inférieure ; fig. 2, portion de l'aire ambulacraire grossie, prise vers l'ambitus et montrant la disposition des granules internes ; fig. 3, portion grossie, prise à la face supérieure ; fig. 4, portion grossie, prise à la face inférieure ; fig. 5, portion de l'aire ambulacraire grossie, prise vers l'ambitus sur un autre individu provenant également de l'étage corallien supérieur de Puilly (M. Ebray), montrant la différence des granules ambulacraires ; fig. 6, plaque ambulacraire grossie. - Pl. 225, fig. 1, R. Orbignyana, exemplaire de grande taille, du terrain kimméridgien des Riceys (Aube), de ma collection, vu de côté ; fig. 2, portion de l'aire ambulacraire grossie, prise vers l'ambitus ; fig. 3, radiole granulaire ; fig. 4, le même grossi ; fig. 5, individu jeune, du terrain kimméridgien des Riceys, de ma coll., vu de côté ; fig. 6, portion des aires ambulacraires grossie, prise vers l'ambitus ; fig. 7, portion grossie, prise à la face supérieure ; fig. 8, portion grossie, prise à la face inférieure ; fig. 9, portion prise à l'ambitus, sur un individu de l'étage kimméridgien du Havre, grossie et montrant la disposition des granules, de ma coll. - Pl. 226, fig. 1, radiole du R. Orbignyana, du terrain kimméridgien du Havre, de la coll. de l'Ecole des mines ; fig. 2, portion grossie ; fig. 3 et 4, autres radioles de la coll. de l'Ecole des mines et de la même provenance ; fig. 5 et 6, autres radioles du terrain kimméridgien de Baroville, de ma collection ; fig. 7, autre radiole, du terrain kimméridgien du Havre, de la coll. de l'Ecole des mines.

planches 223, 224, 225 et 226 (extraits)

 

Rhabdocidaris orbignyana (Agassiz,1846)  - Kimmeridgien inférieur, Charente Maritime, 79 mm

 
 

Rhabdocidaris nummulitica (Sismonda in Bellardi,1852)

 
diagnose originale de l'espèce par Sismonda
Catalogue raisonné des fossiles nummulitiques du comté de Nice, 1852, p.263

Cidaris nummulitica, E. Sism., pl. J, fig. 3.

     Cidaris subglobosa, ambulacris vix flexuosis, tuberculis minimis bis-triserialibus conspersis ; oraminibus ambulacribus bis-biserialibus ; verrucis fovea laevi margine granuloso prominuloque cincta insidentibus.

     Il faut avouer que l'analogie qu'il y a entre cette espèce et le Cidaris vesiculosa de la craie est vraiment grande ; cependant un examen comparatif fait avec quelque soin nous montre des différences assez essentielles pour la séparer de toute espèce connue. D'abord le Cidaris nummulitica a un faciès tout à fait particulier ; ensuite il présente dans les détails de son organisation des caractères qui lui sont exclusifs. Ses ambulacres sont étroits, presque rectilignes, et composés de pores placés dans deux sillons à côté des aires ambulacraires correspondantes ; ces pores paraissent séparés par de petits tubercules, grâce au renflement du bord de leur ouverture. Aires ambulacraires munies de six séries de très

 

petites verrues, dont les deux séries internes sont beaucoup plus fines que les externes ; aires interambulacraires grandes et couvertes d'une granulation encore plus fine et plus homogène. Tubercules principaux de moyenne taille, perforés, peu nombreux, au nombre de quatre sur chaque rangée. Ils sont, comme à l'ordinaire, supportés par un mamelon qui s'élève du milieu d'une zone lisse, dont le bord circulaire est recouvert de bourrelets tant soit peu plus gros que les granules que l'on aperçoit sur les zones intermédiaires. Point de crénelures sur le col des mamelons. Toute trace des appareils oviducal et buccal a disparu.

     Fossiles de la Palarea. - Coll. Perez.

planche J (extrait)

   
 

Rhabdocidaris nummulitica (Sismonda in Bellardi,1852)  - Eocène moyen, Vicence, Italie, 26 mm

 
 

Rhabdocidaris turbeti Lambert,1933

 

diagnose originale de l'espèce par Lambert, 1933, p.33

Echinides fossiles du Maroc

RHABDOCIDARIS TURBETI LAMBERT (nov. sp.).
Pl. III, fig. 8.

     Test de moyenne taille, mesurant 60 millimètres de diamètre sur 50 de hauteur, surtout remarquable par l'étendue de ses zones miliaires et la régularité de ses tubercules. Ses ambulacres, plus étroits que ceux du R. Rhodani COTTEAU, portent dans la -zone interporifère dés granules plus fins et moins nombreux. Dans les interambulacres les tubercules ont leur scrobicule circulaire, entouré de granules mamelonnés un peu plus gros que les autres ; ces derniers fins, serrés mais inégaux, larmiformes, diminuent de grosseur en approchant de la suture médiane.

     Cette belle espèce a été recueillie par le capitaine Turbet, au point de coordonnée 636-338, près de Berkine, au Sud de Taza, dans le Moyen-Atlas. Un fragment de radiole, dans la gangue, du

  Plegiocidaris bathonica COTTEAU ? indiquerait pour son niveau stratigraphique l'étage Bathonien. R. Turbeti semble cependant plus ancien et M. Termier l'attribue au Bajocien.

planche III, extrait

   
 

Rhabdocidaris turbeti Lambert,1933  - Bajocien supérieur, Guersif, Maroc, 79 mm

 
 

Rhabdocidaris turbeti Lambert,1933  - Bajocien, Talsinte, Maroc, 95 mm

 

 
 

Genre   Fellius Cutress,1980

Cretaceous and tertiary cidaroida (echinodermata : echinoidea) of the Caribbean area

Espèce type  Cidaris foveata Jackson, 1922, p.17, par désignation originale.

Extension stratigraphique (bibliographique, non vérifiée) : Eocène - Miocène

 

 
diagnose originale du genre par Cutress (extrait)
Cretaceous and Tertiary cidaroida of the Caribbean area, 1980, p.116

Genus FELLIUS, new genus

     Type-species. - Cidaris foveata Jackson, 1922, p. 17, pl. 1, figs. 6-7, the only species now known.

     Diagnosis. - Test low in profile ; with widely separated, conjugate pores and high, prominent, deeply crenulate tubercles ; median interambulacral suture in some specimens deeply depressed into pits at corners of plates. Primary radioles distinctly flattened and laterally serrate ; having smooth or sparsely spinulose longitudinal ridges, minute nodules, and, in large specimens, irregular fine ridges on adapical and adoral surfaces.

     Discussion. - Fellius is closest to Porocidaris Desor. Both have flattened, laterally serrate radioles and medium-sized tests with low profile, conjugate pores,

 

and high and deeply crenulate tubercles. Fellius differs from Porocidaris in  lacking groovelike pores in the areoles, in having (in some, but not all, specimens) deep depressions at the median angles of the interambulacral plates ; and in having all but the lowest two primary areaoles separated by at least a single row of scrobicular tubercles.

     The generic name is masculine. It honors Dr. H. Barraclough Fell, Museum of Comparative Zoology, Harvard University, who at the time I borrowed the holotype of Cidaris foveata for study recognized tha it probably represented a new genus.

     Stratigraphic occurrence and localities. - Eocene of Jamaica and Cuba.

 

 

Fellius pouechi (Cotteau,1863)

 
diagnose originale de l'espèce par Cotteau
Echinides fossiles des Pyrénées, 1863, p.71

12. Rhabdocidaris Pouechi, Cotteau, 1863. Pl. II, fig. 12-14.

     Nous ne possédons de cette espèce qu'un fragment de test, mais il suffit pour fixer d'une manière certaine les caractères de l'espèce : les zones porifères paraissent à peine flexueuses et sont composées de pores oblongs, rapprochés les uns des autres, unis par un sillon bien distinct ; les ambulacres, malgré leur peu de largeur, renferment six rangées de petits granules mamelonnés ; les deux rangées externes sont placées sur le bord des zones porifères et beaucoup plus développées que les autres. Les tubercules inter-ambulacraires sont crénelés, perforés et s'élèvent du milieu d'un scrobicule elliptique ; les granules qui les entourent sont mamelonnés et plus apparents que ceux qui occupent la zone miliaire ; ces derniers sont fins, homogènes et séparés par de petites stries transversales et irrégulières.

     C'est la première fois que le genre Rhabdocidaris est signalé à l'époque tertiaire.

 

    Localité. - Saint-Jean-de-Verges (Ariège). Très-rare. Eocène, groupe nummulitique. - Coll. de M. l'abbé Pouech.

     Explication des Figures. - Pl. II, fig. 12, fragment du R. Pouechi ; fig. 13, plaques grossies ; fig. 14, plaque ambulacraire vue au microscope.

 

planche II (extrait)

   
description de l'espèce par Cotteau
Paléontologique française, terrains éocènes, tome 2, p.457

N° 282. - Rhabdocidaris Pouechi Cotteau, 1863.

Cotteau, 1880

Pl. 308 et 309.

   

     Espèce de taille assez forte, subcirculaire, arrondie à l'ambitus, déprimée en dessus et en dessous. Zones porifères relativement larges, presque droites, à peine onduleuses aux approches du sommet, formées de pores à peu près égaux, arrondis, un peu oblongs, unis par un sillon plus ou moins apparent ; chaque paire de pores est séparée par une petite côte saillante très visible, finement granuleuse. Aires ambulacraires droites, déprimées, un peu creusées au milieu, aiguës au sommet, plus larges vers l'ambitus, se rétrécissant à peine au fur et à mesure qu'elles se rapprochent du péristome, garnies de deux rangées très régulières de petits granules serrés et saillants, placés très près des zones porifères. Entre ces deux rangées, se montrent d'autres granules plus ou moins abondants, inégaux, épars, beaucoup moins développés que les granules principaux, formant, dans certains exemplaires, une double rangée assez régulière, et chez d'autres individus, disparaissant presque complètement. Tubercules interambulacraires proéminents, souvent très saillants, fortement crénelés et perforés, s'élevant au milieu d'un scrobicule arrondi, sub-elliptique, au nombre de neuf ou dix par série. Scrobicules entourés de granules espacés, mamelonnés, paraissant souvent perforés, plus gros que les autres et formant des cercles indépendants à la face supérieure, mais qui tendent à se toucher et à se confondre au-dessous de l'ambitus et sur la face inférieure. Zone miliaire large, un peu déprime au milieu, couverte de granules espacés, inégaux, épars, diminuant de volume, en se rapprochant de la suture médiane des plaques. Des granules de même nature remplissent l'espace, étroit au sommet, mais assez étendu vers l'ambitus, qui sépare les zones porifères des granules scrobiculaires. De petites verrues microscopiques se montrent ça et là entre les granules. Péristome pentagonal, à fleur de test. Appareil apical également pentagonal, mais un peu moins développé, à en juger par l'empreinte qu'il a laissée.

     Cette espèce varie dans sa taille et dans sa forme plus ou moins élevée, dans le nombre de ses tubercules interambulacraires, dans l'aspect de ses aires ambulacraires, quelquefois très déprimées et plus ou moins granuleuses. Cette dépression des aires ambulacraires est très prononcée dans une variété de forte taille que nous a communiquée M. Gourdon, et qui provient de Pobla de Roda. Dans un exemplaire de Sabarat, donné à la Sorbonne par M. Ladevèze, les aires ambulacraires sont presque plantes et la zone miliaire est marquée, dans toute son étendue et sur les cinq aires interambulacraires, de stries transverses et de largeur très inégale.

     Hauteur, 23 millimètres ; diamètre transversal, 41 millimètres.

     Variété, de taille plus forte, à zone miliaire striée : hauteur, 23 millimètres et demi ; diamètre, 40 millimètres.

     Variété de Pobla de Roda à aire ambulacraire très déprimée : hauteur, 20 millimètres ; diamètre, 50 millimètres.

 

     Rapports et différences. - Quand nous avons fait connaître cette espèce, en 1863, nous n'en avions sous les yeux qu'un seul fragment, très incomplet, mais bien caractérisé. Depuis, on a rencontré de cette espèce des exemplaires entiers et dont la conservation ne laisse rien à désirer. Le R. Pouechi sera toujours facilement reconnaissable à ses aires ambulacraires droites, déprimées, à peine onduleuses, pourvues de deux rangées très régulières de granules avec granules intermédiaires peu nombreux et beaucoup plus petits ; à ses zones porifères composées de pores oblongs, et dont les paires sont séparées par de petites côtes saillantes, granuleuses, parfaitement distinctes ; à ses tubercules interambulacraires élevés, fortement crénelés et perforés, séparés par une zone miliaire large, déprimée et couverte de granules d'autant plus atténués qu'ils se rapprochent davantage de la suture médiane. Cette espèce nous paraît avoir de grands rapports avec le Cidaris mespilum, P. de Loriol, du terrain nummulitique de Suisse, dont les paires de pores sont séparées par des cloisons distinctes. Cette dernière espèce nous paraît, cependant, se distinguer de la nôtre par sa forme beaucoup plus élevée et par ses cercles scrobiculaires plus éloignés des zones porifères.

     Localités. - Saint-Jean de Vergues, Courtaussa, Fabas, Sabarat (Ariège). Assez rare. Eocène moyen. - Biarritz (Basses-Pyrénées). Rare. Eocène supérieur.

     Coll. de l'abbé Pouech, Sorbonne, Roussel, Maurice Bourdon, Cotteau.

     Localités autres que la France. - Pobla de Roda (province d'Aragon) ; sella (province d'Alicante), Espagne.

     Explication des figures. - Pl. 308, fig. 1, R. Pouechi, de Saint-Jean de Vergues, de la collection Cotteau ; fig. 2, face supérieure ; fig. 3, face inférieure ; fig. 4, portion supérieure de l'aire ambulacraire, grossie ; fig. 5, portion prise au milieu de l'aire ambulacraire, grossie ; fig. 6, pores ambulacraires, fortement grossis ; fig. 7, tubercule interambulacraire, grossi. - Pl.  309, fig. 1, R. Pouechi, variété à zone miliaire striée, de Sabarat, de la coll. de la Sorbonne, vue de côté ; fig. 2, face supérieure ; fig. 3, face inférieure ; fig. 4, plaques ambulacraires, grossies ; fig. 5, portion de la zone miliaire, grossie.

 

Extrait planches 308 et 309

   
 

Fellius pouechi (Cotteau,1863)  - Ilerdien, Aragon, Espagne, 47mm